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Pourquoi Donald Trump ne devrait pas avoir trop peur du nucléaire nord-coréen

Kim Jong-un, le « génie des génies en science militaire » comme l’appelait son défunt père, le « cher dirigeant » Kim Jong-il, aurait rédigé sa thèse en stratégie militaire dès l'âge de 16 ans ! Mais le fait de faire joujou avec ses bombinettes commence sérieusement à agacer.

Tensions

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Kim Jong-un a promis de nouveaux tirs de missiles au-dessus du Japon, assurant celui du 29 août condamné à l'ONU ne constituait qu'un « lever de rideau ». Cela promet des « petits matins qui chantent ».

Les réactions cacophoniques des Etats-Unis

A la suite du tir au dessus du Japon, le président Donald Trump a menacé de déchaîner le « feu et la colère » sur la Corée du Nord. Puis, plus calmement, il a affirmé que « toutes les options » étaient sur la table. Mais ensuite, il a estimé dans un tweet que « depuis 25 ans, les Etats-Unis discutent avec la Corée du Nord et la paient, victimes d'un chantage.

Discuter n'est pas la solution ! ». Dimanche 3 septembre après l’explosion de la bombe H, il a de nouveau tweeté : « La Corée du Nord a conduit un test nucléaire majeur. Leurs mots et leurs actions continuent d'être très hostiles et dangereux pour les Etats-Unis […] La Corée du Sud s'aperçoit, comme je le leur ai dit, que leur discours d'apaisement avec la Corée du Nord ne fonctionnera pas, ils ne comprennent qu'une chose! (…) La Corée du Nord est une nation voyou qui est devenue une grande menace et une source d'embarras pour la Chine, qui essaie d'aider mais avec peu de succès ». Mais le département d’Etat et celui de la Défense sont plus mesurés dans leurs réactions. Cela démontre pour le moins une certaine cacophonie au plus haut sommet de l’Etat à Washington.

De son côté, le Conseil de sécurité de l'ONU « condamne fermement » Pyongyang et cherche de nouvelles sanctions à appliquer.

 

Les autres armes de Kim Jung-un

Kim Jung-un a à sa disposition d'autres armes de destructions massives, chimiques (entre 2 500 et 5.000 tonnes) et bactériologiques (anthrax, typhus, fièvre jaune et choléra), sans compter son armée de 1,1 million d'hommes dont l'artillerie classique peut écraser Séoul (dix millions d'habitants) situé à une cinquantaine de kilomètres de la frontière sous un déluge de feu.

Ce scénario apocalyptique a heureusement peu de chances d'avoir lieu car à ce moment là, les réactions des autres puissances nucléaires mondiales seraient imprévisibles. Si les Américains décident d'employer en premier l'arme nucléaire contre un pays jugé par eux comme dangereux pour leurs intérêts vitaux, qu'est ce qui empêcherait le Pakistan de faire de même avec l'Inde (et inversement) ou Israël de frapper l'Iran qui se trouve dans un cas un peu similaire à celui de la Corée du Nord ? De plus, le Président des Etats-Unis, même chef suprême des armées, ne peut déclencher le feu nucléaire seul. Il existe un certain nombre de verrous de sécurité à franchir et il faudrait pour cela que toute la chaîne hiérarchique impliquée dans cette action soit d'accord.

La Chine s’opposerait à une première frappe préventive américaine (mais nul ne sait vraiment comment) et la Russie craint une escalade dramatique. Par contre, si c’est Kim Jung-un qui déclenche l’apocalypse… Il sait qu’il n’y a pas intérêt. Son seul souci, c’est d’asseoir son pouvoir. Pour cela, à l’intérieur, il a fait liquider tout ceux qui représentaient un risque pour sa légitimité en commençant par son tonton puis poursuivant par son demi-frère. Il pense sincèrement que Washington n’a qu’un rêve : envahir la Corée du Nord pour réunifier le pays. Les manœuvres menées annuellement par les forces sud-coréennes et les Américains en sont (pour lui) la preuve. Plus vite il sera en mesure de détenir une force de dissuasion opérationnelle, plus vite il se sentira indéboulonnable. En conséquence, les efforts consentis sont gigantesques mais il ne souhaite pas refaire les mêmes erreurs que son père : affamer son peuple(2) et terroriser les scientifiques responsables de son programme nucléaire et balistique. A savoir qu’il tolère (jusqu’à un certain point) des échecs alors que son vénéré paternel faisait exécuter les responsables se retrouvant ensuite en manque de chercheurs compétents.

 
Commentaires

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  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 04/09/2017 - 10:20 - Signaler un abus Il n'a aucune raison d'en

    Il n'a aucune raison d'en avoir peur il en est même très satisfait, ça lui permet de vendre des armes aux japonais et coréens du sud... Les chinois que ça arrange aussi vont en retirer des avantages en mer de Chine, Après, Il ne restera qu'à calmer le petit merdeux...les chinois lui mettront un grand coup sur la tête et on n'entendra plus parler de lui..

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Alain Rodier

Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, est directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Il est particulièrement chargé de suivre le terrorisme d’origine islamique et la criminalité organisée.

Il est l’auteur, en 2017 de Grand angle sur l'espionnage russe chez Uppr et de Proche-Orient : coup de projecteur pour comprendre chez Balland, en 2015, de Grand angle sur les mafias et de Grand angle sur le terrorisme aux éditions Uppr ; en 2013 du livre Le crime organisé du Canada à la Terre de feuen 2012 de l'ouvrage Les triades, la menace occultée (éditions du Rocher); en 2007 de Iran : la prochaine guerre ?; et en 2006 de Al-Qaida. Les connexions mondiales du terrorisme (éditions Ellipse). Il a également participé à la rédaction de nombreux ouvrages collectifs dont le dernier, La face cachée des révolutions arabesest paru chez Ellipses en 2012. Il collabore depuis plus de dix ans à la revue RAIDS. 

 

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