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Pourquoi Donald Trump ne devrait pas avoir trop peur du nucléaire nord-coréen

Kim Jong-un, le « génie des génies en science militaire » comme l’appelait son défunt père, le « cher dirigeant » Kim Jong-il, aurait rédigé sa thèse en stratégie militaire dès l'âge de 16 ans ! Mais le fait de faire joujou avec ses bombinettes commence sérieusement à agacer.

Tensions

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Au temps de la Guerre froide, il existait aussi des « mines nucléaires » transportables à dos d'homme. Il n'est pas exclu que les Nord-Coréens aient développé ce type d'arme qu'ils pourraient introduire clandestinement par voie maritime en Corée du Sud. Pour cela, ils bénéficient d'une flotte de sous-marins de poche performants qui peuvent débarquer des agents opérationnels sur les plages de leur voisin sudiste. Ces mines nucléaires pourraient ensuite être convoyées et dissimulée dans des grandes villes désignées comme objectifs.

Enfin, toujours sur le plan technique, un missile intercontinental qui est doté d'une seule ogive nucléaire solidaire de son lanceur est interceptable par les systèmes de défense antimissiles américains car il est aisément détectable par les différents systèmes de surveillance et son parcours peut être anticipé. Même un tir en salve peut être paré. A l’évidence, la bombe H que le « suprême leader » a récemment inspectée et dont les photos ont été largement diffusées dans la presse internationale ne peut être installée que seule. Encore faudrait-il qu’elle ne pèse pas trop lourd car un excès de poids diminue les performances du vecteur.

Pour l’instant, la Corée du Nord ne semble pas maîtriser la technologie des têtes multiples (de trois à dix têtes de moins de 400 kilos par vecteur). Ces dernières sont libérées dans l'atmosphère pour cibler des objectifs différents. De plus, il est peu probable que Pyongyang ait atteint un niveau sophistiqué de guidage terminal.

Il y a aussi la possibilité que la Corée du Nord mette en œuvre une bombe qui explose à très haute altitude (entre 30 et 80 kilomètres) au dessus du Japon, que l'on appelle « arme à impulsion électromagnétique » (Electromagnetic pulse EMP). Cela brouillerait toute l'électronique nippon provoquant de nombreux dégâts au sol et dans les airs : communications interrompues, circuits électriques endommagés, etc. Mais les EMP sont aussi considérées comme des armes de destruction massive et cela entraînerait vraisemblablement une riposte de la part des Etats-Unis.

Depuis le début de l’année, la Corée du Nord a procédé à 17 tirs de missiles dont le dernier survenu le 29 août a survolé le Japon. La plupart avaient une trajectoire presque à la verticale pour éviter de provoquer trop de protestations internationales. Ils cherchaient tester en grandeur réelle les capacités techniques de leurs missiles - la simulation ne remplace pas tout - , données qui étaient aussi récupérées par les services de renseignement étrangers qui trouvaient là l’occasion d’évaluer le potentiel balistique de Kim Jong-un. Le 29 août, le Hwasong-12 (KN-17) suivait une trajectoire beaucoup plus tendue. Ce missile balistique de portée intermédiaire (IRBM) peut théoriquement atteindre 6.000 kilomètres s’est abîmé en mer à 2.700 kilomètres après avoir atteint une altitude de 550 kilomètres. Son grand frère testé le 28 juillet, le Hwasong-14 (KN-20), est un missile intercontinental (ICBM) qui aligne une portée de plus de 10.000 kilomètres. Il a un étage de plus. Tous deux sont équipés d’un moteur Paektusan utilisé à l’origine pour les lanceurs de satellites. Il y a aussi les Taepodong-1 et 2 d’une portée respective de 2.500 et 10.000 kilomètres mais ils semblent ne pas donner satisfaction et seraient progressivement retirés du service.

 
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  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 04/09/2017 - 10:20 - Signaler un abus Il n'a aucune raison d'en

    Il n'a aucune raison d'en avoir peur il en est même très satisfait, ça lui permet de vendre des armes aux japonais et coréens du sud... Les chinois que ça arrange aussi vont en retirer des avantages en mer de Chine, Après, Il ne restera qu'à calmer le petit merdeux...les chinois lui mettront un grand coup sur la tête et on n'entendra plus parler de lui..

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Alain Rodier

Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, est directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Il est particulièrement chargé de suivre le terrorisme d’origine islamique et la criminalité organisée.

Il est l’auteur, en 2017 de Grand angle sur l'espionnage russe chez Uppr et de Proche-Orient : coup de projecteur pour comprendre chez Balland, en 2015, de Grand angle sur les mafias et de Grand angle sur le terrorisme aux éditions Uppr ; en 2013 du livre Le crime organisé du Canada à la Terre de feuen 2012 de l'ouvrage Les triades, la menace occultée (éditions du Rocher); en 2007 de Iran : la prochaine guerre ?; et en 2006 de Al-Qaida. Les connexions mondiales du terrorisme (éditions Ellipse). Il a également participé à la rédaction de nombreux ouvrages collectifs dont le dernier, La face cachée des révolutions arabesest paru chez Ellipses en 2012. Il collabore depuis plus de dix ans à la revue RAIDS. 

 

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