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Pourquoi Donald Trump ne devrait pas avoir trop peur du nucléaire nord-coréen

Kim Jong-un, le « génie des génies en science militaire » comme l’appelait son défunt père, le « cher dirigeant » Kim Jong-il, aurait rédigé sa thèse en stratégie militaire dès l'âge de 16 ans ! Mais le fait de faire joujou avec ses bombinettes commence sérieusement à agacer.

Tensions

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Pourquoi Donald Trump ne devrait pas avoir trop peur du nucléaire nord-coréen

Cela fait penser à une tirade de Lino Ventura dans le film les barbouzes (1964) de Michel Audiard : « Une brute ça rit d'un rien. Un missile qui passe, un champignon qui monte dans le ciel, le temple d'Angkor qui passe au-dessus de Billancourt... J'me marre de tout, j'ai des goûts simples ».

Le 3 septembre 2017, la Corée du Nord a procédé à un essai nucléaire souterrain provoquant une secousse sismique d'une magnitude de 6,3. L’explosion a eu lieu à 24 kilomètres au nord-est de la ville de Sungjibaegam dans la province de Hamgyeong au nord-est de la péninsule. Pyongyang a annoncé qu’il s’agissait d’une bombe H (à fusion). Les estimations de sa puissance varient considérablement selon les experts : entre 100 kilotonnes pour les uns et une mégatonne pour les autres(1). Il n’empêche qu’un séisme d'une magnitude 4,6 a secoué la Corée du Nord quelques dix minutes après la première secousse.

La déflagration « sacrément puissante » aurait vraisemblablement provoqué un affaissement de terrain. Il convient d’attendre les éventuelles fuites radioactives pour en savoir plus sur les caractéristiques de cette bombe H.

La Corée du Nord est très dangereuse pour ses voisins mais pas encore pour les Etats-Unis.

La Corée du Nord est loin de bénéficier aujourd'hui d'une force de frappe opérationnelle capable de frapper directement les Etats-Unis. Et pourtant, elle avait bien procédé depuis 2006 à six essais nucléaires dont au moins cinq bombes A (à fission) et peut-être déjà d'une bombe H, bien que ce dernier reste sujet à controverses car la puissance était trop faible pour une telle arme. Jusqu’au 3 septembre 2017, la puissance développée allait de six à vingt kilotonnes. Selon diverses estimations, la Corée du Nord pourrait détenir aujourd’hui de vingt à une soixantaine de charges nucléaires mais comment les projeter ?

Le problème réside dans le fait qu'après avoir réalisé une charge nucléaire, il faut la « militariser », c'est-à-dire la rendre transportable sur un vecteur : obus, bombe, missile ou fusée. Pour cela, il faut qu'elle soit d'une taille et d'un poids réduits adaptés au vecteur choisi. Le plus difficile consiste à « durcir » la tête pour qu'elle soit en mesure résister aux contraintes imposées par le vecteur, particulièrement lorsqu’il s'agit d'un missile à moyenne ou longue portée (exposition à des températures extrêmes de l’ordre de 7.000 à 8.000 degrés, vibrations importantes, etc.). Il convient donc de les renforcer, particulièrement avec des matériaux en carbone très délicats à usiner.

Bien que les services de renseignement américains laissent entendre que la Corée du Nord ait pu installer une charge nucléaire sur des missiles, il est plus probable qu'ils l'ont adapté sur des bombes lisses ou sur des missiles de portée intermédiaire de type Scud (Hwasong-5 et 6) et Nodong-1 (Hwasong-7). Par ailleurs, les ingénieurs nord-coréens ont développé le système des missiles Pukguksong 1 (KN-11) et 2 (KN-15) à carburant solide qui permet de raccourcir les temps de préparation et de lancement. Ces armes, si elles sont opérationnelles, mettent en danger la Corée du Sud et, à un degré moindre, le Japon (à terme, le KN-11 sera opérationnel sur des sous-marins - les premiers essais ont commencé -).

 
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  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 04/09/2017 - 10:20 - Signaler un abus Il n'a aucune raison d'en

    Il n'a aucune raison d'en avoir peur il en est même très satisfait, ça lui permet de vendre des armes aux japonais et coréens du sud... Les chinois que ça arrange aussi vont en retirer des avantages en mer de Chine, Après, Il ne restera qu'à calmer le petit merdeux...les chinois lui mettront un grand coup sur la tête et on n'entendra plus parler de lui..

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Alain Rodier

Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, est directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Il est particulièrement chargé de suivre le terrorisme d’origine islamique et la criminalité organisée.

Il est l’auteur, en 2017 de Grand angle sur l'espionnage russe chez Uppr et de Proche-Orient : coup de projecteur pour comprendre chez Balland, en 2015, de Grand angle sur les mafias et de Grand angle sur le terrorisme aux éditions Uppr ; en 2013 du livre Le crime organisé du Canada à la Terre de feuen 2012 de l'ouvrage Les triades, la menace occultée (éditions du Rocher); en 2007 de Iran : la prochaine guerre ?; et en 2006 de Al-Qaida. Les connexions mondiales du terrorisme (éditions Ellipse). Il a également participé à la rédaction de nombreux ouvrages collectifs dont le dernier, La face cachée des révolutions arabesest paru chez Ellipses en 2012. Il collabore depuis plus de dix ans à la revue RAIDS. 

 

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