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Pourquoi les démocrates ont tort de penser que les grands électeurs peuvent encore empêcher l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier

Alors que l'élection formelle du président des Etats-Unis est pour bientôt, certaines voix aux Etats-Unis s'élèvent pour plaider une inflexion du collège électoral en défaveur de Donald Trump. Une initiative qui n'a raisonnablement pas la moindre chance d'aboutir.

Fantasme du 18 décembre

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Pourquoi les démocrates ont tort de penser que les grands électeurs peuvent encore empêcher l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier

On peut imaginer un Congrès farceur, qui sortirait un troisième choix de son chapeau, ce qui est autorisé, puisqu'il doit choisir parmi l'un des trois qui a obtenu le plus de voix dans le pays. Mais choisir Gary Johnson serait une drôle d’alternative. Crédit Reuters

Atlantico : Alors que l’heure de l’élection formelle du prochain président des Etats-Unis par le collège des grands électeurs approche, est-il vraiment envisageable, comme certains semblent le penser, que les grands électeurs américains n’élisent pas Donald Trump ? Combien d'entre eux devraient "retourner leur veste" et ne pas respecter le vote des Américains ayant voté pour eux pour qu’un tel scénario soit effectif ?

Jean-Eric Branaa : Ceux qui imaginent que les grands électeurs puissent "retourner leur veste" et que, au final, un vote surprise n’est pas à exclure, sont de doux rêveurs ou s’accrochent à une chimère impossible : car la mission première de ce collège électoral est de traduire dans leur vote celui qui a été exprimé par les électeurs de leur état. Et cela se fait suivant une règle très précise avec – notamment – pour la grande majorité de ces grands électeurs, une obligation de voter sans aucun état d’âme : ils ont – pour la plupart d’entre eux – ce que l’on appelle un mandat impératif et ils doivent voter en fonction de ce qui a été décidé lors de l’élection du 8 novembre.

Aucune exception n’est admise pour les grands électeurs de 29 Etats, ainsi que pour ceux du District de Columbia. Cette règle est même inscrite dans la loi de leur Etat.

Cela laisse, il est vrai, suffisamment de grands électeurs libres de leur choix pour renverser complètement le résultat. Mais cela n’arrivera pas : le nombre de grands électeurs qui devraient ainsi se détourner du choix de leur Etat est trop élevé ; il faudrait que ce soit le choix de 37 d’entre eux. Or, les cas enregistrés de grands électeurs qui transgressent sont toujours très limités. Cette fois-ci, on a celui de Christopher Suprun, un grand électeur du Texas qui estime que Donald Trump n’est pas à la hauteur de la fonction et qui a fait connaître son point de vue publiquement, alors qu’il est dans un Etat qui ne l’autorise pourtant pas à changer son vote. On peut douter qu’il aille jusqu’au bout de sa démarche.

On peut toujours essayer d’en trouver d’autres et de croire que la liste va s’allonger. On entre toutefois dans la politique fiction car il est bien improbable qu’autant de citoyens engagés politiquement – car ils le sont tous – se décident soudain pour un vote contre leur propre parti. Certains journaux entretiennent pourtant l’illusion et relaient des initiatives enregistrées ici ou là, qui pourraient entraîner un tel séisme :  il ne faut toutefois pas compter sur les deux lettres qui ont été adressées cette semaine au Congrès par des grands électeurs "soucieux de connaître l’implication véritable de Vladimir Poutine dans l’élection présidentielle américaine", en sous-entendant que cela pourrait remettre en question leur vote ; ces deux lettres émanent toutes les deux de grands électeurs démocrates, dont la propre fille de Nancy Pelosi, leader des démocrates au Congrès. Ce n’est donc pas de ce côté-là qui faut espérer un rebondissement. On ne peut pas davantage compter sur la pétition qui circule, entretenue par des citoyens qui veulent exercer une pression sur le collège électoral et les engage à la transgression. Cette pétition a recueilli près de 5 millions de signatures. Mais cela ne suffira pas.

 
Commentaires

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  • Par Benvoyons - 16/12/2016 - 11:14 - Signaler un abus La Gauche Américaine est aussi malsaine que celle de France

    Tous les moyens sont bons pour discrédités l'autre même sans preuve et encore mieux quand les écrits prouvent le contraire. La Gauche Américaine voudrait finalement une nouvelle guerre civile aux USA qu'elle ne s'y prendrait pas autrement. Finalement quand Obama disait à ces début Yes we can! C' était prémonitoire . Les Démocrates ne le sont que par leur nom non par leurs actions En fait une Gauche USA ou Européenne ne se sent bien que dans la fange

  • Par vangog - 17/12/2016 - 00:46 - Signaler un abus Les gauchistes ont du mal avec la démocratie...

    excepté quand elle les amène au pouvoir, ils contestent systématiquement les résultats des élections démocratiques...mauvais perdants, va!

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Jean-Eric Branaa

Jean-Eric Branaa est spécialiste des Etats-Unis et maître de conférences à l’université Assas-Paris II. Il est notamment l'auteur de Hillary, une présidente des Etats-Unis (Eyrolles, 2015), Qui veut la peau du Parti républicain ? L’incroyable Donald Trump (Passy, 2016), et d'American Touch (Parlez-moi de vous), aux éditions de Passy (2016). Il vient de sortir "Trumpland, portrait d'une Amérique divisée" aux éditions Privat (2017).

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