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Pourquoi la "croissance molle" risque d’étouffer la reprise de l’économie mondiale

Les organismes internationaux commencent à tirer le signal d’alarme au vu des signaux pessimistes qui remontent de la conjoncture. La belle période de conjonction des planètes est bien terminée...

En berne

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Pourquoi la "croissance molle" risque d’étouffer la reprise de l’économie mondiale

La croissance molle qui caractérise l’économie mondiale va-t-elle déboucher sur une véritable stagnation ? Les organismes internationaux commencent à tirer le signal d’alarme au vu des signaux pessimistes qui remontent de la conjoncture. La belle période de conjonction des planètes est bien terminée avec les retournements qui se manifestent sur le terrain. "Il faut sortir du piège de la croissance  molle" vient de proclamer Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE. En écho, Christine Lagarde a tenu des propos similaires au FMI.

Car les institutions internationales responsables de la  marche de l’économie mondiale s’inquiètent devant la multiplication des signes qui témoignent d’un affaissement  de la conjoncture. Un ralentissement prononcé se manifeste déjà en Grande-Bretagne avec le Brexit et en Chine où le pouvoir donne un coup d’arrêt aux investissements à l’étranger. L’Italie ne parvient pas non plus à repartir. En France, le produit intérieur brut a progressé de 0,2% au troisième trimestre, ce  qui est préoccupant  pour l’avenir.

D’autant que la plupart des grands indicateurs virent à l’orange. L’alignement des planètes a fait long feu. Les taux d’intérêt qui étaient-ils est vrai tombés à des niveaux excessivement  bas, sont en train de se redresser. Le loyer de l’argent à court terme qui est présentement de 0,3% aux Etats-Unis pourrait remonter à 2,3% en 2018. Signes avant coureur du changement : les cours des matières premières sont en reprise sensible, tandis que ceux du pétrole viennent de connaitre un rebond spectaculaire, en raison d’un accord de limitation  de la production auquel sont parvenus (au moins  temporairement) les pays de l’Opep.

Dans ce contexte les organismes internationaux manquent cruellement d’imagination : ils en reviennent aux vieilles recettes keynésiennes qui avaient été pourtant largement combattues ces dernières années. Les politiques monétaires ont fait long feu avec les baisses de taux d’intérêt qui étaient allées au-delà du raisonnable. Ils sont donc tentés de revenir à « un permis de dépenser » des Etats pour ranimer une conjoncture défaillante. Dans son langage technocratique, l’OCDE préconise ainsi "d’actionner plus activement les leviers budgétaires pour stimuler la croissance". En clair cela signifie que la France  par exemple devrait s’engager dès maintenant dans de nouvelles réductions d’impôts, "qui devraient être suivies de baisses de dépenses bien étudiées" afin de ramener le déficit à 2,9% du produit intérieur brut en 2018. On notera que les réductions de dépenses ne  viendraient qu’en  deuxième lieu, laissant  ainsi se creuser les déficits pour une durée qui devrait être provisoire.

Ce conseil peut paraitre bien laxiste pour un pays comme le nôtre, drogué à la dépense publique depuis des lustres, car il parait donner un blanc-seing à tous ceux qui veulent  continuer à utiliser les vieilles méthodes qui ont conduit à tant  de déboires financiers. D’autant que la période électorale qui s’annonce en Europe va conduire à de nouveaux débordements, où les gouvernements seront tentés de lancer des projets de travaux dont la seule finalité  sera électoraliste. En laissant  au second plan  les réformes qui devraient pourtant  recueillir la priorité, à savoir d’engager la lutte contre le dumping social, avec la  concurrence suicidaire des salariés détachés, la transformation radicale  du marché du travail, les coupes sombres dans l’excès des normes. Faute de quoi, on continuera de voir fleurir les  dépenses inutiles qui viendront grossir la dette, tandis que  les réformes indispensables continueront de rester seulement des thèmes de discours.

 
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  • Par Carl Van Eduine - 03/12/2016 - 01:11 - Signaler un abus La France, la corruption et Keynes

    Pour s'enrichir disent les keynesiens et les financiers fanas de l'effet de levier, il faut s'endetter. C'est vrai, mais sous conditions : il faut une structure de coûts optimisée, sinon l'endettement sert la gabegie, il faut une dette basse pour ne consommer pas la plus value, et il faut de la rentabilité En France, où le déficit structurel n'est pas capé par la constitution, où l'impôt sans cesse croissant sert à éponger les déficits au détriment des investissements, accroître les investissements publics, c'est favoriser les gaspillages publics. Car les gaspillages chez nous sont "obligés" : ne fût-ce que parce que la France, un des dix pays les plus riches du globe est plus que 20-ème dans le classement de la corruption. Parce que le rendu des lois n'est jamais mesuré On sait donc d'emblée que le financement public, encore moins soumis que le privé à la transparence risque d'aller à vau l'eau. Car, au moins, le privé est contrôlé par un autre que lui, le public, alors que le public n'est contrôlé que par le public Il suffit de regarder à quoi servent les rapports de la Cour des Comptes pour espérer que nous ne serons pas néo-keynésiens avant longtemps

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Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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