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Pourquoi le coût de la menace terroriste est inquantifiable

Pour celui ou celle qui s'interroge sur le terrorisme, la question du coût ne peut pas se situer en haut de la pile de ses préoccupations. Car enfin, il s'agit d'abord d'un combat entre la démocratie face à la prétention autoritaire et théocratique des semeurs de mort.

Encore des coups

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Pourquoi le coût de la menace terroriste est inquantifiable

Le coût du terrorisme est en fait une série de cercles concentriques à la dynamique distincte.

En première approche, certains cantonnent le coût du terrorisme au montant des réparations et aux indemnités dues aux victimes. Au prix de la mort ? Or, le carnage évitable de Nice a montré que des centaines de personnes étaient victimes collatérales. Donc, il y a un coût caché dans ce segment de l'analyse.

Au quotidien, on pense que le terrorisme est statistiquement possible à quantifier de manière assez précise.

On pense pouvoir facilement lister et chiffrer les coûts directs ( renforcements des infrastructures, appareils de détection, assurances, personnels de sécurité et vigiles, etc ) qui se retrouvent donc dans les comptes d'exploitation des entreprises tout autant que dans leurs bilans lorsqu'il s'agit de subir des investissements forcés.

Pour l'heure, peu de firmes présentent des comptabilités analytiques faisant clairement ressortir le coût de la prévention contre le terrorisme car cette transparence pourrait inquiéter le consommateur notamment lorsqu'il s'agit de grands magasins parisiens ou de grands centres commerciaux. Le coût existe, il est rapporté avec précaution voire habilement dilué.

Parallèlement, il faut bien reconnaître que l'Etat ne dispose pas d'une comptabilité assez précise pour quantifier ses efforts en matière de lutte contre le terrorisme.

La prévention des attentats structurés ( Bataclan ) et clairement imputables à une ou des organisations terroristes implique l'activation de cellules de renseignement reformatées ( effectifs, moyens, coordination ), la vigilance face à des actes isolés ( Magnanville ), la présence visible de forces de sécurité ( opération Sentinelle ), l'anticipation du risque de lourdes pertes civiles ( protection civile et plan blanc hospitalier ).

S'agissant du renseignement, il est admis que post-11 septembre 2001, près de 40% des dépenses des services américains ( NSA, CIA, FBI ) sont dédiées à l'antiterrorisme soit 35 milliards de dollars et donc près de 1% du budget de l'Etat fédéral.

Lors d'une audition au Sénat, le ministre Jean-Yves Le Drian avait estimé qu'un peu plus de 1% de notre PIB était directement affecté à la lutte contre le terrorisme. Etant entendu qu'il s'agit là du coût hexagonal hors les 1,3 milliards d'euros que la France alloue aux théâtres des opérations extérieures. ( OPEX ).

Ainsi, et en intégrant les dernières mesures liées aux nouveaux recrutements des forces de sécurité ( + 15.000 personnes ), il est plausible d'évaluer à plus de 2,5% du PIB le coût de la lutte contre le terrorisme soit plus de 65 milliards.

Mais là encore, attention aux dérapages de la pensée. Lorsque les forces de l'ordre sont appelées suite au crime de Saint Etienne du Rouvray, il est bien évident que les heures d'enquête, le travail des différents services ne font pas l'objet d'un détourage analytique et donc d'une comptabilité dédiée. Pas davantage que le coût – légitime – des commémorations ultérieures.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 16/08/2017 - 22:47 - Signaler un abus Et le coût de l'immigration clandestine?

    car elle est indissociable du terrorisme, cette immigration clandestine voulue et encouragée par nos dirigeants LRmacronistecoloinsoumis. Combien coûtent les multiples reconduites à la frontière de clandestins qui, toujours recommencent, car ils savent que les gauchistes feront payer le prix de leur reconduite au con-tribuable, plutôt qu'à eux? combien de milliards donnés au dictateur Erdogan, pour qu'il calme les ardeurs de ses mafias caritativo-gauchistes, sur la mer Egée?...et quel coût pour les générations futures, cet argent parti en fumée et qui ne servira jamais aux investissements d'avenir dont la France gauchiste a, pourtant, furieusement besoin?...incalculable gaspillage d'argent et d'énergie, par l'aveuglement de quelques dirigeants arriérés!

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Jean-Yves Archer

Jean-Yves Archer est économiste, spécialisé en Finances publiques. Il dirige le cabinet Archer, et a fondé le think tank économique Archer 58 Research.
 
Né en 1958, il est diplômé de Sciences-Po, de l'ENA (promotion de 1985), et est titulaire d'un doctorat en Economie de l'Université Paris-I Panthéon-Sorbonne.

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