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Pourquoi la confiance en soi est indispensable à toute réussite sociale et professionnelle

La chance est souvent perçue comme une force invisible et fortuite qui frappe sans prévenir et où bon lui semble... Il n'en est rien. Elle est intimement liée à notre façon de percevoir le monde et de rentrer en relation avec autrui. Extrait de "Et si je croyais en moi" (2/2).

Bonnes feuilles

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Pourquoi la confiance en soi est indispensable à toute réussite sociale et professionnelle

Le joueur de tennis Djokovic. Crédit Reuters

L’estime de soi, c’est avoir une juste conscience de sa valeur, c’est faire preuve d’une lucidité bienveillante envers soi et les autres, c’est se montrer fier de ce que l’on a déjà accompli malgré les obstacles.

Une bonne estime de soi accroît notre capacité à mobiliser nos ressources. Elle nous aide à nous relever plus facilement d’un mauvais pas. Elle nous donne le sentiment de comprendre le sens des épreuves traversées. Accepter ce qui nous arrive, c’est se donner le pouvoir de transformer les choses à notre avantage. Dans les moments de confiance, tous les événements de la vie susceptibles de déclencher une interprétation optimiste affluent dans l’esprit. Tout ce qui peut déprimer est rejeté de la conscience.

Votre maison vous paraît plus agréable que d’habitude, vos vêtements vous paraissent plus seyants… Tout semble se présenter sous de bons augures. Par opposition, le découragement a sa pente fatale. Quand les idées noires affluent, on se morfond dans ses soucis et on finit par se noyer dans ses problèmes. On se sent dévalorisé. On a l’impression de ne rien valoir, de déranger les autres. La vie n’a plus ni saveur ni sens. On craint parfois que quelque chose de grave (accident, maladie, décès) nous arrive ou touche des proches. Toutes les activités habituelles exigent un gros effort. Elles deviennent pesantes, pénibles, irréalisables. On se sent envahi par un sentiment d’échec, de doute de soi, de pessimisme. Le goût de vivre est en chute libre et, avec lui, les possibilités de réussite.

Sarah , 15 ans, est en classe de seconde et rêve de devenir psychanalyste. Adolescente fragile, elle commence à s’épanouir. Elle peaufine son rôle dans un spectacle. Comédie musicale, superbe défi. Elle va se produire avec sa classe dans un collège américain. D’origine marocaine, depuis l’âge de 4 ans elle vit chez ses grands-parents dans une cité sensible de Montpellier. Elle est dans un internat où des professeurs se sont portés volontaires pour offrir une nouvelle chance à des élèves en situation d’échec scolaire. C’est une personne qui peut être triste, proche de la défaite et, en même temps, qui a envie de gagner. Elle est à fleur de peau. Le moindre échec, la moindre petite contrariété la bouleverse. Elle ne s’implique pas dans les ateliers de soutien scolaire et ses bulletins de notes s’en ressentent. Elle ne pense pas pouvoir réussir ses études. Elle est toujours traversée par les mêmes doutes. « Il faut que tu t’y mettes, que tu changes d’attitude. Arrête de dire que tu n’es pas bonne. Tu es capable de faire plus de choses. Mais tu ne crois pas en toi… Tu peux y arriver ! Viens me voir tous les matins et on va pratiquer la méthode Coué. Je vais te remonter le moral pour que tu y arrives. Il faut que tu y croies, tu as toutes les capacités, il n’y a aucune raison que ça ne marche pas. Même si tu es persuadée du contraire, lui explique son professeur référent. – Je doute de mes capacités à réussir. Je ne vais pas y arriver, confesse Sarah. – Je vois que tu n’as pas confiance en toi, et donc pas confiance en nous, conclut son prof. »

Léa sait de quoi elle parle : les idées noires, elle connaît. Elles lui donnent envie de pleurer tout le temps. Elles la poussent à se planquer dans les toilettes, au travail, pour ruminer… « Et puis, un jour, mon copain m’a plaquée contre un mur pour me demander des explications sur mon comportement. Il m’a dit que ce qui me faisait mal devait être dit et là, j’ai réussi à dire quelques trucs sur un événement douloureux de mon passé que je pensais avoir enfoui. J’ai beaucoup pleuré, mais ce n’était plus pour “rien”. Ensuite, la fatigue a laissé place à l’énergie et l’envie de continuer à “parler” pour me “libérer”. »

Pouvoir se sentir légitime

Pris par un sentiment d’imposture ou de doute, on s’est tous posé un jour la question : suis-je légitime pour postuler à ce poste ? Il y a bien les diplômes, l’expérience, les connaissances, les compétences… Mais même s’ils correspondent au poste envisagé, on peut douter de sa légitimité. Comment convaincre l’autre, quand on n’est pas soi-même convaincu de sa légitimité à postuler ? « Certains ont besoin d’élaborer un système de preuve complexe pour nourrir leur légitimité : avoir le diplôme ad hoc + avoir fait des stages dans le secteur visé + avoir fait “valider” son projet par un bilan de compétences, etc. Régulièrement, ils solliciteront l’avis de leur entourage pour renforcer leur légitimité. D’autres affichent d’emblée une légitimité intrinsèque, une légitimité de fait », souligne Franck Damée , formateur et coach. À l’image de cette vendeuse en parfumerie qui souhaitait intégrer le secteur bancaire comme conseillère clientèle. Elle avait pour tout bagage un CAP d’esthétique. Or, le secteur bancaire recrute a minima à bac + 2. Elle a travaillé sur ces deux points : « Qu’est-ce qui la rendait légitime pour un emploi de conseillère dans le secteur bancaire ? Qu’est-ce qui ferait qu’un recruteur la choisirait ? » La jeune femme se sentait parfaitement légitime sur ce projet et elle n’eut pas de peine à lister les raisons qui motiveraient un employeur à la recruter. Trois semaines plus tard, elle intégrait un grand groupe bancaire. On est légitime quand on ne triche pas avec soi-même, quand on sait jusqu’où on peut aller sans déraper, lorsque l’on a confiance en soi et en ses capacités.

C’est paradoxalement quand on s’attribue le moins de valeur qu’on s’attribue souvent le plus d’importance aux yeux des autres. Parce qu’on pense que tout le monde doit voir notre gêne et qu’on est affecté par tel complexe, comme celui de ne pas avoir fait d’études ou d’être trop petit. Ce sentiment d’importance personnelle finit par nous jouer des tours et nous met en danger.

C’est ce qui arrive à Sandra. Participante à un stage de reconversion professionnelle, elle éprouve des difficultés à s’intégrer dans le groupe et se sent mise à l’écart. Pourtant, elle ne se considère ni méchante ni stupide. Selon ses proches, ce serait son comportement qui agace. « On me reproche de ne jamais arriver à l’heure, de poser trop de questions, de parler pour parler… J’essaie de m’améliorer, mais mes efforts sont vains », confie-t-elle. Elle a cependant bien identifié les comportements récurrents qui agacent les autres : « Mes retards, mes prises de parole intempestives… » En général, ce sont les enfants qui se conduisent ainsi. Pour attirer sur eux l’attention des adultes, ils se donnent de l’importance parce qu’ils ne se sentent pas suffisamment intéressants. Pour Sandra, c’est exactement la même chose. Son comportement reflète un manque de confiance en elle. Elle agit pour attirer l’attention des autres sur elle, et malheureusement pas dans un sens positif.

Vous êtes souvent inquiet et manquez de confiance en vous ? Vous avez tendance à vous focaliser sur ce que vous n’avez pas ?

Dawna Walter, star du petit écran en Grande-Bretagne, explique comment faire le ménage dans sa tête et se débarrasser de ses pensées négatives pour prendre la vie du bon côté. Le premier pas vers la dépollution mentale consiste à éviter de ressasser constamment les expériences passées douloureuses, parce qu’alors on ne cesse de les revivre. « Ce n’était déjà pas agréable la première fois et cela ne l’est certainement pas plus quand vous en ravivez le souvenir. Pourquoi vous rendre malheureux ? Ma démarche consiste à ne pas se demander “pourquoi ?” car il n’y a souvent aucune réponse à cette question. Qui peut dire pourquoi des gens sont nés dans des circonstances affreusement difficiles, alors que d’autres savourent une vie de grands privilèges ? Qui peut expliquer complètement les actes d’autrui ? Qui peut expliquer la mort, la guerre et les autres malheurs du monde ? Au lieu de spéculer sur les causes d’une situation, il est toujours plus simple et constructif d’observer comment vous y avez réagi ou répondu pour rompre avec les vieilles habitudes, les routines et les attitudes ancrées, et se concentrer sur l’essentiel : tirer le meilleur parti de chaque journée », conseille-t-elle.

Extrait de "Et si je croyais en moi, Provoquer sa chance mode d'emploi", Gilles Noblet, (Eyrolles éditions), 2013. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

 

 

 
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  • Par réel79 - 14/08/2013 - 15:32 - Signaler un abus Et aussi l'importance de l'éducation.

    L'attitude des parents est primordiale. S'ils donnent une éducation inhibante, avec beaucoup de limites, peu valorisante, l'enfant et l'adulte aura peu confiance en lui ou au contraire libre, avec quelques limites nécessaires qui favoriseront sa confiance en lui. Beaucoup n'acceptent pas cette idée car elle remet en cause leur liberté et leur maitrise d'eux mêmes, elle a pourtant été démontrée par plusieurs études et est largement détaillée dans les manuels de psychologie. La construction du réseau neuronal commence en effet très tôt. On peut malgré tout améliorer un peu sa confiance en soi.

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Gilles Noblet

Après vingt ans de journalisme économique, Gilles Noblet a créé en 2004 sa société, ; "Passage de cAp", croisant ses compétences en management, communication et ressources humaines. Il exerce, sous son nom d'usage, une activité de conseil en valorisation des talents auprès des cadres dirigeants, des entrepreneurs, des travailleurs du savoir (consultants, designers, scénaristes...) et des artistes. Sa principale qualité : permettre à ses clients de découvrir leur marque personnelle pour en faire une marque reconnue par les autres. Coach certifié par "Mediat-Coaching" dans le cadre d'un cursus accrédité par l'European Mentoring and Council Coaching (EMCC), il a suivi le cursus proposé par l'Institut HEC "Journalistes et Entreprises". Gilles Noblet a publié en 2002, sous son nom patronymique Forestier, Regards Croisés sur le Coaching aux Éditions d'Organisation, ouvrage sélectionné pour le prix du livre 2003 "Mutations &Travail".

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