Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Samedi 21 Octobre 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

Pourquoi le Brexit va conduire François Hollande à accélérer sa campagne électorale

Bien qu’il ne soit toujours pas officiellement candidat à sa réélection, ses propos le font virvolter sans cesse de l’attitude du Président à celle du prétendant à la magistrature suprême, avec l’habileté du manœuvrier politique qu’il n’a cessé d’être. Et l’on peut déjà prévoir qu’il va s’engager de plus en plus hardiment dans la campagne.

Editorial

Publié le
Pourquoi le Brexit va conduire François Hollande à accélérer sa campagne électorale

François Hollande jubile .Il vient de trouver dans le vote britannique une  raison supplémentaire de croire dans  son  optimisme légendaire en faveur de son destin,  comme le  démontre l’interview qu’il vient de donner au journal  les Echos.  Bien qu’il ne soit toujours pas officiellement candidat à sa réélection, ses propos le font virvolter sans cesse de l’attitude du Président à celle du prétendant  à la magistrature  suprême, avec l’habileté du manœuvrier politique qu’il n’a cessé d’être. Et l’on peut déjà prévoir qu’il va s’engager de plus en plus hardiment dans  la campagne.

Car le séisme engendré par la décision anglaise de sortir de l’union européenne n’a  pas  pris la tournure de la crise financière que certains redoutaient. Les marchés ont certes enregistré une vive secousse, mais de durée relativement  brève. Même s’ils sont appelés à connaitre des répliques étant donné leur nervosité, ils  savent que les banques centrales   ont appris à contrôler  leurs convulsions,  d’autant que les origines  du malaise sont ailleurs. La  crise  présente est d’ordre politique et c’est un domaine où l’esprit manœuvrier  de  François Hollande est  particulièrement à l’aise.  Au demeurant, il y voit un  double avantage.  D’abord la France ne  sera plus au premier rang des préoccupations de ses partenaires, qui dénonçaient son incapacité à se réformer, son comportement  de lanterne  rouge. Désormais, la Grande Bretagne  va être au centre des inquiétudes car les conséquences de son  départ risquent de faire des ravages que personne n’avait soupçonnés, en se  traduisant par un repli sur soi et un danger de récession qui pourrait se révéler contagieux.  Au lieu de venir  en aide au Royaume-Uni,  qui a  longtemps été un allié  historique et préférentiel (ne célèbre-t-on pas le centième anniversaire de l’hécatombe au cours de laquelle le sang britannique a coulé à flots dans la Somme pour venir en aide à la France ?), on décèle chez nombre de nos dirigeants une  sorte de » joie mauvaise », comme l’évoque Alain  Minc dans le Figaro devant la situation inconfortable où viennent  de se mettre les Anglais. Michel Sapin le  ministre  des finances évoque « la situation catastrophique  de la Grande-Bretagne », au moment où François Hollande assure qu’il  faut conclure le divorce aussi vite que possible, alors que Angela  Merkel  plaide pour accorder des délais  à celui qui avait été associé depuis plus de quarante ans à l’aventure européenne.

Ce comportement égoïste est bien loin de celui qui devrait prévaloir, car il  pourrait amorcer la désagrégation progressive de l’Europe. Mais  il est bien  dans la logique de François Hollande depuis le début du quinquennat.  Il va trouver dans la situation présente une raison  de continuer de s’affranchir avec sa désinvolture habituelle des recommandations de la  Cour des Compte ou des admonestations de Bruxelles pour limiter les déficits en recourant aux réformes. Il  invoquera désormais le danger récessionniste que fait peser la Grande-Bretagne  pour continuer à ouvrir les vannes de la dépense  publique, sans s’inquiéter de l’augmentation de l’endettement  du pays, à seule fin de favoriser sa réélection.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Anguerrand - 01/07/2016 - 07:50 - Signaler un abus Ah bon Hollande veut etre candidats ?

    Il nous prennent vraiment pour des abrutis ces gens là, comme si l'on ne s'en etait pas rendu compte ? Les frais actuels de sa campagne devrait déjà être comptabilisé dans les sommes autorisées pour sa campagne.

  • Par langue de pivert - 01/07/2016 - 17:08 - Signaler un abus Un article pour rien !

    Tous les pays de l'union sont favorables à une clarification la plus rapide possible après le sondage XXL GB : le plouc suprême pas plus ni moins que les autres ! §§§ Au lieu de venir en aide au Royaume-Uni, qui a longtemps été un allié historique et préférentiel §§§ Venir en aide à la GB cela dure depuis plus de 40 ans ! Aucun pays de l'Union n'a été traité avec autant de bienveillance, de passe-droits et d'exceptions à sens unique ! Et ça durera autant que les GB le voudront ! Si ils veulent ne pas tuer "la poule au œufs d'or" ils balancent le Brexit à la corbeille et on repart pour 40 ans ! Qui en doute ? D. Cameron, en bottant en touche (après les résultats d'un referendum déclenché à son initiative) au lieu d'assumer ses responsabilités de chef d'état se comporte-t-il comme un "allié historique et préférentiel" ? Idem pour ses successeurs pressentis ! Faut arrêter d'écrire n'importe quoi !

  • Par AvecNS - 01/07/2016 - 19:09 - Signaler un abus "habileté du manoeuvrier politique"

    Vous pensez qu'on ne le voit pas venir avec ses gros sabots ? Un éléphant dans un magasin de porcelaine, oui !.... Il est prêt à tout pour être réélu et ne s'en prive pas depuis mai 2012.... Feriez-vous partie de la trentaine de journaleux régulièrement invités à dîner à l'Elysée pour être aussi... (désolée, les mots me manquent) ?

  • Par jurgio - 01/07/2016 - 20:36 - Signaler un abus Tout le génie manœuvrier de Hollande

    consisterait donc à attendre quelque événement heureux ? et, entretemps, à pisser copieusement dans les bottes des adversaires ? En résumant : il a semé tant de déjections dans les allées du pouvoir qu'étant seul à n'en plus sentir les émanations fétides (tout animal fruste se complait naturellement sur son fumier) il pense en dégoûter les autres... Il n'y a qu'une dénomination pour ce type d'individu : une ordure. Dehors !

  • Par cloette - 02/07/2016 - 08:49 - Signaler un abus C'est pourtant simple

    Pour mettre Le locataire de l'Elysée dehors , il suffit aux électeurs propriétaires du lieu de ne pas renouveller le bail dans 9 mois .

  • Par Ganesha - 02/07/2016 - 10:12 - Signaler un abus Bolkestein

    Je considère le JT d'Arte comme une des sources d'informations les plus fiables, même si je suis totalement opposé aux conclusions qu'ils en tirent. Ce qu'ils nous expliquent, c'est que le résultat du référendum du Brexit vient en premier lieu d'une opposition des anglais à la présence chez eux de 800.000 polonais, et d'autres dizaines de milliers de roumains et lituaniens. Il s'agit là d'une condamnation très simple et très logique de la fameuse directive Bolkestein, celle du ''plombier polonais''. Les ''citoyens ordinaires'' ont parfaitement remarqué que cela a entrainé une baisse des salaires des ouvriers, une hausse des loyers et la permanence du chômage chez les ''anglais de souche''. La situation est semblable en France, où, à Saint-Nazaire, 30% des emplois dans les chantiers navals sont occupés par des travailleurs est-européens. Pareil en Allemagne, entre autres, pour les travailleurs des abattoirs. Partout en Europe, les chauffeurs routiers sont désormais des gens de l'Est. L'abrogation de cette directive criminelle est la toute première urgence qui s'impose aux salopards qui nous gouvernent !

  • Par cloette - 02/07/2016 - 11:07 - Signaler un abus Bolkestein

    dans les chantiers à Paris aussi , c'est visible et audible ils ne parlent pas le Français et ce n'est pas non plus de l'arabe. Mais on doit reconnaitre que le travail est fait . La question est: les Français sont ils capables de le faire ou non ? Des "cordistes " ( ceux qui grimpent ) par exemple, oui i y a des Français capables

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€