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Pourquoi nous n’arriverons à rien en Asie, tant que nous miserons sur la Chine.

La politique de la France devrait se concentrer sur l’union avec des pays comme Taïwan, la Corée, le Japon, et l’unir progressivement à des pays d’Europe.

Les entrepreneurs parlent aux Français

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Pourquoi nous n’arriverons à rien en Asie, tant que nous miserons sur la Chine.

 Crédit Greg Baker / AFP

La Chine. Tout le monde rêve d’un eldorado qui ne nous veut pas. Tout le monde rêve d’un marché dont il sera évincé, à un moment ou un autre. Tout le monde rêve de volumes que nous pourrons frôler, mais jamais détenir. La Chine n’est pas pour nous, la Chine ne pense qu’à elle. La Chine a pour but ultime de reprendre ce qu’elle a temporairement donné.

La politique de la France et de l’Europe, faite de naïveté et de fantasmes n’est pas à la hauteur. Trump montre peut être maladroitement les muscles, mais au moins il les montre au lieu de rester, comme nous, au chaud, terrorisés, sous la couverture. Pour montrer sa force, il faut la détenir. Nous sommes faibles. Et désunis. Nous nous appliquons à respecter des règles qui nous desservent et nous handicapent. Si nous voulons faire, nous le pouvons encore, mais d’égal à égal, sans état d’âme. Sans naïveté.

Puisque l’Europe est incapable d’une politique économique commune, sauf pour récupérer l’argent d’éventuelles sanctions, toujours destinées aux USA d’ailleurs (même si c’est à raison souvent), alors il nous faut prendre une autre voie. Celle de l’union des « faibles », celle de l’union des « petits ».  Les « nains unis » peuvent tenir tête aux géants, Chine incluse. C’est pourquoi la politique de la France devrait se concentrer sur l’union avec des pays comme Taïwan, la Corée, le Japon, et l’unir progressivement à des pays d’Europe. Former un « cartel » de la réussite numérique et industrielle, qui appliquerait des règles proches de celles de la Chine (investissement massif, pas de pitié avec la concurrence, un égoïsme fort, au moins dans un premier temps, la constitution d’un marché fort…). Assembler l’infiniment petit afin de paraître, et devenir, infiniment grand.

Taïwan est certainement l’univers qui nous ressemble le plus. Des Chinois « d’origine » qui ont eu la chance d’échapper à la grande sœur et son contrôle politique étouffant, pour vivre dans une République, démocratique, où la critique est permise. On pourrait croire que la France l’aurait déjà reconnue depuis longtemps, au nom de ces droits de l’homme et de ses « valeurs républicaines » dont elle se gargarise si souvent, en toute occasion. Et pourtant. Non ! On préfère la dictature à la démocratie. Sûrement l’effet de la distance, les valeurs se diluent au rythme des kilomètres. Etrange. Quand il s’agit d’argent, on trace un trait, en « typo gras », sur ses valeurs.

Taïwan avait choisi le « made in pas cher », l’assemblage, et n’a pas su se doter d’une intégration qui lui aurait permis de capter la valeur. Nous avons choisi le pouvoir d’achat qui garantit le chômage, et renié la qualité, pour ne surtout pas parler de prix élevés. Ils ont du mal à choisir les énergies renouvelables. Comme nous. Ils peinent encore sur le numérique. Comme nous. Ils subissent la Chine et les USA. Comme nous. Tout nous rapproche sauf la reconnaissance de cette gémellité. Dommage.

 
Commentaires

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  • Par ajm - 14/05/2018 - 22:34 - Signaler un abus Diplomatie en finesse.

    Article intelligent, lucide et original, pour une fois. Les autorités étatiques Françaises, qui se considèrent comme héritières de la France de Louis XIV, ignorent totalement ce genre de stratégie subtile, adaptée à notre situation réelle (c'est même pire en réalité car la diplomatie du grand roi pouvait faire dans la dentelle dans certaines situations difficiles).

  • Par kelenborn - 15/05/2018 - 08:07 - Signaler un abus Ah bon

    La profondeur de la pensée de l'article fait penser à celle d'un pet de lapin sur une toile cirée! Cela ressemble à l'interview de Hollande par Mezrahi , le rôle de Hollande étant tenu par Gerra. "et moi je dis NOOONNN !!!!" tapez youtube, gerra et mezrahi sur les fesses de madame Google : vous verrez c'est drôle

  • Par HAL - 15/05/2018 - 13:46 - Signaler un abus Excellent article !

    Stratégie réaliste et réalisable. Espoir que nos dirigeants comprennent un jour que les échanges commerciaux ne valent que s'ils sont équitables et réciproques.

  • Par lémire - 24/05/2018 - 11:15 - Signaler un abus Stratégie

    Il est plus utile pour les diplomates de parader avec les gens de la Chine Pop sous les applaudissements des médias (qui en politique étrangère n'ont aucun esprit critique ou s'autocensurent) plutôt que de faire un vrai travail pour le pays, qui se retournerait contre leur carrière....

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Denis Jacquet

Denis Jacquet est entrepreneur (Edufactory), investisseur (Entreprise et conquête) et président de Parrainer la croissance, une association d'aide aux PME pour rechercher la croissance, et cofondateur de l'observatoire de l'Uberisation. 

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