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Pourquoi 2013 devrait être une année charnière pour l'économie mondiale et européenne

Si les dirigeants européens ne profitent pas de 2013 pour moderniser le fonctionnement de la zone euro, notamment au travers d’une BCE encore plus active et un budget fédéral, le pire est à prévoir pour 2014... C'est le point de vue que développe Marc Touati dans le troisième volet de notre série sur les perspectives économiques de l'année qui s'ouvre.

Année de feu

Publié le - Mis à jour le 5 Janvier 2013

Au cours des cinq dernières années, la planète économico-financière a été particulièrement chahutée. En 2008, ce fut le début de la crise ; en 2009, la récession mondiale ; en 2010, la reprise ; en 2011, le grand gâchis ; et, enfin, en 2012, la rechute, en particulier de la zone euro. Face à tant de rebondissements et à une crise qui dure finalement depuis plus de cinq ans, la question est de savoir si 2013 sera enfin l’année de la sortie de crise.

Si l’envie ne manque pas de répondre par l’affirmative, il faut malheureusement reconnaître que nous en sommes encore loin et que les dangers qui pèsent sur 2013 sont encore trop nombreux pour permettre de retrouver le chemin de l’enthousiasme.

Certes, comme cela s’est observé de 2010 à 2012, les pays émergents continueront de croître à un rythme soutenu. La Chine et l’Inde devraient ainsi afficher des croissances de respectivement 8 % et 6 %. Dans le même temps, les Etats-Unis devraient rester sur un rythme de croissance proche de 2,5 %, c’est-à-dire un niveau appréciable mais non flamboyant. Quant au Japon, la progression de son PIB avoisinerait son niveau structurel de 1 %.

Au total, la croissance mondiale sera d’environ 3,3 %, soit un niveau similaire à celui de 2012 et équivalent à sa moyenne de long terme observée depuis 1980.

La bonne tenue de l’économie mondiale tiendra notamment à l’augmentation limitée des cours des matières premières et notamment du pétrole, mais aussi à la poursuite des effets favorables des politiques monétaires ultra-accommodantes, notamment aux Etats-Unis et au Japon.

Dans ce concert sans éclat mais plutôt harmonieux et rassurant, la zone euro continuera à faire bande à part. En effet, à l’instar de ses « performances » des années 2011 et 2012, celle-ci restera à la traîne de la croissance mondiale en 2013. Pis, comme cela a déjà été le cas l’an dernier, l’UEM devrait subir une baisse de son PIB d’environ 0,4 %. En effet, compte tenu du caractère trop restrictif de la politique fiscale, d’un euro trop cher et d’une crise de la dette qui se poursuivra, l’économie eurolandaise restera coincée dans la récession au moins jusqu’à la fin du printemps 2013.

Dans ce cadre, les objectifs de réduction des déficits publics et des ratios dettes/PIB ne seront pas respectés. Ce qui ne manquera pas de susciter un mouvement d’augmentation des taux des obligations d’Etat, réduisant d’autant l’investissement, l’emploi et la consommation. Et ce, en particulier dans l’Hexagone.

En effet, en 2013, les résultats économiques français devraient s’avérer particulièrement mauvais : une baisse annuelle du PIB de 0,4 %, un taux de chômage de 12 % en fin d’année (selon les statistiques d’Eurostat) et un déficit public d’au moins 4 % du PIB. Compte tenu de ces piètres performances, la France va ainsi atteindre une étape décisive de son Histoire : pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale et pour la troisième fois depuis la Révolution française, sa dette publique va être égale à sa richesse, c’est-à-dire qu’elle représentera 100 % du PIB. Autrement dit, bien loin des messages anesthésiants de François Hollande, la France restera enlisée dans le marasme économique et social.

 
Commentaires

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  • Par Ravidelacreche - 04/01/2013 - 11:44 - Signaler un abus Comme dit la chanson..."En revenant du Piémont" :o)

    Ah! Vous me pétez la charnière, Sens dessus dessous et sens devant derrière. Allez-y donc un peu plus mou ! Sens devant derrière et sens dessus dessous.

  • Par Equilibre - 04/01/2013 - 12:20 - Signaler un abus Oh oui

    "Parallèlement, il faut espérer que les dirigeants politiques et monétaires eurolandais prendront enfin le taureau par les cornes pour moderniser le fonctionnement de la zone euro, notamment au travers d’une BCE encore plus active sur le front de l’activité économique et un budget fédéral" Encore plus de technocratie, encore plus de neuro imprimés, encore plus de dettes, encore plus d'UE, cela a si bien marché jusqu'à présent, pourquoi ne pas continuer... Draghi empereur! 2013 risque d'être un carnage, qui se prolongera en 2014, 5... jusqu'à ce qu'on nous impose, pour notre bien à tous, parce que nous sommes des merdes incapables de "bien" penser, la fédéralisation. Acte ultime de notre déchéance et décadence totale.

  • Par Gégé Foufou - 04/01/2013 - 16:43 - Signaler un abus M. Touati

    Vous dites: si tout va bien, une réduction significative et durable des déficits publics, puis des dettes. Finalement vous dites comme notre grand Président, si tout va bien, croisons les doigts et brûlons un cierge au Saint Patron des économiste (dont je ne connais pas le nom)

  • Par esurlo - 04/01/2013 - 22:21 - Signaler un abus Si tout s'arrange....

    ..... cela ira mieux !. Et si les causes restent les memes ? ..... Et si l'on continue à vivre à crédit ....en refusant les échéances ? ....

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Marc Touati

Marc Touati est économiste et président fondateur du cabinet ACDEFI (aux commandes de l'économie et de la finance). Il s'agit du premier cabinet de conseil économique et financier indépendant au service des entreprises et des professionnels.

Il a lancé en avril 2013 la pétition en ligne Sauvez La France.com pour diminuer "les impôts", les "dépenses publiques superflues" et "retrouver le chemin de la croissance" afin de "sortir par le haut de cette crise".

Il est également l'auteur de Quand la zone euro explosera, paru en mars 2012 aux Editions du Moment. Son dernier livre est Le dictionnaire terrifiant de la dette (Editions du moment, mars 2013).
 

 

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