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Pour qui votent les chômeurs à la présidentielle : analyse exclusive

Six millions de demandeurs d'emplois ont été au centre du débat entre les candidats. Analyse du comportement électorat des chômeurs.

Présidentielle

Publié le - Mis à jour le 14 Avril 2017
Info Atlantico
Pour qui votent les chômeurs à la présidentielle : analyse exclusive

Les près de six millions de demandeurs d’emploi (toutes catégories confondues), ont été au cœur des récents débats entre les candidats. De la même façon, la question de l’emploi et de la lutte contre le chômage se place en tête des préoccupations des Français. Si l’enjeu du chômage occupe donc une place centrale dans cette campagne, quel est le comportement électoral des demandeurs d’emploi ? Vont-ils s’abstenir davantage que la moyenne des Français ou au contraire vont-ils davantage participer compte-tenu de leurs fortes attentes en matière économique et sociale ?

Et parmi ceux qui iront voter sur quels candidats se porteront-ils en priorité ?

Un public plus abstentionniste que la moyenne

Alors que selon le rolling Ifop-Fiducial pour Paris-Match, CNews et Sud Radio, l’intention de s’abstenir s’établit actuellement à 37% dans l’ensemble du corps électoral, cette proportion est encore plus importante parmi les demandeurs d’emploi puisque pratiquement un sur deux (45%) n’envisage pas d’aller voter à l’élection présidentielle. 

Différents travaux de sciences politiques avaient montré que la participation électorale était d’abord le fait des catégories les plus intégrées. Le fait d’être privé d’emploi constitue un symptôme d’exclusion sociale et a pour effet de renforcer la tentation abstentionniste déjà élevée dans la période actuelle. On notera d’ailleurs que parmi les chômeurs, ceux qui ont déjà travaillé et qui ont donc eu un lien avec le marché du travail, seraient potentiellement 44% à s’abstenir contre 51% parmi les personnes se déclarant à la recherche d’un premier emploi, qui eux n’ont jamais pu accéder au monde du travail et se sentent manifestement encore moins intégrés socialement. Cette sur-abstention parmi les personnes à la recherche d’un premier emploi s’explique également par un effet d’âge, les jeunes, tranche d’âge structurellement abstentionniste, étant massivement surreprésentés dans cette catégorie.

Un survote pour Marine Le Pen et les candidats de gauche chez les demandeurs d’emploi

Si les chômeurs se caractérisent par une propension plus importante à s’abstenir, les spécificités sont plus marquées encore en termes d’intentions de vote. Comme on peut le voir sur le tableau ci-dessous, on constate en effet dans cette population un tropisme pour Marine Le Pen et pour les candidats de gauche assez manifeste. 36% des demandeurs d’emploi qui iront aux urnes envisagent de voter FN, soit une prime de 11 points par rapport au potentiel électoral moyen actuel de Marine Le Pen (25%). 

Différentes analyses de l’Ifop avaient déjà montré que le FN obtenait ses meilleurs résultats dans les bassins d’emplois les plus touchés par le chômage, traduisant la colère et la désespérance des populations locales. Ces chiffres montrent que si dans ces territoires de larges pans de l’électorat optent pour le vote FN, les demandeurs d’emploi constituent l’une des catégories les plus acquises à ce mouvement politique.  

 
Commentaires

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  • Par lafronde - 10/04/2017 - 19:09 - Signaler un abus Pas de conscience de classe chez les chômeurs.

    Que les jeunes n'étant pas encore entré dans la vie active ne vote pas ou mal est banal. Ce n'est pas l'éducation nationale qui va les instruire de ce qu'est un citoyen d'une Société libre : nourrir et défendre sa famille en priorité. Par contre les seniors ont déjà fait carrière même s'ils sortis de la voie royale de l'emploi stable. Ils ont donc eut le temps de réflechir à ce qui leur arrive, mais la plupart d'entre eux croient que le chômage est une fatalité de notre temps. Faute de culture en micro-économie la majorité d'entre-eux votent pour les système politico-économique qui les maintiennent hors du marché du travail. Car le chômage n'est pas une fatalité, mais la conséquence de politique budgétaire puis fiscale erronée, choisies par clientélisme politique : pour se faire élire les politiciens au pouvoir ont distribué des rentes. En payant ces rentes, l'économie marchande, l'entreprise n'a plus assez de marge pour investir avec une rentabilité suffisante. Faute d'investissement les postes sont moins productifs et restent virtuels. L'Entreprise, pillée par l'Etat au profit des politiciens n'offre plus assez d'emplois. Ce n'est pas la subventionnée Presse qui le leur apprendra

  • Par bd - 12/04/2017 - 02:36 - Signaler un abus Emmanuel Macron: La logique pragmatique (1)

    Parce qu’Emmanuel Macron peut être d'accord avec des gens de droite et de gauche, il n'aurait pas d'idée? Nous souffrons tous depuis des années de voir des lois élaborées sous un gouvernement être détricotées par le suivant. "En Marche!" n'est pas comme les autres. Le rôle d'un Président dans un pays mature est, en effet, de trouver le dénominateur commun entre des personnes et des positions différentes, pour avancer, pour que le pays, en tant que nation, avance. Est-ce que les politiques qui divisent, qui pointent du doigt l'autre, sont plus claires pour l'électorat? Il est temps de comprendre que ceux qui jouent à diviser, à opposer, sont des apprentis sorciers.

  • Par bd - 12/04/2017 - 02:36 - Signaler un abus Emmanuel Macron: La logique pragmatique (2)

    Pantin, sans expérience, disant ce que d'autres puissances l'enjoignent à dire?
 Dont acte, il a 39 ans, c'est vrai, et sans doute donc moins d'expérience que des hommes et femmes politiques rompus aux joutes électorales...
 Il suit une ligne cognitiviste, ce qui pour tout pédagogue, est particulièrement parlant.
Il faut des constats, argumentés, intellectualisés, et de ces constats, découlent des solutions.
Cela s'appelle du pragmatisme. 
Il ne prétend pas que toutes ces solutions seront un succès. 
Il explique le droit à l'échec (pour lui comme pour tout le monde en promettant le droit au chômage pour tous).
Mais on tente, on essaie, parfois cela marchera, parfois non. Mais, bon sang, qu'est-ce que ça fait du bien justement d'entendre quelqu'un qui peut ne pas être totalement sûr de lui et dire : «on va faire ensemble». Cela permettra à chacun, individuellement, de se sentir meilleur, en ayant le sentiment légitime d'avoir participé à l'élévation de la société dans son ensemble. Là où tous les politiques depuis plus de 40 ans expliquent à longueur de temps sur Les plateaux télé savoir exactement ce qu'il faut faire, et qu'une fois élus, ils semblent d'un coup avoir tout oublié...

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Jérôme Fourquet

Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.

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