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Pour que Paris puisse profiter du Brexit, il faudrait que Hollande aille faire les yeux doux aux traders de la City. Ne rêvons pas !

La mairie de Paris et le quartier de la Défense espèrent attirer ceux qui vont s’échapper de Londres. Le gouvernement laisse dire qu’il fera tout pour, mais il ne faut pas se faire d’illusions...

Atlantico Business

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Pour que Paris puisse profiter du Brexit, il faudrait que Hollande aille faire les yeux doux aux traders de la City. Ne rêvons pas !

Le problème pour Paris, c’est que ses concurrents se sont mis en ordre de marche bien avant. Francfort, Dublin, Luxembourg, ou Berlin, vont tout faire pour récupérer les effectifs et toutes les activités et les services qui ont fait la fortune de Londres.

A Paris, que ce soit à la Mairie, dans le quartier de la Défense, à Bercy, mais aussi à la chambre de commerce ou au Medef, tout le monde s’est réveillé après le discours de Theresa May, la semaine dernière, qui a précisé que l’article 50, qui va lancer le processus du Brexit, sera activé avant le premier trimestre 2017, et que, dans ce cas-là, le processus prendrait deux ans. A l’adresse du grand public, elle ajoute qu'elle confirme un Brexit pur et dur et qu’il ne se sera pas question de revenir en arrière.

Jusque-là, personne à Paris n’y croyait vraiment. Tout le monde se disait que les Britanniques n’iraient pas jusqu’au bout de ce divorce, que les conséquences étaient trop lourdes, trop coûteuses pour eux-mêmes, sans trop savoir d’ailleurs le coût que cela représenterait.

En bref, on n’y croyait pas, mais maintenant on y croit. Les établissement financiers français installés à Londres ont averti Paris qu'ils allaient eux aussi préparer le Brexit. Et le Brexit, pour tous les acteurs européens installés à Londres, signifie plus ou moins un déménagement vers des cieux plus clément.

Le problème pour Paris, c’est que ses concurrents se sont mis en ordre de marche bien avant. Francfort, Dublin, Luxembourg, ou même Berlin, vont tout faire pour récupérer les effectifs et toutes les activités et les services qui ont fait la fortune et la prospérité de Londres. L'enjeu porte sur un million d’emplois à haut pouvoir d’achat et plusieurs dizaines de milliards d’euros en chiffre d’affaires.

Alors personne ne sait si les états-majors des plus grandes banques du monde qui sont installées à Londres déménageront, mais tout le monde sait qu’ils commencent à regarder comment les choses pourraient se passer ailleurs.

Ils regardent évidemment le niveau de la fiscalité, le coût social et la flexibilité du droit du travail, mais pas seulement. Ils analysent le prix de l’immobilier, les infrastructures publiques, les conditions de vie...

Il est évident que lorsqu'on met bout à bout tous ces éléments de comparaison, Paris ressort comme une ville agréable, touristique, avec des musées, des lycées de qualité, etc. Mais Paris n'est pas à la hauteur des exigences de compétitivité sur le terrain de la fiscalité et de la gestion sociale, et Paris n'est pas à la hauteur sur le plan de la sécurité.

Paris peut-elle se mettre à niveau d’ici le premier trimestre de l’année prochaine ? Peu probable. Les équipes qui ont été mises en place ne croient pas sérieusement à un divorce britannique. La conviction est que les Britanniques trouveront le moyen de préserver leurs privilèges.

 
Commentaires

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  • Par Deneziere - 18/10/2016 - 08:44 - Signaler un abus Mais qui y croit encore ?

    Pourquoi cet article ? Le sujet a été moulte fois évoqué sur Atlantico, et le consensus contrubuteurs-commentateurs est que Parisn'est pas dans la course. La messe est dite, Sans évènement nouveau, et le discours de T. May n'en est pas un, aucun intérêt à relancer le sujet.

  • Par Brasidas - 18/10/2016 - 12:16 - Signaler un abus qui veut aller installer son siege

    dans un pays qui réinvente peu à peu l'union soviétique.

  • Par zouk - 18/10/2016 - 15:10 - Signaler un abus Au delà de ce qu'il ne devrait pas dire

    Mais il le publie dans vergogne, il peut bien aller faire un strip tease intégral devant les traders de la City. Ils ont passé la place de Paris aux oubliettes et elle pourrait bien y rester quel que soit notre prochain gouvernement. Ils sont bien compris la fascination française pour les solutions collectivistes PS et tous les mouvements de gauche qui détruisent toutes nos institutions, traditions et par dessus tout notre civilisation.

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Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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