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Extra

Les épines du rosier
4) La gauche et sa maladie
des dépenses publiques

Dans un pamphlet qu'Atlantico publie en feuilleton et alors que François Hollande fait figure de favori des sondages, Roland Hureaux a souhaité faire le point sur les grandes lignes des politiques passées et à venir des socialistes. 4ème épisode : le PS et les dépenses publiques.

Pamphlet

Publié le - Mis à jour le 23 Avril 2012

Lire aussi :


 

Un autre handicap de l’économie française est le poids excessif des dépenses publiques et, en conséquence, des prélèvements obligatoires

C’est à tort que certains idéologues néo-libéraux imputent ce poids au « modèle social français », supposé issu du programme du Conseil national de la Résistance, enfant monstrueux, disent-ils, de la collusion du gaullisme et du communisme.

Contre ce fantasme giraudiste, on rappellera que ledit modèle fonctionnait dans les années cinquante, avec une France beaucoup plus pauvre et 35 % du PIB (contre 56 % aujourd’hui).

Enrayer cette propension exagérée à la dépense publique est beaucoup plus facile en période de croissance : il suffit de ne pas alourdir les charges pendant que les recettes fiscales augmentent et rendre aux contribuables une partie des rentrées fiscales supplémentaires.

Mais encore aurait-il fallu qu’un gouvernement le veuille.

Par quelle ironie du sort, ces périodes de croissance économique ont-elles coïncidé au cours des vingt dernières années, avec la venue de la gauche au pouvoir ?

Ce ne sont pas les mérites de la gauche qui sont en cause, les taux de croissance étant largement tributaires de cycles internationaux. Si une politique peut les favoriser, elle n’agit qu’avec retard. Les gouvernements de gauche ont ainsi profité des politiques des gouvernements précédents. A l’inverse, la récession dont a pâti la droite ensuite est l’effet direct de la politique du franc fort de Bérégovoy.

C’est ainsi que Rocard bénéficia de 1988 à 1991 d’une belle croissance économique (2,7 % par an en moyenne), qui lui aurait permis de ramener à une part raisonnable du PIB la dépense publique, tout en préservant les dépenses en cours. Gravement coupable à cet égard, Rocard profita de cette manne pour engager des dépenses nouvelles : les unes légitimes, comme le RMI ;  d’autres plus discutables comme une augmentation très politique des traitements des enseignants : on ne prit même pas la peine de leur demander des contreparties comme une plus grande implication dans la vie de l’école (par exemple un temps de tutorat). C’est en raison de la conjoncture dont il a profité que Rocard a laissé le souvenir, à tort, d’avoir été un premier ministre convenable, jusqu’à être applaudi dans les assemblées du MEDEF. On ne s’est pas demandé ce que cette conjoncture devait au coup de fouet que la politique de Chirac avait donné à l’économie entre 1986 et 1988.

La droite revenue au pouvoir pour quatre années difficiles (1993-1997), avec 1,1 % en moyenne, l’expérience se réédita entre 1997 et 2002. Jospin bénéficia à nouveau d’une conjoncture favorable -ce qui rend d’autant plus regrettable pour la droite la dissolution de 1997- et n’en profita nullement pour réduire le poids des charges publiques ou l’endettement, déjà lourd. Le supplément de rentrées fiscales fut fâcheusement assimilé à une "cagnotte" qu’il s’agit de dépenser, alors qu’il eut été bien plus judicieux de la rendre au contribuable français, déjà trop lourdement imposé.

Il en va de même de la dette publique. Son évolution depuis 40 ans est significative. Relativement contenue entre 1970 et 1981, elle s’accroit ensuite sensiblement. Cet accroissement est certes imputable à toutes les majorités, jusqu’en 2012, mais la gauche y a pris largement sa part.

 
Commentaires

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  • Par le Gône - 20/04/2012 - 07:25 - Signaler un abus Non docteur....

    Ce n'est pas "sa" maladie,..la dépense publique pour la gauche, c'est sa raison d'être..sa vocation..la dépense publique pour un socialiste c'est un peu comme le vin rouge avec le fromage..ca va avec!!.c'est bien pour cette raison que ces théories économiques Marxistes ne marchent nulle part..sauf par le mensonge,les armes les assassinas et la terreur..

  • Par toulonrct - 20/04/2012 - 07:40 - Signaler un abus http://www.lemonde.fr/idees/a

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/04/19/seul-nicolas-sarkozy-a-l-etoffe-d-un-chef_1687963_3232.html

  • Par brennec - 20/04/2012 - 08:21 - Signaler un abus Le nez dans la flaque c'est la faute a....

    "Le supplément de rentrées fiscales fut fâcheusement assimilé à une "cagnotte" " Merci qui? merci Chirac! Qui vient de tomber le masque.

  • Par toulonrct - 20/04/2012 - 08:56 - Signaler un abus humour noir

    http://zissus.blogspot.com/2012/04/appel-en-faveur-de-j-l-melenchon-qui.html

  • Par zoom - 20/04/2012 - 09:22 - Signaler un abus Lire d'Ormesson

    "Voter pour Hollande, c'est voter pour la situation laissée à l'Espagne par les socialistes. Voter pour Hollande, c'est voter pour faire des Français ce que sont devenus les Grecs. "Lire Jean d'Ormesson dans le Monde http://tinyurl.com/d9hjpy6

  • Par Ludo1963 - 20/04/2012 - 10:55 - Signaler un abus Excellente analyse

    On le dit trop peu : toute politique économique met au moins 3 ou 4 ans, au minimum, à produire ses pleins effets. Exemple : réformes de Schroder en Allemagne, initiées au début des années 2000. Les résultats sont arrivés en 2010 et s'amplifient maintenant Ex : les 35 heures ont commencé à dégrader l' économie au bout de 2 ou 3 ans maintenant les effets sont désastreux. Les socialistes ont toujours bénéficié de réformes difficiles faites par la droite, et ont dilapidé quand ils étaient au pouvoir Cette fois ci ce sera différent la conjoncture internationale est très mauvaise, et l'économie française est en bout de course, asphyxiée par le boulet de la dépense publique et les impôts Les socialistes, pour la première fois, auront le vent de face. Ils n arriveront pas en haut de la côte. Finie la démagogie. On va bientôt assister à la désintégration du Ps français, ramassis de guignols démagogues et lâches. Hollande et Aubry vont morfler, La réalité va mettre fin à 30 ans de mensonges : Mitterrand Jospin Hollande... Ennuis d un an in y aura dissolution du parlement et un Monti de droite fera les réformes sous le regard du FMI

  • Par galt17 - 20/04/2012 - 11:55 - Signaler un abus Mr hureaux vit dans le déni historique

    En bon fonctionnaire de carrière, Mr Hureaux tente de nous occuper d'une main pour faire disparaître les véritables responsabilités de notre endettement de l'autre, cela s'appelle la magie. Mais si les enfants ou les naifs peuvent voir là, le symbole d'un pouvoir magique, les adultes ou ceux ayant un minimum de capacité d'analyse, comprendront que ce n'est qu'un tour de passe passe. L'utilisation du terme Néo libéraux fait montre dans un premier temps d'une dialectique propre à ceux qui ont profité du fromage de nos belles socio-démocraties (ou plutôt socialo-clientèle). Pourquoi ne pas dire alors néo cons ou néo ump ou néo socialistes, ces termes sont ridicules et ne donne pas à leurs auteurs une crédibilit, sauf à ceux qui croient, comme une majorité de français qu'ils pourront s'abstenir de faire des réformes de fond et non pas celles que proposent Môsieur Hureaux. C'est à dire ne pas toucher au système mais juste réduire la voilure un peu et attendre les lendemains qui chantent grâce à une reprise économique internationale. CELA S'APPELLE LA POLITIQUE DE L'AUTRUCHE.

  • Par copélia - 20/04/2012 - 16:42 - Signaler un abus parlons vrai

    La France n'a plus les moyens d'accueil supplémentaire qui ont un coût social.Les pays d'où les gens partent ont des richesses mal exploitées et partagées -grande richesse du sous-sol -l'eau est présente dans le sous-sol et l'énergie solaire peut être utilisée à ces fins -l'énergie solaire y est mal exploitée et exportée Parlons écologie en France on entend parler d'émission de CO2 et de sa réduction or la principale source de pollution était les usines -on oublie de rappeler que les arbres absorbent C02 le jour pour rejeter du O2, or dans les campagnes les fossés ont été supprimés et ne retiennent plus l'eau ce qui a double conséquence:manque d'humidité et arrivées massives de l'eau dans les rivières lors des fortes pluies sans parler de l'érosion de la terre et pollution que cela engendre. Ne faudrait-il pas envisager des dérivations et construire des réservoirs pour retenir l'eau et s'en servir pour l'agriculture en cas de sécheresse

  • Par Mémoris - 20/04/2012 - 20:50 - Signaler un abus le futur choc socio-hollandiste

    Si l’avenir économique reste incertain, le futur choc socio-hollandiste, lui, en revanche, s’annonce net et sans bavure. Dans ces conditions, comment continuer à battre la coulpe de notre frilosité -en compagnie des auxiliaires médiatiques d’une gôche quasi alzhémique-, sur la poitrine de l’actuel Président de la république. D’autant que le socialisme, avec ou sans Hollande, représente une coalition internationaliste anti-française dont les « exploits » socio-économiques passés ; gisent encore au fond de sa gibecière démagogique !

  • Par Mémoris - 20/04/2012 - 20:53 - Signaler un abus Pourquoi je voterai Sarko

    Les promesses du candidat socialiste sont aussi réalistes que de prétendre réduire la taille d’un « missile » avec un taille-crayon !

  • Par Mémoris - 20/04/2012 - 20:54 - Signaler un abus Lapalissades cardiaco-hollandistes

    -Un caillot de sang bloque une artère et c’est l’embolie. -Une idéologie (socialiste) bloque le sang économique et la France devient cardiaco-hollandiste Pour l’heure, entre croissance économique et sénescence sociale hollando-mélanchiste, la France (en sursis) a encore le choix. Sinon ? Crise cardiaque assurée ! Avec, façon cercueils, tout un cortège de vœux pieux plombés !

  • Par ricouti - 20/04/2012 - 23:58 - Signaler un abus Article de propagande

    Article de propagande ridicule , apportant leur pitance journalière aux robots sarkozystes et ne méritant même pas la contradiction. Pour quel intérêt ? les fidéliser, peut être.

  • Par germain - 21/04/2012 - 03:54 - Signaler un abus je cite: la croissance dépend des cycles internationaux...

    mais quand la gauche en a profité, c'est grace au gouvernement de droite précédents... et inversement...//// Tout est dit...

  • Par germain - 21/04/2012 - 03:56 - Signaler un abus dans les annés 50...

    On avait pas 1/4 de la population à la retraite (avec en plus les soins de santé qui vont avec) et 10% de la population au chomage.

  • Par germain - 21/04/2012 - 04:01 - Signaler un abus les finances publiques ont dérapé à partir de 2002...

    Avant, on était dans les critères de Maastricht, avec une dette publique parfaitement normale. L'UMP s'est payé le luxe d'augmenter la pression fiscale (sauf sur les riches) et, en même temps, d'affaiblir les services publics. Chapeau bas! (sans parler du reste: déficit commercial, pénurie de logement, etc)

  • Par Mémoris - 21/04/2012 - 10:35 - Signaler un abus Mutilation socialiste

    Mutilation socialiste. Les victimes du sectarisme trotsko-socialiste ce sont d’abord les sympathisants socialistes eux-mêmes. Pour la bonne raison que, -le socialisme étant une idéologie mutilante-, tout homme qui l’approche inconsidérément n’en sort pas indemne. En réalité, les candidats à la décérébration et, par voie de conséquence, à leur déshumanisation, ne peuvent en ressortir que mutilés. Anencéphales ou, au choix, soumis sociaux !

  • Par Mémoris - 21/04/2012 - 11:22 - Signaler un abus LES GAMELIERS DE L'INCOMPETENCE

    Qui osera parier, au sortir des isoloirs, pour une « gamelle » des Gameliers de l’incompétence socialiste ? Oser c’est gagner ! A vos bulletins, donc ! Et à vos tweets !

  • Par Mémoris - 21/04/2012 - 15:26 - Signaler un abus LES CHEVALIERS DE L'ARNAQUE POPULAIRE

    Quitte à faire une redite, la Corrèze, dont le président du Conseil Général est un certain… F. Hollande, affiche aujourd’hui pour cause d’indigence budgétaire, une dette de Trois cent cinquante millions d’euros. Nous voilà donc rassurés quant à la bonne gestion des « Baronnies » socialistes en terre de France ! Ainsi, du Pas-de-Calais, cette autre « Châtellenie » socialiste, qui, toujours en manque d’esturgeons, se voit dans l’obligation d’importer son « caviar » pour nourrir (Syndrome Dalongeville ?) ses « Nécessiteux » Châtelains de la « Rose Mafia » ! Moralité : face à un tiroir-caisse, les courageux chevaliers de l’arnaque populaire ne résistent jamais à lui faire la peau ! Que la France se le tienne pour dit !

  • Par Euréka - 23/04/2012 - 02:05 - Signaler un abus @ ludo 1963

    "On va bientôt assister à la désintégration du Ps français, ramassis de guignols démagogues et lâches. Hollande et Aubry vont morfler, La réalité va mettre fin à 30 ans de mensonges : Mitterrand Jospin Hollande... Ennuis d un an in y aura dissolution du parlement et un Monti de droite fera les réformes sous le regard du FMI" Bien dit. Je n'espère vraiment plus rien de notre classe politique archi-nulle. Personne pour redonner un cap à la France, faire les bonnes réformes et réduire les dépenses. C'est que notre pays est une vache à lait pour tous ces irresponsables... Ils ont intérêt à ce que rien ne change pour pouvoir édifier leur fortune à l'abri des regards indiscrets. Comme vous j'espère la disqualification de cette classe politique et la reprise en main du pays par des réformateurs venant d'ailleurs. Nous n'avons plus qu'un seul espoir pour nous en tirer, c'est qu'on veuille bien encore de nous dans l'Euro une fois effectuée la fédéralisation de la zone.

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Roland Hureaux

Roland Hureaux a été universitaire, diplomate, membre de plusieurs cabinets ministériels (dont celui de Philippe Séguin), élu local, et plus récemment à la Cour des comptes.

Il est l'auteur de La grande démolition : La France cassée par les réformes ainsi que de L'actualité du Gaullisme, Les hauteurs béantes de l'Europe, Les nouveaux féodaux, Gnose et gnostiques des origines à nos jours.

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