Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Vendredi 18 Août 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

La politique ne s’intéresse pas aux jeunes, aux jeunes de changer la politique

Il parait que les jeunes ne s’intéressent pas à la politique. Peut-être. Mais l’inverse n’est-il pas aussi vrai ? La politique ne s’intéresserait-elle pas aux jeunes autrement que pour l’image ?

Jeunesse

Publié le
La politique ne s’intéresse pas aux jeunes, aux jeunes de changer la politique

Dire qu’on aime les jeunes, c’est facile et ça ne mange pas de pain. Il leur est juste demandé de porter un tee-shirt à l’effigie du candidat et d’agiter avec un enthousiasme artificiel des drapeaux bleu-blanc-rouge - parfois européens – du plus bel effet sur les photos de campagne et sur les réseaux sociaux. S’il y a un noir ou un beur parmi eux, ça ajoute une touche diversité, c’est encore mieux. Bien entendu, leur place s’arrête là. Ces bambins qui n’ont même pas fait l’ENA ne vont quand même pas la ramener.

Résultat, ils ne la ramènent pas beaucoup. Les raisons de ce clivage entre politique et jeunes sont triples.

La première, c’est le sentiment de culpabilité du politique. A raison. La classe politique viole depuis 1974 – dernière année à budget équilibré - un principe essentiel des démocraties modernes : « No taxation without representation », pas d’impôts sans consentement démocratique. Or l’endettement constitue de l’impôt futur. Non content d’accumuler une dette faramineuse proche de 100% du PIB, les responsables politiques de droite comme de gauche ont aussi nourri une dette invisible - dite « hors bilan » - qui intègre de nombreux engagements à venir, par exemple les retraites de la fonction publique dues et non compensées par des cotisations futures. Divers rapports – évidemment - jamais repris par les gouvernements - celui de Michel Pébereau en 2005 ou, plus institutionnel, celui de la Cour des comptes - l’estiment proche de 150% du PIB, 3.100 milliards. Soit un total de  4.923 milliards, 80.000 euros par Français. Les jeunes devront par conséquent payer un jour 80.000 euros d’impôts pour le seul motif de rembourser ces dépenses engagées absolument sans leur accord. Ils n’étaient pas en âge de voter quand cette décision de les taxer dans le futur a été prise. Cette trahison en refroidirait plus d’un, non ?

La deuxième raison, c’est le vieillissement du monde politique de plus en plus déconnecté des jeunes. Emmanuel Macron, 39 ans tout de même, est dépeint comme un jouvenceau incapable d’être aux commandes du pays. Angela Merkel fut chancelière à 46 ans, une jeune fille en fleur pour les parlementaires français dont la moitié a plus de 60 ans (les ainés ont même 80 ans). David Cameron fut  Prime minister à 43 ans, Matteo Renzi Président du conseil à 39 ans. En 2012, l’âge moyen d’un député était de 54 ans et sept mois, celui d’un sénateur de 61 ans et neuf mois. Ajoutez 5 ans et vous aurez l’âge des parlementaires au seuil d’une nouvelle législature. Dans une parfaite osmose, nombre de journalistes politiques appartiennent à la même génération. Les politiques accaparent pouvoir et richesses, cumulant, s’entourant de leur famille et vivant dans une bulle composée de personnes de leur âge. Regardez les réunions de famille des partis « de pouvoir » - surtout celui de ruiner lentement le pays -, combien de jeunes ? Manquerait plus que des jeunes bouillonnant viennent bouleverser cet ordre établi avec avec des idées farfelues. Pour cet univers verrouillé, un jeune, ça colle des affiches, ça agite des fanions aux meetings et ça ferme sa g…

 
Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Aurélien Véron

Aurélien Véron est président du Parti Libéral Démocrate et auteur du livre Le grand contournement. Il plaide pour passer de l'Etat providence, qu'il juge ruineux et infantilisant, à une société de confiance bâtie sur l'autonomie des citoyens et la liberté. Un projet qui pourrait se concrétiser par un Etat moins dispendieux et recentré sur ses missions régaliennes ; une "flat tax", et l'ouverture des assurances sociales à la concurrence ; le recours systématique aux référendums ; une autonomie totale des écoles ; l'instauration d'un marché encadré du cannabis.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€