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Politique industrielle : Macron n’a toujours pas dit où on allait, mais on y va, ce qui inquiète un peu les chefs d’entreprise

Une vague de privatisations vient d’être annoncée samedi, mais le mystère reste entier quant aux entreprises qui seront concernées. Le gouvernement lâchera-t-il du lest dans certaines entreprises industrielles ?

Feuille de route

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Politique industrielle : Macron n’a toujours pas dit où on allait, mais on y va, ce qui inquiète un peu les chefs d’entreprise

La première mesure du quinquennat concernant l’industrie a été considérée comme un faux départ. Car pour un président et un gouvernement inspirés par le libéralisme économique, décide de commencer par nationaliser, temporairement, un pan de l’industrie française : les chantiers navals STX de Saint Nazaire, ca n ‘est quand même pas géniale. Passons !

L’imagination des gouvernants et des administrations pour justifier les entreprises d’Etat a toujours été sans limites : entreprises avec des missions de service public, entreprises sensibles et stratégiques ; il y aura toujours une bonne raison à évoquer. Même si, à terme, les chantiers navals sont toujours voués à une collaboration avec l’Italie, pragmatisme oblige, le dossier reste aujourd’hui en suspens. Les français restent encore réticents à travailler avec nos concitoyens transalpins sur un dossier qualifié de « hautement stratégique » ; du coup, les italiens commençant à perdre confiance dans les tergiversations du gouvernement français à intervenir.

Sur ce dossier, réponse fin septembre où un accord devrait sceller l’avenir de St Nazaire.

Malgré ça, l’industrie française bénéficie d’un moral assez bon (indice du climat des affaires estimé à 111pour une moyenne de long terme de l’indice à 100) et c’est inhabituel, puisqu’on n’avait pas atteint ce niveau de confiance depuis décembre 2007. Economiquement, cela se traduit par une industrie qui a cessé de détruire des emplois depuis mars 2017, et qui réalise même des investissements en hausse estimée de 7% pour cette année. Seule ombre au tableau, l’absence de hausse de salaire. Et une capacité de production toujours inférieure de 10% au niveau d’il y a dix ans.

Mais qui décide de la politique industrielle en France ? Les hésitations et contradictions du début de quinquennat sur l’absence d’un ministre exclusivement dédié à l’industrie sont presque oubliés. Bruno Le Maire semble avoir totalement pris dans son escarcelle cette tâche, et les industriels le considèrent plutôt bon. Lors de l’éclosion de l’affaire STX en juillet, il n’avait pas hésité à déclarer, à l’encontre des manifestants bloquant les entrées de l’usine, qu’il pourrait les faire évacuer. Alors, il n’a pas eu à le faire, mais cela lui a permis d’imposer sa parole.

Bruno Le Maire avait touché là à un point particulièrement sensible pour les chefs d’entreprise, qui n’ont jamais compris qu’on laisse parfois des syndicats s’attaquer à l’outil de travail, et ça leur a plu.

Quand il s’est présenté devant les patrons la semaine dernière, à l’université du Medef, parmi la dizaine de ministres venus délivrer leur message, son discours, axé sur la nécessité d’une politique fiscale stable et ambitieuse, a été bien accueilli. Et puis tout récemment, samedi, lors de rencontres économiques à l’italienne au bord du lac de Côme, le locataire de Bercy a annoncé une vague de privatisations à venir. Sans précision sur les entreprises touchées, mais cela fait écho à son annonce avant l’été de la mise en place d’un fonds de dotation destiné à financer l’innovation à hauteur de 10 milliards d’euros.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 04/09/2017 - 09:21 - Signaler un abus Debut de Démocratie...

    Après trente années de laxisme, Bruno Le Maire a menacé les syndicats d'appliquer la loi française interdisant le blocage des usines ou de la voie publique, et ça les a calmés, jusqu'à fin septembre...Mais, en fin septembre, il faudra bien qu'il choisisse entre l'UE ou la France...tic-tac, tic-tac...

  • Par vangog - 04/09/2017 - 09:28 - Signaler un abus Quant à privilégier le numérique...

    il serait peut-être temps, alors que l'UE affiche dix à vingt ans de retard sur les USA! Mais le numérique a besoin de dérégulation et de détricotage des normes et contraintes europeistes plus que de subventions étatiques. Subventionner des start-ups avant que les plus innovantes ne soient rachetées, au bout de quelques années, par les USA ou les fonds Qataris???...

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Aude Kersulec

Diplômée de l'Essec, Aude Kersulec est specialiste de la banque et des questions monétaires. Elle est chroniqueuse économique et blogueuse. 

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