Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Lundi 24 Septembre 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

PLF 2019 : ce que risque le gouvernement (et les contribuables) si les perspectives de croissance étaient encore trop optimistes

Alors que le gouvernement vient de réviser à la baisse ses prévisions de croissance pour 2018, à 1.7%, certains économistes, comme Philippe Waechter, tablent sur un chiffre plus modéré : "Les données publiées ne suggèrent pas une réaccélération de l’activité au 3ème trimestre à 0.4% comme le suggère la banque de France. Je reste calé sur 1.5% de croissance en 2018, ce qui avec une croissance de 0.35% par trimestre en 2019 donnerait une croissance annuelle moyenne de 1.4%"

Modération

Publié le
PLF 2019 : ce que risque le gouvernement (et les contribuables) si les perspectives de croissance étaient encore trop optimistes

 Crédit ERIC PIERMONT / AFP

Atlantico : Dans le cas de la confirmation d'un tel chiffre d'une croissance de 1.4%, en lieu et place du 1.7% anticipé par le gouvernement, faudrait-il s'attendre à une progression de la fiscalité pour compenser les pertes de rentrées fiscales induites par une telle révision ? 

François Ecalle : Je pense d’abord que Philippe Waechter est un peu pessimiste et qu’une croissance de 1,7 % en 2018, comme le prévoyait l’Insee en juin, est possible. Il y a eu un trou d’air au premier semestre mais les indicateurs conjoncturels ne sont pas mauvais et un rebond devrait avoir lieu au deuxième semestre. Il devrait aussi nous permettre d’envisager une croissance du même ordre (1,7 %) en 2019, sous réserve bien entendu que l’environnement international ne se dégrade pas trop alors que les risques (guerre commerciale, Brexit, politique italienne…) sont nombreux.

En tout état de cause, la croissance sera inférieure aux prévisions présentées par le Gouvernement en juillet dernier (2,0 % en 2018 et 1,9 % en 2019) lors du débat parlementaire d’orientation des finances publiques, prévisions qui conduisaient à un déficit public égal à 2,3 % du PIB en 2018 et en 2019. Le Gouvernement a lui-même admis que ces prévisions seront révisées à la baisse, sans doute en effet à 1,7 %.

En moyenne et à législation constante, la croissance des recettes publiques est à peu près égale à celle du PIB. Si celle-ci est, par exemple, inférieure de 0,4 % aux prévisions, les recettes sont également inférieures d’environ 0,4 %, ce qui représente presque 0,2 point de PIB puisque les prélèvements obligatoires font presque la moitié du PIB. Les dépenses publiques sont relativement indépendantes à court terme de la croissance, seules les allocations de chômage y étant significativement sensibles.

Au total, même si on retient les prévisions de Ph. Waechter, le déficit public pourrait être majoré de 0,25 point en 2018 puis de 0,25 point supplémentaire en 2019 par rapport aux prévisions du Gouvernement de juillet dernier. Ce pourrait être un peu moins car l’inflation est elle aussi plus forte que prévu et une inflation plus forte accroît les recettes fiscales, la TVA notamment. Il faut certes ajouter chaque année 0,1 point de déficit, en raison du classement de SNCF Réseau dans les administrations publiques annoncé au début du mois par l’Insee. Mais on devrait ainsi flirter avec la limite de 3,0 % du PIB en 2018 et 2019 sans la dépasser, à condition que les objectifs de dépenses du Gouvernement soient respectés.

Dans ces conditions, il ne sera pas nécessaire d’augmenter la fiscalité et je ne pense pas que ce sera le cas. Des modifications du calendrier de certaines réformes ont déjà été annoncées (allègements de cotisations patronales sur les bas salaires et exonération de cotisations salariales sur la rémunération des heures supplémentaire) mais elles jouent dans des sens opposés (recul pour la première et avancée pour la deuxième) et leur ampleur est limitée.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par vangog - 12/09/2018 - 10:07 - Signaler un abus les socalistes honteux (macronistes) ont prévu un déficit de 3%

    de leur budget, pourtant bien renfloué par les augmentations de NOS impôts et de NOS taxes- mais c’est toujours pas ça! Malgré 264000 malchances-pour-la-France importées par ces fous-furieux, la croissance socialiste s’enlise...la France gauchiste est virtuellement en récession! après avoir fermé les yeux sur le déficit gauchiste à 100% du PIB (Miam-Miam la finance internationale consanguine!), bien loin des 60% prévus par Maastricht, Mosco-le-vicieux devra fermer les yeux sur le dépassement par le déficit des 3% de PIB ...à moins que...à moins que, ces irresponsables ne décident de nouvelles hausses d’impots et de taxes...Bon! Nous , les patriotes RN vous auront prévenus: soit Macrouille taille une pipe à Mosco-le-vicieux pour l’endormir, soit il vous enc...le encore plus largement...c’est vous qui choiissez!

  • Par thymthym711 - 12/09/2018 - 19:08 - Signaler un abus Belle égalité, belle justice sociale !

    L'auteur du propos dit : "...je ne crois pas à une révolte fiscale". Avec le prélèvement à la source la révolte fiscale sera rendue encore plus difficile pour les contribuables. "La suppression de la taxe d’habitation sur les 20 % des ménages les plus riches, qui ne faisait pas partie des promesses de campagne, pourrait être financée par un autre prélèvement sur les revenus des mêmes ménages." Ben voyons ! Pour plus d'égalité et de justice sociale, il faut vraiment accélérer l'évolution de notre société vers le "Meilleur des mondes" d'Aldous Huxley ou vers le monde d'Orwell. Glissons une puce électronique sous la peau de tous les Français majeurs. Parmi les renseignements enregistrés sur la puce mettons le niveau d'imposition de la personne. Tous les commerçants auront un lecteur pour ces puces et leurs clients verront les prix s'afficher en fonction de leurs revenus. Comment nos grands penseurs de l'égalité et de la justice sociale n'ont-ils pas encore eu cette idée ? Je me le demande !

  • Par guy bernard - 13/09/2018 - 08:29 - Signaler un abus on boucle d'abord 2018.

    nous n'avons pas même le collectif budgétaire de 2018 et nous ne savons pas ce qui se fait. il va de soi que compte tenu des risques 2019 et des surcharges budgétaires, j'aurais tendance à anticiper et, dans un premier temps alourdir 2018 avec une importante correction pour avoir des chiffres en ligne.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

François Ecalle

François Ecalle est ancien rapporteur général du rapport annuel de la Cour des comptes sur la situation et les perspectives des finances publiques ;  ancien membre du Haut Conseil des finances publiques, Président de FIPECO et fondateur du site www.fipeco.fr sur les finances publiques.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€