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PLF 2019 : pourquoi la perte de pouvoir d'achat des ménages modestes et des retraités aisés ne sera pas compensée par la relance du marché de l’emploi espérée par le gouvernement

Une étude portant sur les budgets 2018 et 2019 montre que la politique du gouvernement aura un impact négatif sur le pouvoir d'achat des 20% des Français les plus modestes.

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PLF 2019 : pourquoi la perte de pouvoir d'achat des ménages modestes et des retraités aisés ne sera pas compensée par la relance du marché de l’emploi espérée par le gouvernement

 Crédit Flickr

Atlantico : Selon les estimations réalisées par l'Institut des politiques publiques, les ménages modestes et les retraités aisés subiront une perte de pouvoir d'achat en conséquence des budgets pour 2018 et 2019. Quelles sont les causes d'un tel résultat ? 

Philippe Crevel : Pour être exact, les 20 % des ménages les plus modestes et ceux dont les revenus figurent entre les 8e décile et le 99e centile sont les perdants de la politique mise en œuvre depuis 2017.

Ou vu de manière inverse, les ménages figurant entre le 20e centile et le 80e centile ainsi que le 1 % des Français les plus riches ont été gagnants.

Les Français les plus modestes ont eu à souffrir de la moindre revalorisation des prestations sociales et notamment de la baisse de 5 euros des Allocation personnelles de logement (APL). Ces ménages ont été également frappés par la hausse des taxes sur le tabac, l’alcool et sur les carburants et le fioul. La diminution d’un certain nombre d’emplois aidés a pu également jouer. Déjà exonérés bien souvent de taxe d’habitation, la suppression de cet impôt décidé par le Gouvernement les concerne peu. 

Ceux qui se situent au milieu de la distribution des revenus ont été les grands gagnants. Ils ont profité de la bascule des charges sociales sur la CSG et du début de la baisse de la taxe d’habitation. L’amélioration de la situation de l’emploi en 2017 a pu également jouer en leur faveur.

Pour les riches mais pas trop, les augmentations d’impôt et le fait qu’ils ne bénéficient pas de la diminution de la taxe d’habitation explique qu’ils aient pu perdre jusqu’à 3 % de revenu disponible en deux ans.

Les 1 % les plus riches profitent à plein de la suppression de l’ISF sur les placements financiers et de l’introduction du Prélèvement Forfaitaire Unique de 30 %.

Les retraités comptent parmi les perdants même s’ils ont pu compenser en partie la hausse de la CSG par la diminution de la taxe d’habitation. Il est à souligner que 40 % des retraités ne sont concernés par le relèvement de la CSG de 1,7 point et que les plus modestes sont exonérés de taxe d’habitation ou qu’ils bénéficient d’un abattement sur cet impôt. En revanche, le gel des pensions et l’augmentation des taxes diverses et variées les touchent évidemment.

Les objectifs recherchés par cette politique fiscale peuvent-ils justifier une baisse de pouvoir d'achat de ces ménages modestes ? Cette perte peut-elle réellement aboutir à un résultat permettant de compenser cette situation pour ces ménages ? 

Le Gouvernement entend favoriser l’emploi. Il privilégie la rémunération du travail à travers par exemple des baisses de cotisations sociales ou par l’exonération des heures supplémentaires (prévue pour 2019). A contrario, il a décidé de désindexer les prestations sociales par rapport à l’inflation, ce qui conduit à peser sur le pouvoir d’achat des 20 % des Français les plus modestes. Au sien de cette population, les prestations sociales représentent la moitié du revenu disponible brut. De ce fait, toute mesure touchant ces prestations a un effet direct sur le niveau de vie de cette partie de la population.

 
Commentaires

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  • Par Anouman - 13/10/2018 - 13:18 - Signaler un abus Pouvoir d'achat

    Depuis Sarkozy ce sont tous les champions du pouvoir d'achat et il continue de baisser, en tous cas pour les cons qui payent des impôts, cotisent et achètent des produits à taxation confiscatoire. Avec Macron on continue la politique des deux précédents, mais en mieux puisque les électeurs lui ont donné une majorité absolue. Les Français veulent de la stabilité politique? Ils en ont et ils l'ont dans le c...

  • Par vangog - 13/10/2018 - 13:26 - Signaler un abus C’est quoi, la « relance du marché de l’emploi »??????

    Le Chômage était toujours en hausse en juillet 2018!!!!! Cat A : +19.300 (+0.6%) Total 3.462.000 Cat B : +20.500 Cat C : -13.600 Cat A+B+C : +26.200 (+0.5%) Total 5.645.200 A+B+C+D+E : +31.200 => 6.253.000 + DROM (+339.000) => 6.592.000 Il doit confondre la France avec les USA, Philippe Crevel...même les analystes ne savent plus où ils habitent ...

  • Par gilbert perrin - 14/10/2018 - 14:38 - Signaler un abus enfin, les français d'en bas, vont ils comprendre ?

    Toutes les promesses de la gauche, et de MACRON ne sont que MENSONGES….Chacun doit savoir que ces gens là, ne pensent qu'à une catégorie de français, à ceux qui bénéficient de tout aux frais des contribuables, la preuve, ils reçoivent leur salaires et leurs pensions payés par l'ETAT, c'est à dire l'argent public !!!!! Leurs salaires, traditionnellement diminuent la ressource de l'état et mensuellement c'est une habitude sont versés grâce à un emprunt… la dette augmente, les pouvoirs de l'état diminuent cependant, les dépenses de l'état augmentent et sont compensés en PERMANENCE par les augmentations de charges et impots….qui pèsent sans retour sur les contribuables et abaissent leur pouvoir d'achat malgré les dires !!! des ménages ??? LE PIRE, c'est que cette politique de la dépense permanente diminue naturellement, la compétitivité des entreprises ??? qui deviennent dans des situations grave pour l'emploi !! En effet que chacun comprenne que dans l'impossibilité de baisse des PRIX de REVIENT, les charges et impots plus lourds en étant la cause : le CHOMAGE NE PEUT QU'AUGMENTER d'autant plus que s'ajoutent aux résultats des entreprises : l'IMMIGRATION ?? NAIFet VRAI , REFLEXION

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Philippe Crevel

Philippe Crevel est économiste, directeur du Cercle de l’Épargne et directeur associé de Lorello Ecodata, société d'études et de conseils en stratégies économiques.

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