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PLF 2018 : pourquoi Bruxelles ne croit pas du tout qu’Emmanuel Macron soit en voie de vaincre l’addiction française à la dépense publique

Depuis son élection, Emmanuel Macron a fait le maximum pour tenter d'améliorer les comptes publics.

Méfiance

Publié le
PLF 2018 : pourquoi Bruxelles ne croit pas du tout qu’Emmanuel Macron soit en voie de vaincre l’addiction française à la dépense publique

Lui d'habitude si habile l'a parfois fait dans des conditions politiquement déplorables. Ainsi, l'opinion demeure marquée par le départ du Général de Villiers ( pour moins de 800 millions de désaccord sur un budget de 32 milliards ) et par l'histoire " croquignolesque " de la baisse de 5 euros des APL à répercuter sur les bailleurs.

Le budget a été adopté hier, en première lecture, à l'Assemblée nationale et il devrait permettre de tenir le seuil des 3% du déficit rapporté au PIB.

Donc, mer d'huile, navigation tranquille et cap droit devant ?

Hélas non, tant le Haut-Conseil des Finances publiques que des informations provenant de Bruxelles démontrent que la trajectoire budgétaire française est imparfaite.

Selon plusieurs sources, il serait difficile d'extirper la France de sa position d'infraction pour cause de déficit excessif selon les termes de la Commission européenne.

L'avis du HCFP 2017-6 du 10 novembre dernier est limpide : l'hypothèse de voir la France être en mesure de présenter un déficit budgétaire à hauteur de 2,9% provient essentiellement de la croissance des recettes fiscales. Autrement dit, le milliard d'euros additionnel de TVA et les quelques centaines de millions de rendement accru de l'impôt sur les sociétés représenteront les deux bouées d'un exercice instable.

D'ailleurs, le Haut-Conseil est affirmatif : " L'ajustement structurel, c'est-à-dire la variation du solde structurel, s'établirait en 2017 à 0,3 point de PIB contre 0,2 point en PLF 2018. Il n'est pas conforme aux règles du Pacte budgétaire européen, qui prévoient un ajustement supérieur à 0,5 point de PIB. "

C'est précisément ce point qui filtre du bureau du Commissaire Moscovici dont il n'est toutefois jamais inutile de rappeler la responsabilité dans le matraquage fiscal du début du quinquennat de François Hollande, lequel Hollande " savait " pour Thomas Thévenoud et ses démêlés avec le fisc avant qu'il ne rejoigne le Gouvernement…

Manifestement cette gauche-là, loin de la rectitude de Mendès-France, adore l'impôt mais pour les autres !

Le HCFP ajoute un peu plus loin dans son avis : " Le chemin à parcourir pour ramener le solde structurel à l'objectif de moyen terme reste important ".

La France va mieux grâce à l'embellie économique qui parcourt l'ensemble du Continent européen. Rien de plus. Rien de mieux.

Tous les analystes concluent sur une tendance haussière de notre dette ce qui est la meilleure preuve du caractère fragile de notre posture.

Pour le HCFP, " Le ratio de la dette publique a progressé de 32 points de PIB au cours des neuf dernières années, passant de 64,3% du PIB en 2007 à 96,3% en 2016. "

Le Haut-Conseil précise que " cette augmentation s'explique pour une grande partie par l'accumulation de déficits primaires et par l'effet boule de neige provenant de la différence entre le taux d'intérêt apparent sur la dette publique et le taux de croissance nominale ". Le chiffre de 97% de dette est hélas devant nous.

 
Commentaires

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  • Par Carl Van Eduine - 23/11/2017 - 07:33 - Signaler un abus Comme d'hab

    Après moi, le déluge. Et pendant ce temps, on augmente le pouvoir d'achat en supprimant de ci delà la taxe d'habitation, l'ISF, et on augmente la CSG chez ces sales riches de retraités en oubliant que la hausse de la TVA, pas plus inégalitaire sur le fond, permettrait au moins de freiner les importations qui nous tuent.

  • Par vangog - 23/11/2017 - 10:04 - Signaler un abus Si vous aviez élu Marine Le Pen...

    les patriotes auraient déjà coupé dans toutes les dépenses inutile: les 35 milliards de la formation professionnelle, les dix milliards de subventions aux associations (il leur resterait 20 milliards subventionnés par les collectivités...suffisant!), le milliard de l’AME, les milliards des agences tout risque, observatoires de l’inutile et grosses commissions, inutiles et surnuméraires ...ah ben! En voilà des milliards.. Oui mais voilà! Vous avez élu le mauvais cheval...

  • Par moneo - 23/11/2017 - 12:03 - Signaler un abus c'est culturel

    Macron veut se réconcilier avec les maires? ce sera un grand banquet républicain fastueux. un maire équipe de tablettes numériques les écoles ,dont il n'a pas le moindre sou ,il répond l'état doit payer Un président de la République peut dire ,sans se faire lyncher , que ça ne coûte rien , l'Etat paie. La mairie de paris va recruter 23 personnes supplémentaire pour s'occuper des JO ,qui doivent nous rapporter des sous ( ne riez pas) Tous les maire pour "sauver leurs commerces '-" le font aux frais des contribuables.Chaque commune exige "son école" même s'il y'a 15 gamins en tout d'âges différents.l l'intercommunalité qui devait faire des économie est un foyer permanent d expansion de dépenses et de dépense redondantes Toute tentative d'économies ,de regroupements sont condamnés par ces myriades associations qui ,elles mêmes ,ne vivent que par nos impôts ,mais bien sûr tout cela nom de nos grands principes. Un pays divisé dont les composantes sont égoïstes ne peut pas s'en sortir en tout cas démocratiquement et si d'aventure la démocratie était renvoyée au poubelles de l'histoire à voir les programmes de remplacement ça peur... pays foutu

  • Par l'enclume - 23/11/2017 - 16:28 - Signaler un abus Toujours aussi aussi cons !!!!!

    La preuve que ces énarques ne comprendront jamais rien à la bonne gestion. Au lieu d'augmenter la CSG de 1,7%, compte tenu de notre déficit commercial 62 milliard, n'auait-il pas été préférable, comme le préconisait Fillon d'augmenter la TVA de 3%. Ces 62 milliards d'importations, auraient générés beaucoup de recettes fiscales, d'autant plus qu'il me semble que les produits de première nécessité, 5% de TVA étaient exclus de l'augmentation.

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Jean-Yves Archer

Jean-Yves Archer est économiste, spécialisé en Finances publiques. Il dirige le cabinet Archer, et a fondé le think tank économique Archer 58 Research.
 
Né en 1958, il est diplômé de Sciences-Po, de l'ENA (promotion de 1985), et est titulaire d'un doctorat en Economie de l'Université Paris-I Panthéon-Sorbonne.

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