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Plan automobile : un plan médiatique et à courte vue qui rend l'avenir de PSA incertain

Dans l'affaire PSA, l’Etat se contente - une fois de plus - de maintenir le secteur automobile sous perfusion, sans chercher à résoudre les problèmes de fond pour améliorer la compétitivité : le coût du travail et la flexibilité.

Editorial

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Plan automobile : un plan médiatique et à courte vue qui rend l'avenir de PSA incertain

Pour le moment, l’Etat se contente de maintenir le secteur automobile sous perfusion sans chercher à voir plus loin que le bout de son nez. Crédit Reuters

Sombres perspectives pour le groupe Peugeot-Citroën. Une fois de plus, les pouvoirs publics ont voulu parer au plus pressé, dans un grand mouvement de gesticulation médiatique orchestré par Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, en faisant miroiter l’avenir brillant de la voiture électrique que l’Etat était décidé à encourager vigoureusement.

Cette annonce intervient au moment même ou malencontreusement Renault indiquait qu’il devait retarder la sortie de son prototype Zoé, en raison de difficultés de mise au point. Au demeurant c’est une perspective ouverte pour le long terme pour une production qui représente moins de 1% de l’ensemble. Ce n’est pas cela qui permettra à PSA de réduire les stocks de voitures classiques accumulés par une surproduction de véhicules en raison de l’impossibilité d’adapter la fabrication à la demande, comme cela se pratique en Allemagne, en raison de  la rigidité  du marché du travail en France.

L’Etat se contente pour l’instant de « maintenir le secteur automobile sous perfusion » constate Guillaume Carou, président du Club des Entrepreneurs, par des mesures gadgets comme le  renouvellement  du bonus malus, ou la commande de films publicitaires à des cinéastes branchés comme Luc Besson, pour restaurer l’image de l’automobile dans l’opinion et tenter de favoriser les ventes. Les plans se succèdent les uns aux autres depuis des années, constituant chaque fois un bol d’air de courte durée, ce qui n’a pas empêché la filière de perdre cent mille emplois en dix ans.

En revanche, rien n’est prévu sur les deux problèmes de fond bien connus pour améliorer la compétitivité : le coût du travail et la flexibilité, toujours absents du discours officiel. Le ministre du Travail, Michel Sapin a bien rappelé le credo  présidentiel : « ce n’est pas au gouvernement  de faire bouger les choses, c’est au dialogue social ».

Autant dire que l’on  va continuer de gérer la crise au jour le jour, en parant au plus pressé, dans l’espoir de faire avaler la pilule de la fermeture de l’usine d’Aulnay, mais sans cohérence de fond, parce que sans la moindre vision  d’avenir.

Pendant ce temps, l’image de Peugeot va continuer de se dégrader comme le reflète son cours de Bourse, tombé en dessous de six euros par action. Une situation qui justifierait une OPA d’un grand groupe étranger, si les 38% de droits de vote que détient la famille ne constituaient pas un obstacle majeur à toute tentative de prise de contrôle hostile. Alors que la surcapacité du secteur automobile est criante en Europe, PSA risque d’apparaître de plus en plus comme le maillon faible dont l’avenir sera de plus en plus incertain, parce que dans ce domaine comme dans bien d’autres, la France est en train de s’isoler du reste du monde par son incapacité à regarder en face les réformes à accomplir pour conserver sa place au sein d’un univers de plus en plus concurrentiel.

 
Commentaires

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  • Par troiscentsalheure - 27/07/2012 - 14:29 - Signaler un abus Démagogie et gabegie

    C'est un plan qui pour l'instant ne profitera qu'à Toyota puisque la Yaris hybride est la seule citadine hybride fabriquée en France. L'attribution d'une prime aux seuls véhicules fabriqués en France n'est pas légale dans la cadre européen actuel.

  • Par raimane - 27/07/2012 - 14:38 - Signaler un abus Boycott automobiles du groupe PSA sur le sol de France ... ...

    « Vous pouvez tromper quelques personnes tout le temps. Vous pouvez tromper tout le monde un certain temps. Mais vous ne pouvez tromper tout le monde tout le temps. » Abraham Lincoln Honte à celui qui interprète comme répréhensible un acte à l'intention innocente mais aux conséquences ambiguës. Son utilisation contemporaine est souvent ironique et souligne au contraire la mauvaise intention de quelqu'un qui feint l’innocence.

  • Par Fonky - 27/07/2012 - 15:22 - Signaler un abus Ah ces oiseaux de mauvaise augure...

    qui savent ce qui va arriver, qui connaissent l'avenir... Ah, ces journalistes donneurs de leçons... Les memes que ceux qui prédisaient l'écroulement des bourses, dès l'arrivée d'Hollande au pouvoir, et toutes sortes de catastrophes... qui n'ont pas eu lieu ...

  • Par letroll - 27/07/2012 - 15:25 - Signaler un abus ça va pas changer grand chose

    je dois changer de véhicule prochainement ( utilisation professionnelle, gros kilométrage ... ) et bien honnêtement , par les temps qui courent ... PSA ça fait pas envie ... rien d'intéressant en occasion ( que du mazout ) et pas question de passer commande d'un véhicule neuf, hors de prix et qui ne me sera jamais livré pour cause de conflit social à l'horizon, de toute façon il n'y a aucun modèle qui fasse vraiment envie

  • Par sheldon - 27/07/2012 - 16:06 - Signaler un abus Mais qui peut se payer un véhicule hybride ?

    Ce plan ne s'adresse u'à une frange très très réduite de la population pouvant se payer un hybrid, ou une électrique (ce qui nécessite une autre voiture à côté) L'effet de l'annonce a déjà fait "pschitt" !

  • Par Whiskybar - 27/07/2012 - 16:56 - Signaler un abus Posons nous la question

    Finalement, deux constructeurs automobiles en France, c'est trop. ça fait des décennies qu'on vend plus rien. Et puis l'interdiction de vendre au Moyen-Orient, ça arrange pas les choses. C'est pertinent ce que je dis ou pas ?

  • Par esteld - 27/07/2012 - 18:47 - Signaler un abus Roulez en Peugeot, gagnez en Peugeot

    Aujourd'hui j'achète plein bal ( heu, avec mes moyens tout de même) des actions PSA. J'ai fait pareil à l'époque de Jacques Calvet puis à nouveau de Jean Martin Foltz. Seul le fisc n'a pas apprécié. J'ai eu droit à 2 redressements fiscaux ( dépassement du seuil de cession d'actions). Cette fois ci j'achète mais en tenant compte des seuils (enfin si ça monte trop , je serai quand même baisé). Comme voiture j'ai une Peugeot et une Citroen ,mais toutes des essence. Je n'ai pas confiance dans le diesel ,qu'il soit français ou allemand.

  • Par esteld - 27/07/2012 - 18:56 - Signaler un abus De retour de courses

    D'écrire le commentaire précédant , m'a rappelé qu'il fallait acheter des actions PSA. C'est fait.

  • Par Salvatore Migondis - 28/07/2012 - 21:56 - Signaler un abus PSA is history..

    Heureusement qu'il nous reste le PSG...!

  • Par chris05 - 29/07/2012 - 11:37 - Signaler un abus Le declin c'est maintenant!

    À la réflexion les problèmes de Peugeot sont ceux de la France et de ses industries. Pourquoi avoir élu des socialistes pour trouver des solutions alors que pour eux les profits sont abusifs et doivent être taxés, les investisseurs d’infâmes capitalistes et les PDG des grandes entreprises des profiteurs avec leur rémunération scandaleuse La pensée de ces socialistes est figée sur une certaine époque et sur certaines idées ou dogmes. Sans se préoccuper de l’état de l’entreprise celle –ci devrait fournir à vie des emplois : on défend l’emploi plus que l’entreprise sans se soucier de la conjoncture économique et sans voir les problèmes. Les Français semblent apprécier l’immobilisme dont font preuve les socialistes contrairement à l’ancien président qui essayait de faire bouger les choses mais cela dérangeait les habitudes prises et cela menaçait évidemment les acquis sociaux. Donc avec le consentement d’une majeure partie de l’opinion les socialistes nous envoient dans une impasse pour percuter le mur du fonds. Le déclin de la France est malheureusement dans les esprits et on ne voit pas qui pourrait l’arreter

  • Par chris05 - 29/07/2012 - 11:37 - Signaler un abus Le declin c'est maintenant!

    À la réflexion les problèmes de Peugeot sont ceux de la France et de ses industries. Pourquoi avoir élu des socialistes pour trouver des solutions alors que pour eux les profits sont abusifs et doivent être taxés, les investisseurs d’infâmes capitalistes et les PDG des grandes entreprises des profiteurs avec leur rémunération scandaleuse La pensée de ces socialistes est figée sur une certaine époque et sur certaines idées ou dogmes. Sans se préoccuper de l’état de l’entreprise celle –ci devrait fournir à vie des emplois : on défend l’emploi plus que l’entreprise sans se soucier de la conjoncture économique et sans voir les problèmes. Les Français semblent apprécier l’immobilisme dont font preuve les socialistes contrairement à l’ancien président qui essayait de faire bouger les choses mais cela dérangeait les habitudes prises et cela menaçait évidemment les acquis sociaux. Donc avec le consentement d’une majeure partie de l’opinion les socialistes nous envoient dans une impasse pour percuter le mur du fonds. Le déclin de la France est malheureusement dans les esprits et on ne voit pas qui pourrait l’arreter

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Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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