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"Plaire, aimer et courir vite" : ça va marcher, avec ou sans récompense à Cannes

Il faudra attendre le 19 mai pour savoir si "Plaire, aimer et courir vite" va figurer en bonne place dans le Palmarès du Festival de Cannes. De toutes manières, ce film sur les années sida a tous les atouts pour être un succès.

Atlanti-culture

Publié le
"Plaire, aimer et courir vite" : ça va marcher, avec ou sans récompense à Cannes

CINEMA 

« Plaire, aimer et courir vite »

de Christophe Honoré

avec Vincent Lacoste, Pierre Deladonchamps et Denis Podalydes.

RECOMMANDATION

EXCELLENT

THEME

 A Rennes, au début des années 90… Arthur (Vincent Lacoste), un jeune gay pas encore complètement assumé, traÏne sa jeunesse estudiantine entre, le jour, une charmante petite amie qu’il n’arrive pas à satisfaire, et la nuit, des étreintes masculines aussi intenses que sans lendemain. Une rencontre fortuite va faire basculer sa vie. Un soir, dans la pénombre d’un cinéma, il croise Jacques, de vingt ans son ainé, un brillant écrivain parisien, à la fois profond et dandy, (Pierre Deladonchamps). Les deux hommes vont instantanément se plaire.

Intellectuellement et charnellement. Mais Jacques ayant le sida, les deux amants vont devoir ne pas perdre de temps…

Entre la distance qui les sépare, le poids de leur vie privée respective- Jacques a la charge d’un enfant et d’un ex-amant malade, Arthur, celui du job qui lui permet de gagner sa vie- leur histoire va se révéler très compliquée à vivre, passionnante à suivre…

POINTS FORTS

- Le scénario : il s’agit ici d’une chronique homosexuelle située au plus fort de l’épidémie de sida, avant la découverte de la trithérapie.  Encore ! diront peut-être ceux qui ont vu l’année dernière 120 battements par minute de Robin Campillo. Oui, sauf qu’ici, on n’est pas du tout dans un film militant. On est dans le récit d’une « romance » entre deux êtres, dont on sait qu’elle va (mal) finir puisque l’un des deux amoureux  est atteint d’une maladie alors encore mortelle.

- Le ton du film est très singulier, qui dégage une palette d’émotions inouïes, mais toute en subtilité. Il n’y a rien de rageur, de sordide ou de brutal, dans ce Plaire, aimer et… A travers le quotidien de ces deux amants que de nombreux éléments séparent (l’âge, la distance géographique, l’état de santé, la situation personnelle), se  distillent au contraire de beaux sentiments, de la compassion, de la tendresse et surtout beaucoup d’amour.

- On a beau être au cœur d’un drame, la comédie affleure sans cesse, même dans les scènes les plus « osées » ou les plus crues. La « faute » en revient à la finesse des dialogues, très écrits, très intelligents de Christophe Honoré, qui ne s’englue ici dans aucune situation. Le réalisateur  est indéniablement un écrivain qui n’oublie jamais de l’être, même quand il se fait cinéaste. Tous ses personnages ont de l’esprit, ce qui leur donne à la fois du poids, de la grâce  de l’humour et de la légèreté.

- L’évocation des années 90 est très réussie, jusque dans le choix de musiques.

- La distribution est parfaite. Pierre Deladonchamps compose un Jacques très inspiré et très complexe, à la fois physique, désinvolte, ironique, blessé, tendre, égoïste aussi, par moments. Vincent Lacoste (meilleur à chaque film) lui oppose un Arthur à fleur de peau, juvénile, gauche mais hardi, jusque dans sa maladresse. En fidèle voisin-ami de Jacques, aussi fidèle que désabusé, Denis Podalydès est parfait lui aussi d’ironie tendre et compassionnelle.

 
Commentaires

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  • Par aristide41 - 16/05/2018 - 14:03 - Signaler un abus Affiche

    Chacun ses goûts mais l'affiche ne me plaît pas du tout. Ce sera certainement sans moi.

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Dominique Poncet pour Culture-Tops

Dominique Poncet est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

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