Atlantico: L'univers des réseaux sociaux compte un dernier né, Pheed, un site d'échange, de partages de vidéos et autres humeurs: de quoi se demander s'il s'agit ou non d'une pâle copie de Twitter ou d'une véritable nouveauté ?
Florence Legrand : Depuis l’avènement de Facebook, et dans une moindre mesure de Twitter, de nombreux réseaux sociaux ont pris place sur la Toile, qu'il s'agisse de sites basés sur la publication de photos (Instagram, Pinterest) ou de réseaux communautaires proches de Facebook comme Google +. Certains débarquent donc avec une proposition différente susceptible de séduire les internautes. L'émergence d'un nouveau réseau social arrive soit par le buzz soit parce qu'il y a nouveauté. Quand les deux éléments interagissent, c'est mieux. C’est le cas de Pheed : le buzz parce que de nombreux people y sont, et la nouveauté par le fait de pouvoir monétiser son contenu, d'une part, et donc de pouvoir proposer/voir du contenu de qualité, d'autre part. Et puis, Pheed permet de poster des vidéos en live, et cela représente un intérêt commun : les "followers" vont pouvoir profiter de ces directs quand ceux qui les publient vont pouvoir en retirer de l'argent. Après, il existe entre Facebook, Twitter et Pheed de nombreux points communs : normal, tous trois sont des sites communautaires.
Certains célébrités ont déjà pris le site d'assaut (Guetta, Chris Brown, etc.) en ouvrant un compte et en le monétisant: pouvez vous nous en dire plus sur ce concept?
Il s'agit pour les people mais aussi pour les blogueurs, journalistes, spécialistes d'un nouveau canal de communication, d'une nouvelle vitrine. Pourquoi ne pas s'en servir ? Les noms de people attirent les internautes, et l'arrivée en masse d'internautes attirera plus de people. Enfin, dans un monde idéal. Mais on est encore loin de ce cercle vertueux et il n'est clairement pas dit que Pheed parvienne à déstabiliser les grands du secteur, Facebook en tête. D'ailleurs, ce n'est certainement pas à l'heure actuelle son ambition, qui est, finalement, plus de proposer aux internautes un nouveau concept assez innovant (à lire aussi ici).
C'est une bonne stratégie marketing de miser sur un modèle payant? Sommes nous prêts à l'accepter alors que tout le reste est gratuit?
Depuis que le Net a été investi en masse par le grand public, nombreux sont les sites et autres plates-formes de contenu à chercher la bonne façon de rentabiliser, de monétiser au mieux leur travail. Le modèle payant, déjà testé notamment par la presse en ligne, peut être l'une des solutions efficaces pour gagner de l'argent. A condition que le contenu payant publié soit de qualité et/ou exclusif. Les people n'ont clairement aucun intérêt à monétiser leur contenu sur Pheed, cela ne leur rapportera pas grand-chose comparé à ce qu'elles gagnent ailleurs, mais ce peut être une très bonne opportunité en termes de communication pour eux d'avoir un espace privé où ils proposent à leur communauté la plus proche des contenus inédits ou des points de vue intéressants, dans le cas de journalistes, blogueurs... Après, pour des personnes "lambdas", la donne change : difficile de monétiser une page où l'on ne lit que des banalités. Payer pour de l'exclusif, pourquoi pas ? Encore une fois, à condition que la qualité soit au rendez-vous. Pour Pheed, c'est l'occasion de se démarquer, mais ils avancent dans le même temps une promesse (payez, vous aurez du contenu de qualité) qu'ils ont tout intérêt à tenir s'ils veulent être crédible rapidement.
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Le contribuable français aura autre chose à faire de son argent qu'à payer des services qui ne servent à rien et qui de toute façon seront gratuits ailleurs because concurrence.