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Les pharmaciens font-ils encore leur travail ?

Michel-Edouard Leclerc relance la bataille de la vente de médicaments dans les supermarchés. Les pharmaciens résistent. Le monopole de vente dans les officines est-il à jeter ou à sauver ?

Monopole

Publié le

Atlantico : Le groupe Leclerc relance son offensive contre le monopole des pharmaciens dans la vente de médicaments. Qu'est-ce qui justifie la défense acharnée de ce monopole par les officines ? Pourquoi une enseigne de grande distribution, ne pourrait pas vendre des médicaments, en employant même des pharmaciens ?

Mathieu Escot : Pour le dire clairement, les pharmaciens veulent protéger une rente, celle du médicament en automédication, celui que l'on peut acheter sans ordonnance. Sur ce type de produit, ceux que Leclerc veut pouvoir vendre, la marge représente le double de celle des médicaments remboursables.

Or, les consommateurs français n'ont pas naturellement le réflexe de faire jouer la concurrence entre les pharmacies. D'ailleurs depuis 2003 les pharmaciens doivent obligatoirement afficher dans leurs officines que le prix de ces médicaments est libre. Nous avons fait une étude en 2012 qui portait sur 650 pharmacies, et seules 11 % mentionnaient explicitement cette information. 

Il est fréquent aujourd'hui pour un client d'acheter un médicament sans ordonnance dans une pharmacie sans que le pharmacien ne lui pose de questions particulières. Pensez-vous vraiment que les justifications couramment utilisées pour conserver le monopole (un meilleur encadrement par un professionnel de santé de la vente d'un médicament) sont conformes à la réalité du terrain ?

Non, le conseil en pharmacie n'est vraiment pas fameux. Durant l'étude que nous avons menée en 2012 auprès de 650 pharmacies, nous avons fait une expérience. En nous faisant passer pour un client classique, nous avons demandé pour le même achat deux médicaments, l'aspirine et l'ibuprofène, dont tous les pharmaciens savent qu'il ne faut jamais les prendre ensemble. Nous voulions vérifier si le professionnels nous mettraient bien en garde. Et bien seul un pharmacien sur deux, sur les 650 de l'échantillon, nous prévient de l'incompatibilité de ces deux médicaments. L'autre moitié nous a vendu ces deux produits sans aucun conseil, aussi simplement que si vous alliez acheter le journal.

L'argument de l'encadrement par un professionnel de l'achat d'un médicament n'est donc pas pertinent. Rien n'empêche en outre de permettre la vente des médicaments sans ordonnance dans les grandes surfaces en obligeant cependant que cela soit dans un espace dédié, avec des vendeurs qui soient des pharmaciens. C'est d'ailleurs ce que nous souhaitons. Côté encadrement, ce ne sera pas forcément mieux que la situation actuelle dans les pharmacies, mais ça ne pourra pas être pire non plus.

Même si le monopole des pharmaciens est injustifié, est-ce forcément une bonne idée de multiplier les points de vente dans un pays qui est déjà l'un des plus gros consommateurs mondial de médicaments ?

La surconsommation française de médicaments ne vient pas de l'automédication, la France est même plutôt en retrait dans ce domaine. L'explication est plutôt à chercher dans le bon niveau de remboursement des frais médicaux en France, qui pousse à l'achat de médicaments. La consommation excessive reste cependant un problème, je pense donc qu'il ne faut pas empêcher les grandes surfaces de vendre des médicaments, mais plutôt en interdire la publicité et mettre en place un système d'étiquetage un peu comme sur les paquets de cigarettes, pour bien rappeler que les médicaments sont des substances actives et ne sont pas des produits anodins. Aujourd'hui on sanctuarise la vente dans les seules pharmacies alors que l'information y est légère, il faudrait mieux libéraliser l'accès aux médicaments en insistant sur l'information justement.

Entre cette nouvelle offensive pour vendre des médicaments dans la grande distribution, et la vente déjà existante de médicaments en ligne, le modèle classique du monopole des pharmacies n'est-il pas obsolète ? Correspond-il toujours aux attentes des patients, notamment de ceux qui sont habitués à l'automédication ? 

Des attentes pour d'autres formes de médication existent maintenant. Et quand on voit l'essor que prend la vente de médicaments sur Internet, ne pas vouloir en vendre dans la grande distribution n'a plus de sens. Libéraliser la vente apporterait aussi un vrai gain économique en faisant baisser le prix des médicaments : une étude a montré que l'ensemble des économies pour les consommateurs représenterait 270 millions d'euros, et que le budget alloué par chaque Français à son automédication baisserait de 16 % par an. Il ne s'agit pas de dénigrer la totalité du modèle, les officines restent encore utiles. Nous voulons la fin du monopole des pharmacies, mais pas la fin des pharmaciens.

 

 
Commentaires

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  • Par Vinas Veritas - 16/02/2013 - 10:00 - Signaler un abus Vente des médicaments

    Premièrement, il n'est pas si rare que le client ne soit pas servi par un NON-pharmacien au comptoir. Deuxièmement, Plus le personnel salarié est diplômé, plus le 'Pharmacien Titulaire' de l'officine va mettre la pression pour un service rapide qui rapporte. la raison est (réelle) que le conseil est gratuit donc n'apporte rien à l'entreprise. Le système Français de gestion des pharmacies n'est pas efficace et rien ne vient corriger le concept car, si tous les gouvernants considèrent que le médicament ne doit faire l'objet de commerce, aucun n'envisage un autre mode de distribution. Il est aberrant de considérer les pharmaciens comme des professions LIBERALES qui exercent une activité COMMERCIALE.

  • Par vangog - 16/02/2013 - 11:08 - Signaler un abus Que ceux qui n'y connaissent rien, nous épargnent leurs

    commentaires foireux! Les propos de ce Escot sont typiques d'un Enarque "vague rose" ou "promotion Voltaire", pour qui la Liberté des prix n'est qu'une exception et doit être "obligatoirement" signalée, dans un pays autrefois "libre" (Sic)... Les Pharmacie sont dans un secteur hyper-reglementé, voire stalinien, depuis 30 ans, qui leur impose de plus en plus de contraintes et de moins en moins de droits! Le prix des médicaments (soit 75 à 80% du CA)est fixé au plus bas par ce système Stalinien et ne cesse de baisser (environ le quart du prix marchand "normal" des médicaments Européens...) Autres contraintes; les règles d'implantation des Pharmacies que fixe l'état et qu'il détricote au gré de son incapacité à résoudre le déficit de la Sécu! Ainsi le poiitburo a décidé que 4000 Pharmacie devaient disparaitre très rapidement, sans aucun égard pour ses salariés et pour les emprunts très lourds des Pharmacies qui ne cessent de se dévaloriser! Ceci sera réalisé par une baisse autoritaire des marges du Mdc! Mais ces mesures autoritaires sont tellement efficaces que le déficit de la Sécu est " presque" résolu, comme le savent les moutons bêlants et très mal informés français...

  • Par Anemone - 16/02/2013 - 11:32 - Signaler un abus les pharmaciens veulent protéger une rente

    Quelques chiffres : - 1 pharmacie ferme tous les 3 jours. - Le bénéfice brut est de 17% environ. - les frais généraux augmentent - les taxes augmentent - la partie administrative augmente - les remboursement de tiers payants se font de + en + tard ----- Et...ce qui serait sympa de trouver dans toutes les autres entreprises, y compris chez Leclerc, les pharmaciens sont obligés d'embaucher du personnel à chaque augmentation de tranche de Chiffre d'affaires, quelque soit leur bénéfice. sans compter l'obligation de présence, le contrôle de toutes les prescriptions... Que ceux qui font des commentaires, tel ce journaliste fasse un stage dans une officine de Pharmacie avant de faire ce genre d'article à l'emporte pièce. Leclerc n'est pas un saint humaniste. Et il m'étonnerait qu'il veuille embaucher du personnel qualifié à chaque fois que son CA augmente. 6 ans minimum après le BAC, un concours, une thèse, des emprunts et des contraintes et des responsabilités dont peut voudraient (d'ailleurs, malgré l'augmentation du Numérus Clausus, il y a une diminution des inscriptions en fac) : mais bien sur, c'est préserver une rente?

  • Par guigou - 16/02/2013 - 11:52 - Signaler un abus Les pharmaciens sont dans le besoin

    C'est bien connu, les pharmaciens sont des précaires. Le X5 de mon précédent pharmacien et le Q5 de mon actuel en attestent... Parlons du conseil, je suis obligé d'aller dans une pharmacie hors de ma ville car dans celle de ma ville, ils se croient obligés de me poser des questions sur les prescriptions de mon médecin devant les autres clients. Mes fonctions font que je suis connu localement et je ne souhaite pas étaler mes soucis de santé publiquement. Mon médecin sait ce qu'il fait et une préparatrice n'a pas à me questionner pour vérifier sa prescription. @Anémone : je salue le sérieux de cette profession. Mon épouse voulait faire préparatrice il y a une dizaine d'années. A son premier stage, le pharmacien lui ouvrait la boutique en peignoir à 8h, allait se recoucher et descendait vers 11h pour aller compter sa caisse. Quel abnégation, ce métier est vraiment un sacerdoce !

  • Par Vinas Veritas - 16/02/2013 - 12:32 - Signaler un abus @ guigou

    Je ne vais pas vous contredire car, hélas, ce genre existe bien trop souvent. Vous n'avez pas affaire à un Pharmacien qui fait son boulot mais un affairiste. j'ai été bien trop souvent viré pour faire ce travail qui consiste à vérifier 'l'innocuité' des traitements prescrits par les médecins qui connaissent trop peu ce qu'est un médicament, TOXIQUE par nature. le vrai contrôle demande du temps et des connaissances approfondies et ne peut se faire sans questionnement. Il est vrai que la démarche a trop longtemps été je gagne peu mais je vais faire du financier et accumuler du capital réalisé lors de la revente. Je vous concède que les pharmaciens ont usé de cet outil avec l'aval des banques et autres cabinets de cession. Mais ces dérives sont hélas dues à l'absence de prise en compte de ce qu'est la vraie réalité d'une délivrance saine des médicaments hors de la simple vision purement commerciale car il est indécent d'une part et absurde d'autre part de lier les revenus à la délivrance sans aucun sens du vrai travail intellectuel qui est le coeur de la sécurité (relative car il n'existe aucun absolu) des délivrances.

  • Par Vinas Veritas - 16/02/2013 - 12:43 - Signaler un abus suite

    les scandales concernant la santé ne sont que le sommet de la partie émergeante de cet iceberg. on tape à fond sur l'industrie qui propose des médicaments aux médecins avec l'aval des autorités qui sont celles qui les ont autorisés. L'industrie travaile comme toute entreprise pour faire des bénéfices et la production/vente des médicaments n'est que le moyen. 10 années au moins sinon 15, 20 sont nécessaires pour aboutir à ces petites boites que les gens veulent à "tout" prix pourvu qu'il soit le plus faible possible avec l'accès le plus facile tant qu'il n'y a pas de problème. Les contraceptifs actuellement tant décriés sont demandés pour le confort : 'j'ai l'habitude'. Les dépannages sans prescription ont été légion avec absence de consultation, absence d'analyse, absence d'acceptation des conseils des vrais pharmaciens parce que ce n'est pas "remboursé". j'ai, il est vrai dépanné en l'absence d'une prescription en cours mais ces dames continuent à redemander sans vérification du bien-fondé de leur médecin. Que dire du médecin, il engage sa propre responsabilité, qui renouvelle la prescription sans autre forme que sa signature ce que le pharmacien ne peut honnêtement déceler ?

  • Par vangog - 16/02/2013 - 13:23 - Signaler un abus @ Vinas Veritas et guigou Vous racontez sans savoir!

    ...à l'image de ces journalistes ou de ces associations de consommateurs qui parlent d'un métier sans faire d'enquête approfondie et qui se contentent de venir piéger leurs interlocuteurs avec des petits scénarios concoctés par des provocateurs foireux. Sans vouloir démonter tous vos arguments, car il faudrait plusieurs posts, sachez simplement que la présence du Pharmacien est nécessaire pour contrôler la délivrance des mdcts, mais elle n'est pas obligatoire car il existe d'autres métiers compétents, préparatrices, apprenties etc... Se mettre à plusieurs et multiplier les posts et les arguments faux est typique d'une propagande que l'on croyait révolue, mais il est vrai que certains Français cherchent désespérément des boucs-émissaires à la frustration qu'ils éprouvent, après avoir voté Flamby... Ils sont le symbole d'une France archaïque et intolérante qui disparaitront probablement avec le tissu de PME qu'ils souhaitent assassiner...

  • Par jlbaty - 16/02/2013 - 13:45 - Signaler un abus Le nombre de pharmaciens

    Le nombre de pharmaciens n'est pas lié à l' activité d'une pharmacie. C' est pas difficile de comprendre que le pharmacien d' une pharmacie de centre commercial qui a un énorme débit n'aura pas le même travail que le pharmacien de quartier. Celui du centre commerciale va passer son temps à négocier les volumes avec les labos ou grossistes et faire du management .Le pharmacien de quartier serra plus prêt de sa clientèle

  • Par vangog - 16/02/2013 - 14:52 - Signaler un abus Si, Si Jbaty, qui parle aussi sans savoir... Le nombre de

    Pharmaciens est intimement lié au chiffre d'affaire d'une pharmacie! c'est une des contraintes imposées par la loi... Et le CA d'une Pharmacie est en majorité lié à son activité non rentable, la vente de médicaments vignettés, celle dont Leclerc ne veut absolument pas... car la seule activité que veut Leclerc, c'est l'activité rentable, la vente de Para-Pharmacie et la vente de conseil OTC et les journaleux, qui font mal leur travail, oublient de dire que si cette vente échappait aux Pharmacies pour aller vers la grande distribution, non seulement la moitié d'entre elles périraient dans les 48 heures, mais le prix du médicament vignetté devrait retrouver son prix "de marché" et être multiplié par trois ou quatre, coulant inexorablement notre système de SS déjà bien mal en point! Seuls seraient contents Leclerc, les con-sommateurs qui penseront niaisement y avoir gagné quelques centimes et les benêts gauchistes...

  • Par Anemone - 16/02/2013 - 15:51 - Signaler un abus @Vangog 1

    "la présence du Pharmacien est nécessaire pour contrôler la délivrance des mdcts, mais elle n'est pas obligatoire "Ben si"! Art R. 4235-13 L’exercice personnel auquel est tenu le pharmacien consiste pour celui-ci à exécuter lui-même les actes professionnels ou à en surveiller attentivement l’exécution s’il ne les accomplit pas lui-même. Art R. 4235-50 Aucun pharmacien ne peut maintenir une officine ouverte, ou une pharmacie à usage intérieur en fonctionnement, s’il n’est pas en mesure d’exercer personnellement ou s’il ne se fait pas effectivement et régulièrement remplacer.

  • Par Anemone - 16/02/2013 - 15:52 - Signaler un abus Vangog 2

    Art R. 4235-48 Le pharmacien doit assurer dans son intégralité l’acte de dispensation du médicament, associant à sa délivrance : 1º L’analyse pharmaceutique de l’ordonnance médicale si elle existe ; 2º La préparation éventuelle des doses à administrer ; 3º La mise à disposition des informations et les conseils nécessaires au bon usage du médicament. Il a un devoir particulier de conseil lorsqu’il est amené à délivrer un médicament qui ne requiert pas une prescription médicale. Il doit, par des conseils appropriés et dans le domaine de ses compétences, participer au soutien apporté au patient

  • Par Anemone - 16/02/2013 - 15:53 - Signaler un abus @Vangog3

    Art R. 4235-55 L’organisation de l’officine ou de la pharmacie à usage intérieur doit assurer la qualité de tous les actes qui y sont pratiqués. Le pharmacien veille à ce que le public ne puisse accéder directement aux médicaments et à ce que ceux-ci soient dispensés avec la discrétion que requiert le respect du secret professionnel. Toutefois, le pharmacien titulaire ou le pharmacien gérant une officine peut rendre directement accessibles au public les médicaments de médication officinale mentionnés à l’article R. 5121-202. Ces médicaments doivent être présentés dans un espace dédié, clairement identifié et situé à proximité immédiate des postes de dispensation des médicaments et d’alimentation du dossier pharmaceutique mentionné à l’article L. 161-36-4-2 du code de la sécurité sociale, de façon à permettre un contrôle effectif du pharmacien. Ce dernier met à la disposition du public les informations émanant des autorités de santé relatives au bon usage des médicaments de médication officinale.

  • Par Anemone - 16/02/2013 - 16:06 - Signaler un abus @Vangog en réponse à 14h52

    Le nombre de Pharmaciens est intimement lié au chiffre d'affaire d'une pharmacie! c'est une des contraintes imposées par la loi... Là vous avez parfaitement raison! Ainsi que sur le reste de votre commentaire. Une commentatrice qui a eu une officine dans une vie antérieure...qui est ravie de ne plus en avoir, et ne voudrait surtout pas qu'on lui en propose une, même gratuite! Et qui sait de quoi elle parle!

  • Par vangog - 16/02/2013 - 16:47 - Signaler un abus @Redmonde c'est tellement gentil de votre part d'avoir ressorti

    le CSP!... Je suis d'accord avec vous, mais je voulais simplement dire que si la présence du ou des Pharmaciens assistants est indispensable dans l'officine, elle n'est pas obligatoire pour la délivrance au comptoir qui est faite par d'autres personnels, sous le contrôle du Pharmacien. Pour ceux qui s'offusqueraient que le Pharmacien ne soit pas toujours présent au comptoir, rappelons la lourdeur des tâches administratives, en plus des tâches de management et de gestion, dévolues au Pharmacien titulaire, pour une économie de l'officine en chute libre qui, elle, ne peut ni délocaliser ni externaliser ces tâches dans des pays à bas coûts de main d'oeuvre....

  • Par vangog - 16/02/2013 - 16:53 - Signaler un abus @anemone je voulais dire anemone, bien-sur!

    Redmonde, c'est sur un autre post...

  • Par vangog - 16/02/2013 - 16:53 - Signaler un abus @anemone je voulais dire anemone, bien-sur!

    Redmonde, c'est sur un autre post...

  • Par Vinas Veritas - 16/02/2013 - 19:46 - Signaler un abus @ vangog

    vous me demandez d'aller vérifier ce que je poste mais, mon pôvre, j'ai travaillé comme pharmacien d'officine depuis 1982 et maintenant que j'ai attent l'age respectable de 50 ans, je suis trop vieux (cout du salaire) pour Paris = équipes jeunes et dynamiques. l'obliqgation est que toute délivrance, avec ou sans ordonnance soit au minimum vérifiée, ce qui hélas n'est pas le cas partout. les posts d'Anémone vous confirment mes affirmations. La pharmacie est un domaine encore plus mal connu que la Médecine et tout le monde nous prend pour des commerçants tenus de vendre à la moindre demande. Mettez les médicaments en vente libre, totalement libre, et vous allez très vite régler le problème des retraites. La vie est un jeu mortel, d'accord. Mais de la à permettre à tout un chacun de se suicider dans l'allégresse est une idée qui me dépasse. autant annuler aussi le code de la route et permettre à chacun de rouler comme il l'entend. les vélos le font déjà dans les grandes villes, il faut l'étendre à tous.

  • Par vangog - 16/02/2013 - 22:20 - Signaler un abus @Vinas veritas Oui, vous êtes Pharmacien, vous l'aviez déjà

    écrit dans votre premier post, et je connais aussi le CSP, mais le fait d'être Pharmacien n'éclaire pas obligatoirement votre jugement: Malgré les contraintes imposées par les impératifs de santé publique, on ne pourra pas éluder longtemps la question posée actuellement, qui n'est pas celle de la vente libre des médicaments tous confondus, mais celle de la vente des médicaments sans ordonnance, la seule rentable pour e. Leclerc ou pour un site internet. Un médicament vendu sur internet sur deux est une contrefaçon, et on ne parle plus de substitution du boeuf par du cheval! La vente de médicaments sur Internet vient d'être autorisée par le gouvernement... On ne pourra pas éluder cette question car, malgre toutes les mesures autoritaires imposées aux professions de santé, le déficit de la Sécu ne cesse de se multiplier, et le lobbying de Leclerc trouvera bientôt une oreille complaisante chez ces Socialistes qui y verront l'opportunité de résoudre (provisoirement) leur problème chronique de déficit... Ces tristes sires préfèreront sans doute hâter la mort programmée de 4000 Pharmacies, en transférant la vente de Médication Familiale à la grande distribution.

  • Par jlbaty - 16/02/2013 - 23:18 - Signaler un abus vangog faux

    '' sous le contrôle du Pharmacien.'',La grosse blague il faut arrêter de prendre les gens pour des con svp .Les pharmaciens sont des épiciers point barre Dés qu' on leur donne des prescriptions en dehors des chemins battus , c' est la panique Leur boulot négocier les ristournes mettre en concurrence grossistes avec les labos , vendre les nouveaux conditionnement hors sécu ,( prix x 4 ) . Et le pompon final quand on les énerve trop '' Nous sommes Docteur '' Se comparer aux médecins ils n' ont peur de rien.

  • Par Vinas Veritas - 16/02/2013 - 23:31 - Signaler un abus @ jbaty

    toi t'as raison ! soigne toi avec ce que tu veux, comme tu veux et achete ce qui te plais avale comme tu le sens tout et n'importe quoi. Au moins tu ne va pas gréver le financement des retraites et les prochaines municipales ne sont même plus ton souci par contre réserve vite un carré au Père Lachaise ou autre lieu calme.

  • Par vangog - 17/02/2013 - 01:00 - Signaler un abus @jbaty le Daflon boîte de 60 se trouve a 12,90 Euros en moyenne

    Combien coutait-il avant d'être deremboursé? Je ne me souviens plus, mais certainement pas 4 fois moins! Comme je l'expliquais auparavant, la seule possibilité pour les officines d'être un minimum rentables, est de vendre ces médicaments dits"conseils", maintenant délivrés en accès libre, à leur prix de marché réel, qui n'était pas le prix fixé par la Sécu avant d'être deremboursé, et qui, lui, n'était pas rentable... Il existe un espèce d'accord tacite entre Sécu et officines, qui consiste à garder le prix des médicaments français au plus bas ( et pour nombre d'entre eux, ce prix diminue régulièrement...)afin de ne pas couler la SS, contrepartie étant laissée aux Pharmaciens d'équilibrer l'économie de leur officine grâce à la médication familiale et la para. Ce système pervers n'a pas été décidé par les Pharmaciens, mais leur a été imposé par l'incurie de la Sécu qui diminue les remboursements, actes, nomenclatures de toutes les professions médicales depuis trente ans, sans parvenir a s'équilibrer! Ce système est "déjà mort" et ne survivra pas au Socialisme... Mais je reconnais que pour un consommateur très mal informé par une Presse d"opinion", voire "idéologique", cela perturbe.

  • Par Vinas Veritas - 17/02/2013 - 09:02 - Signaler un abus prix et marges

    pour les grands connaisseurs de l'économie d'une pharmacie, les médicaments prix libre sont revendus en appliquant en général un coefficiant multiplicateur de 1.56. Le remboursable est taxé à 2.10% tandis que l'autre l'est à 5.5 et le non médicament à 20.6 (coef de 1.96). qui donc se goinfre ? l'industrie ou le détaillant ? essayez de comparer ces chiffres avec le commerce de vêtements ou autres articles qui arrivent à proposer du 70% de remise sans vendre à perte. ces affiches avec des taux de 50% et plus qui fleurissent sur les vitrines ne vous choquent pas. les pharmacies se raréfient en dehors de grandes métropoles, leur assise financière de survie est asphyixiée et le gouvernement n'a rien trouvé de mieux que d'ouvrir la porte du circuit internet pour accelerer l'hécatombe. comme toujours ce sont les plus fragiles qui vont tomber mais là les plus fragiles sont ceux qui font leur métier consciencieusement c'est à dire avec la rémunération du travail libéral egale à 0 je dis bien zéro. ensuite, on va se plaindre de la désertification de la France. la première erreur grave a tout de même été de permettre la concurrence ouverte sue les prix du médicament pour en "baisser" le prix.

  • Par Vinas Veritas - 17/02/2013 - 10:55 - Signaler un abus Profession inutile

    Un prix récompense chaque année les pharmacies pour leur action thérapeutique ayant contribué à empêcher un accident grave. 500 dossiers sont déposés chaque année. Derrière ce nombre, il faut y voir qu’une équipe a pris le temps de documenter les recherches, les prises de contact et les décisions qui ont conduit à cette prévention. Cela représente environ 2 accidents graves par semaine évités par les équipes des pharmacies. Mais combien d’accidents sont évités qui restent inconnus ? C’est comme le nombre des feux rouges franchis : peu de franchissements ne conduisent pas au procès-verbal (écrit) et encore moins à un accident dont bien peu sont mortels ; heureusement d’ailleurs car vu le nombre de ces erreurs de conduite, nous aurions plus d’1 mort par minute si chaque feu rouge grillé tue une personne.

  • Par Vinas Veritas - 17/02/2013 - 10:56 - Signaler un abus suite

    Pour en revenir aux pharmaciens qui font leur travail de sécurisation, ils sont malgré tout nombreux à le faire gratuitement et en tout simplicité de l’anonymat. Lorsqu’on évite un accident, personne ne sait ce qui aurait pu réellement arriver. Les Français aiment leur pharmacien mais abhorrent les pharmaciens en général, tout le contraire des étrangers qui nous visitent et nous trouvent extraordinaires. Bien que lourdement abimé du dos par les années à continuellement se baisser pour imprimer ces documents nécessaires au remboursement des soins, j’affirme aimer ce métier. Je suis encore et toujours en contact fréquent et parfois quotidien avec des personnes qui continuent à me faire confiance à travers le monde et me demande conseil à moi, pharmacien Français. Ces personnes sont aisées, très aisées et même plus mais elles admirent ce professionnalisme qui nous caractérise lorsqu’on s’en donne la peine. Leurs petits et grand secrets sont partagés mais cela reste dans le secret de l’intimité partagée. Combien de magazines people avides de sensationnel seraient heureux que nous leur dévoilions cela. Si c’était le cas, je serais très riche de me dévoyer vers ces rapaces du scandale.

  • Par jlbaty - 17/02/2013 - 13:06 - Signaler un abus compétence dilué entre les intervenants

    Les pharmaciens n' ont pas l' exclusivité du controle des ordonnances il est n' est pas rare que les infirmiers dernier maillon de la chaine relevent des erreurs entres par exemple des corticoides injectables remplacés par des corticoides destinés aux infiltrations ,ou bien des traitements hormonaux avec confusion entre 2 molécules a effets antagonistes, idem pour les erreurs de concentrations entre les solutés iso toniques et hypertoniques ( mortels) etc etc Depuis des annés aucune plainte n' est relevé chez les assureurs envers les infirmiers concernant des injections de produits dangereux. Le pompom pour conclure, l' incompétence d'un pharmacien concernant un appareil electroantalgique qu'il vient de vendre'' pour l' utilisation appelez un infirmier pour la mise en route '' dit il.

  • Par jlbaty - 17/02/2013 - 14:06 - Signaler un abus relativité

    Parlons euros Revenu moyen/mensuel hors impots 8000 euros Pharmacie de centres commerciaux 20 000 euros de revenu /mensuel Certaines pharmacies ferment ou se retrouvent sous tutelles des grossistes, si on plonge le nez dans les comptes on s' aperçoit que les propriétaires se retiennent des revenus non compatibles avecl e chiffre d' affaire ceci pour maintenir un niveau de vie sans rapport avec l' activité de l officine ,en effet c' est très difficile de vivre avec moins de 8000 euros mensuel

  • Par Vinas Veritas - 17/02/2013 - 14:06 - Signaler un abus @ jbaty

    bien sur, là vous avez parfaitement raison et si vous relisez l'ensemble de mes posts sur ma profession, vous pouvez constater que j'ai une dent très dure pour mes "con frères" qui se comportent comme des incomPétants notoires et qui devraient ne plus avoir droit à exercer. j'ai été viré - très salement - par un pharmacien qui venait de reprendre la pharmacie et qui a TUE l'une des patientes. la raison invoquée a été l'absence inacceptable de son adjoint - arrêté par le médecin du travail (pour agression physique) pendant 3 mois. croyez-moi quand j'abonde dans votre témoignage qui ne me surprend, hélas, pas du tout.

  • Par Anemone - 17/02/2013 - 15:11 - Signaler un abus un dernier commentaire avant d'aller cultiver mon jardin

    "Et le pompon final quand on les énerve trop '' Nous sommes Docteur '' Se comparer aux médecins ils n' ont peur de rien." ---> j'ai une amie, qui se dit Docteur (et qui l'est!)...en histoire de l'art! Elle n'e se compare pas à 1 médecin. ;-) A part ça, je travaille (entre autres, la pharmacie mène tout à condition d'en sortir), sur le circuit du mdt et sa sécurisation. Alors, votre com de 13h06 du 17, m'amuserait, s'il n'était pas si triste. Des erreurs il y en a à la prescription (fréquent++), à la validation ( moins fréquent, mais parfois, les yeux se brouillent, c'est vrai), à la dispensation (dosages, formes, noms, boitages semblables...), à l'administration (fréquent ++: l'IDE se trompe de patient -voire de chambre- de flacon, de dosage, de voie, de poso..), liste non limitative! A domicile, je me souviens d'une brave IDE qui a injecté le Tt du mois,environ 60 amp, d'1seul coup d'1seul! Oui, nous pouvons tous nous tromper, c'est clair. Mais vu le tombereau de mdts avalés sans pb, je ne crois pas que ce soit si courant! ...Bien + un pb de iatrogénie du aux malades qui aiment avaler les gélules comme des smarties (et en +, c'est gratuit)

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Mathieu Escot

Mathieu Escot est économiste. Il est Chargé de mission santé pour la fédération d'associations de consommateurs UFC-Que Choisir.

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