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Pétrole, gaz, énergies renouvelables et nucléaire : ce qui nous attend pour l’année à venir

Alors que l'année 2016 touche à sa fin, Atlantico propose à ses lecteurs une série de prévisions pour le millésime 2017. Selon Stephan Silvestre, cette année pourrait notamment être marquée par la concurrence entre Etats-Unis et pays du Golfe Persique sur le marché du pétrole et du gaz naturel.

Prévisions 2017

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Pétrole, gaz, énergies renouvelables et nucléaire : ce qui nous attend pour l’année à venir

Pétrole et gaz : le match Etats-Unis vs Golfe persique continue

L’année 2016 a été marquée par l’initiative de l’Arabie Saoudite et de ses alliés visant à limiter la production de pétrole à la fois de l’Opep et d’autres producteurs externes au cartel, en premier lieu desquels la Russie. Après des mois de négociations, cette initiative a fini par aboutir à un accord au mois de novembre, qui a immédiatement entraîné une hausse des cours. Il faut toutefois relativiser la portée de cet accord : tout d’abord, l’Opep a toujours peiné à faire respecter ses quotas ; ensuite, il reste d’importantes dissensions dans l’organisation, notamment entre l’Arabie Saoudite et l’Iran, et certains pays cherchent toujours à augmenter leur production (Libye, Irak, Iran).

Mais surtout, la remontée des cours va entraîner la réouverture de nombreux puits non conventionnels américains, ce qui entravera cette tendance. En conséquence, on peut s’attendre encore à une faible hausse des cours, mais le Brent devrait rester dans un canal entre 48 et 62 $/baril.

Du côté du gaz naturel, le marché va continuer de se mondialiser progressivement, en particulier avec l’exportation de gaz liquéfié américain. Nul doute que la nouvelle administration Trump poussera fort dans ce sens. Toutefois, le ralentissement de la production américaine de gaz de schiste a permis aux cours américains de remonter en 2016. En France, après une baisse continue des prix de gros durant trois ans, un retournement a été amorcé l’été dernier. Hélas pour le consommateur, cette hausse se conjugue avec une augmentation de la fiscalité, que le gouvernement a glissée à l’occasion de la fusion de plusieurs taxes sur la consommation de gaz. Il s’agit d’intégrer la taxe carbone, de couvrir les coûts de production de biométhane, ainsi que les tarifs sociaux du gaz, aussi en forte hausse.

Énergies renouvelables : des avancées à prévoir

La production mondiale d’énergies renouvelables va continuer de croître en 2017 sur sa lancée. Mais il faut distinguer plusieurs cas. La production d’électricité éolienne est toujours en forte croissance, notamment en Chine, mais elle ne représente qu’une faible partie de la production globale. La production hydroélectrique, qui, elle, représente une part plus significative (6%), est en croissance assez lente car les meilleurs sites sont déjà équipés.

L’année 2017 devrait aussi marquer des progrès dans les solutions de substitution aux carburants fossiles. La forte croissance des agrocarburants, stoppée en 2008, ne reprendra qu’avec l’avènement de solutions issues du génie génétique. Les laboratoires de recherche travaillent sur de nombreuses pistes. Les technologies de stockage de l’électricité progressent aussi rapidement et devraient se concrétiser dans les véhicules commerciaux dans les prochaines années.

Nucléaire : vers un renouveau français

Le secteur électronucléaire (environ 20% de la production mondiale d’électricité) peine toujours à se développer en Occident en raison de la frilosité des pouvoirs publics, réticents à contrarier leurs opinions publiques. Il reste néanmoins dynamique dans les pays émergents, qui disposent déjà de parcs importants (Chine, Inde, Corée) ou qui cherchent à s’équiper (Émirats Arabes Unis, Roumanie, Turquie, Vietnam…) et pour qui le nucléaire constitue une bonne solution pour produire de l’électricité bon marché et décarbonée.

En France, les élections de mai et juin prochains devraient rebattre les cartes en matière de politique énergétique. Si François Fillon et la droite passent, ce qui est prévisible, ils devraient replacer le nucléaire au cœur de la stratégie énergétique, en vue de maintenir les efforts de la France pour décarboner son énergie tout en conservant des prix bas. 

 
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Stephan Silvestre

Stephan Silvestre est ingénieur en optique physique et docteur en sciences économiques. Il est professeur à la Paris School of Business, membre de la chaire des risques énergétiques.

Il est le co-auteur de Perspectives énergétiques (2013, Ellipses) et de Gaz naturel : la nouvelle donne ?(2016, PUF).

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