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Petits conseils pour savoir comment parler à ses enfants du jeu du foulard ou autre pratiques dangereuses des cours de récré

Âgé de 11 ans seulement, Tom a trouvé la mort à son domicile, à May-sur-Orne, victime du jeu du foulard le 22 février. Il est à ce jour le 5ème enfant mort de ce type de pratique. Ses parents, Guillaume et Stéphanie, décident d'alerter les familles.

Jeu de la mort

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Petits conseils pour savoir comment parler à ses enfants du jeu du foulard ou autre pratiques dangereuses des cours de récré

 Crédit Reuters

Certains adolescents continuent à avoir recours au jeu du foulard, tentés par les étourdissements et des hallucinations proches de l'ivresse qu'il provoque. Quels sont les autres jeux dangereux et pratiques à risques chez les adolescents ? Qu'est-ce qui les poussent les pratiquer ?  

Stéphane Clerget : La variété des jeux à risques chez les ados n’a d’autres limites que leur imagination. Et ce, depuis la nuit des temps. Les jeunes Gaulois s’ « amusaient » déjà à se pendre avant de couper la corde avec un glaive tenu dans leur main. De nos jours, citons pour les plus jeunes le petit pont massacreur. Au sein d’un cercle, un ado est désigné selon différentes règles et est roué de coups par les autres. Plus récemment le "ice and salt" challenge qui consiste à se verser du sel sur la peau puis d’y ajouter un glaçon, ce qui crée une douleur intense et des brulures au 2e degré.

Plus grave, le "Blue whale challenge" (le défi de la baleine bleue car ce mammifère est connu pour se jeter volontairement sur les plages) qui pousse les ados a réaliser des jeux morbides les incitant parfois jusqu’au suicide. Cela peut-être n’importe quel défi comme "scarifie toi les jambes" ou "jette toi de ce pont à minuit". Cette pratique est volontiers associée à une diffusion des « exploits » sur les réseaux sociaux.

 

Ces pratiques relèvent-elles de la pathologie ou tous les enfants/adolescents y sont-ils confrontés ?

Cela concerne plus souvent les garçons, même si les filles ne sont pas à l’abri de pratiques à risques mais habituellement d’un autre type. Une prise de risque unique ne traduit pas, à l’adolescence, une pathologie. Il y a bien sûr à cet âge, la curiosité de la nouveauté et un effet d’entrainement par le groupe avec le besoin d’une reconnaissance sociale. Mais des facteurs psychologiques peuvent aussi jouer un rôle. Il s’agit de tester les limites de son nouveau corps, de ses nouvelles compétences survenues à l’occasion de la puberté. Inconsciemment l’adolescent qui prend des risques cherche parfois à s’approprier son corps, à le mettre en « je » car l’enfant qu’il était considérait que son corps était la possession de ses parents. Il peut s’agir aussi d’une agressivité contre un corps en partie rejeté, tout comme la tentation de se punir de fautes imaginaires. Jouer son corps à la roulette russe peut être une façon non-consciente de voir si la vie veut bien de lui. Dans certains cas, il y a une dimension pathologique quand les prises de risques se répètent, il peut s’agir d’équivalents suicidaires, de moyens de lutte contre le vécu dépressif ou encore d'une addiction aux émotions fortes provoquées par les conduites à risques.

Les parents du jeune Tom et son entourage révèlent n'avoir perçu aucun signe du passage à l'acte. Mais existe-t-il vraiment des signes avant-coureurs ?

Quand il ne s’agit pas de pathologie, il n’y a pas toujours de signes avant coureur si ce n’est ceux qui témoignent d’un début d’entrée dans l’adolescence. Le début de l’adolescence (11-13 ans) est une période très délicate où le comportement des enfants apparaît insensé, hors de toutes logique avec des risques d’accidents comme à 3-4 ans. Il faut être particulièrement vigilant, se garder d'une confiance excessive à un âge ou, justement, ils réclament et obtiennent plus d’autonomie. Bien sûr un changement de caractère, une impulsivité, une tristesse, un désintérêt pour les activités habituelles ou encore un mal être sont des signaux d’alerte de pathologies. Mais ils sont loin d’être systématiquement présents.

 
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Stéphane Clerget

Stéphane Clerget est médecin pédopsychiatre. Il partage son activité entre les consultations et la recherche clinique. Ses champs d’étude concernent notamment l’adolescence, les troubles émotionnels et les questions d’identité. Il a mis en place à l’hôpital l’une des premières consultations d’aide à la parentalité. Il est l'auteur de Nos garçons en danger (Flammarion) et Les vampires psychiques (Fayard).

Les vampires psychiques de Stéphane Clerget

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