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Petites explications pour aider à comprendre pourquoi les incohérences de la politique étrangère américaine ne sont pas forcément là où on croit

Les nombreux dysfonctionnements ont tendance à cacher la ligne complexe mais réel de l'équipe du président Donald Trump.

Trump... et les autres

Publié le
Petites explications pour aider à comprendre pourquoi les incohérences de la politique étrangère américaine ne sont pas forcément là où on croit
 

Si la précédente Administration américaine était très interventionniste, il n’en reste pas moins qu’elle paraissait relativement organisée même si le lobby militaro-industriel poussait à fond les néoconservateurs dans des politiques agressives. Le président Barack Obama parvenait tant bien que mal à mener, quand cela lui était rendu possible par le Congrès à majorité républicaine, une politique étrangère relativement de statu quo voire allant dans le sens de la réouverture du dialogue avec de vieux adversaires comme Cuba ou Téhéran.

En dehors des raisons justement avancées sur l’échec qu’a connue Hillary Clinton lors de l’élection présidentielle de 2016, il y en a eu une qui a été un peu occultée : la peur de son esprit offensif allant dans la droite ligne de son profond néoconservatisme (doctrine aussi présente dans le camp démocrate). A savoir que le « bon sens populaire » allait dans « moins d’interventionnisme » à l’extérieur pour se concentrer sur la résolution des problèmes intérieurs, qu’ils soient sociaux ou sociétaux.

L’arrivée de Donald Trump au pouvoir a été un coup de tonnerre car presque aucun observateur ne l’avait vraiment prévue. Il est même possible que l’« équipe Trump » s’est aussi laissé surprendre, ce qui expliquerait nombre de dysfonctionnements lorsqu’il a fallu prendre les commandes de la première puissance mondiale.

L’ennemi russe dans le collimateur

La réaction des néoconservateurs a été immédiate et violente : tout faire pour abattre Trump et ses collaborateurs. Pour cela, ils ont avec eux la communauté du renseignement US réputée pour la modération des éclairages dont elle a toujours fait preuve en matière de situation internationale. A titre d’exemple d’efficacité, n’ayant pas assez accablé le général (er) Michael Flynn, conseiller de Trump, pour ses liens clandestins avec Moscou, les services US étudient la possibilité qu’il ait « vendu » l’extradition de Fethullah Gülen, l’ennemi juré du président Turc Recep Tayyip Erdoğan. Gülen aurait alors été transféré sur l’île prison d’Imrali où il aurait ainsi pu tenir compagnie à un autre prisonnier célèbre, Abdullah Öcalan, le chef du PKK. Cette information extrêmement douteuse est reprise en boucle par la presse américaine sans que l'en connaisse l'origine exacte.

L’occasion était trop belle pour les néoconservateurs de remettre en valeur les ennemis traditionnels des États-Unis et, en particulier, la Russie. Il a été souligné que ses services de renseignement sont omniprésents, extrêmement offensifs et d’une efficacité redoutable. Tout initié à la guerre secrète ne peut qu’être admiratif devant tant de compétences !

En premier lieu, il leur a été reproché d’avoir interféré dans l’élection américaine et, de plus, l’entourage du président élu a été accusé des pires turpitudes avec des diplomates ou « pseudos » diplomates russes. Il est certainement exact que les services de renseignement russes - comme tous ceux qui font normalement leur travail - se sont intéressés à la campagne électorale américaine. Quel pays ne tente pas de savoir ce qui se passe à la tête des dirigeants de la première puissance de la planète et des conséquences que peuvent avoir les résultats de l’élection présidentielle ? Il est vrai qu’il y a une différence entre obtenir des renseignements et intervenir directement dans une campagne électorale pour influer sur ses résultats. Il est aussi exact qu’Hillary Clinton inquiétait beaucoup le Kremlin en raison de son attitude franchement hostile. Cela dit, l’enquête sur les liens Russie-équipe de Trump est en cours et il convient d’en attendre les conclusions en espérant qu’elles seront étayées par des preuves ne ressemblant pas à des fioles d'anthrax (c/f un des prétexte ayant permis le déclenchement de l’invasion US de l’Irak en 2003).

 
Commentaires

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  • Par A M A - 14/11/2017 - 16:11 - Signaler un abus Incohérence de la politique

    Incohérence de la politique américaine? Depuis quand? La marche inexorable des Etats-Unis vers la domination mondiale reste une constante qu'aujourd'hui la Russie et la Chine semblent faiblement contrarier. Trump est un Président "américain" qui s'inscrit dans cette mouvance, dont on fait un crétin incohérent pour satisfaire des rivalités américaines de clan à caractère purement électoral, clan dont nous avons le copier-coller dans nos frontières.

  • Par tapio - 14/11/2017 - 18:40 - Signaler un abus "l’échec qu’a connue Hillary Clinton"

    On dit : "l’échec qu’a connu Hillary Clinton". Mais si vous tenez au féminin sans toutefois sombrer dans l'écriture inclusive, dites "la branlée qu’a connue Hillary Clinton", ou bien "la dérouillée qu’a connue Hillary Clinton", ou bien "la bastonnade qu’a connue Hillary Clinton", ou bien "la rouste qu’a connue Hillary Clinton", ou bien "la torgnole qu’a connue Hillary Clinton", ou bien "la raclée qu’a connue Hillary Clinton", ou bien "la déculottée qu’a connue Hillary Clinton", ou bien "la tourlousine qu’a connue Hillary Clinton" ... AAAAAAHHHH ça fait du bien !

  • Par kelenborn - 15/11/2017 - 10:23 - Signaler un abus et tapio...

    la turlutte qu'Hillary Clinton a faite à Weinstein....

  • Par spinoztef - 15/11/2017 - 13:46 - Signaler un abus C'est une bonne synthèse

    sans vraie conclusion. Mais là n'est pas l'essentiel. Merci! Très intéressant...

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Alain Rodier

Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, est directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Il est particulièrement chargé de suivre le terrorisme d’origine islamique et la criminalité organisée.

Il est l’auteur, en 2017 de Grand angle sur l'espionnage russe chez Uppr et de Proche-Orient : coup de projecteur pour comprendre chez Balland, en 2015, de Grand angle sur les mafias et de Grand angle sur le terrorisme aux éditions Uppr ; en 2013 du livre Le crime organisé du Canada à la Terre de feuen 2012 de l'ouvrage Les triades, la menace occultée (éditions du Rocher); en 2007 de Iran : la prochaine guerre ?; et en 2006 de Al-Qaida. Les connexions mondiales du terrorisme (éditions Ellipse). Il a également participé à la rédaction de nombreux ouvrages collectifs dont le dernier, La face cachée des révolutions arabesest paru chez Ellipses en 2012. Il collabore depuis plus de dix ans à la revue RAIDS. 

 

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