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Les périlleuses tentations d’Alain Juppé (et Emmanuel Macron)

Dans la lignée de la séquence POP2017, Bruno Cautrès accompagne BVA pour suivre le quinquennat.

Liaisons dangereuses ?

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Les périlleuses tentations d’Alain Juppé (et Emmanuel Macron)

En annonçant, il y a quelques jours, qu’il prenait du recul vis-à-vis de son parti, Alain Juppé n’a pas manqué d’indiquer que cette période de recul lui permettrait d’observer ce qui se passerait sur la question européenne. S’agit-il pour lui de préparer le terrain à un ralliement à la liste que LREM et le Modem conduiront ensemble lors des élections européennes de 2019 ? Quelle que soit la réponse qu’il apportera à cette question, elle nous permet de revenir sur l’épineux problème du rapport des Français à l’intégration européenne. 

Un ralliement d’Alain Juppé à la liste LREM-Modem pour les élections européennes symboliserait fortement la double impulsion souhaitée par Emmanuel Macron : remettre la question européenne au cœur de notre vie politique et prolonger l’onde de choc de la présidentielle en obligeant les partis actuels à une recomposition et à la formation de nouveaux blocs politiques.

Ce scenario repose sur l’hypothèse que les tenants d’une Europe progressant vers plus d’intégration et d’une France à l’avant-poste de ce mouvement se retrouvent dans un même camp et dépassent leurs oppositions passées, exprimées en termes de gauche et de droite.

Or, un délicat problème se pose à ce grand projet. Dans la France d’aujourd’hui, une pluralité d’opinions existe en fait sur la question de l’Europe, qui ne peut se réduire au schéma binaire qui oppose les « pro-européens» aux « anti-européens ». Cette opposition schématique n’occupe plus la même place que dans la France de 1990 lorsque le référendum sur le Traité de Maastricht avait porté au sommet le clivage entre les visions « souverainistes » et les visions « intégrationnistes ».

Si l’on rejouait aujourd’hui le match Mitterrand / Séguin (lors de leur débat télévisé du 3 septembre 1992, à peu de temps du référendum sur le Traité de Maastricht) on aurait, en fait, toutes les chances de passer  à côté de l’essentiel. Car entre temps s’est joué un autre match, celui du référendum de 2005, et que le climat général du rapport des Français à l’Europe a fortement évolué. 

On est passé progressivement d’un débat centré sur la souveraineté nationale à un débat centré sur l’impact des choix économiques européens sur les politiques menées au France. 

La question des frontières s’est également transformée : alors que la question des limites géographiques de l’UE a beaucoup animé les débats après l’élargissement de l’Europe en 2004 (lorsque dix pays nouveaux, comme la Pologne, la Hongrie, la Slovaquie, sont rentrés dans l’Union), ces questions semblent aujourd’hui au point mort. Nos dirigeants européens ont d’ailleurs plus ou moins prononcé l’acte de décès de l’adhésion de la Turquie. La question de l’espace Schengen et du contrôle des frontières nationales a pris le dessus, à travers les débats sur les migrations.

 
Commentaires

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  • Par KOUTOUBIA56 - 19/01/2018 - 13:00 - Signaler un abus Le large il peut le prendre

    Le large il peut le prendre on l'a assez vu et surtout entendu. cet homme (le meilleur d'entre nous) me décoit depuis plus de 30 ans. donc rideau on passe a autre chose. qu'il gère bordeaux si les bordelais en sont contents je n'y vois aucun inconvenient mais pour le reste stop. ce commentaire vaut aussi pour Bayrou

  • Par BABOUCHENOIRE - 19/01/2018 - 15:21 - Signaler un abus Juppé est un petit cachottier, pas très sincère concernant ses

    explications sur son retrait des LR cause du non règlement de ses cotisations, il a oublié de dire qu'il n'avait pas réglées également celle de 2016 et pourtant à cette époque ce n’était pas lié à la ligne politique du parti, lui qui était le super favori.

  • Par Bobby Watson - 19/01/2018 - 19:56 - Signaler un abus Bye bye Juppé

    Il est toujours sous le coup de l'humiliation de sa défaite à la Primaire.... qu'il veut faire payer à son parti LR en faisant le jeu de Macron. Triste fin , petit calcul politicien pour un homme de qualité qui ne sait pas mettre un terme convenable à sa carrière politique.

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Bruno Cautrès

Bruno Cautrès est chercheur CNRS et a rejoint le CEVIPOF en janvier 2006. Ses recherches portent sur l’analyse des comportements et des attitudes politiques. Au cours des années récentes, il a participé à différentes recherches françaises ou européennes portant sur la participation politique, le vote et les élections (Panel électoral français de 2002 et Panel électoral français de 2007, Baromètre politique français). Il a développé d’autres directions de recherche mettant en évidence les clivages sociaux et politiques liés à l’Europe et à l’intégration européenne dans les électorats et les opinions publiques.  En 2014 il a publié Les européens aiment-ils (toujours) l'Europe ? aux éditions de La Documentation Française.

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