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Perdu dans le vent

Atlanti-culture

Publié le
Perdu dans le vent

LIVRE

Le Traquet kurde

de Jean Rolin                   

Ed. P.O.L            

171 pages

RECOMMANDATION

BOF!

THEME

Il s’agit d’un récit de type journalistique dans lequel Jean Rolin fait, avec un humour léger, un parallèle entre l’ornithologie et les guerres passées et présentes au Moyen-Orient. Avec tout d’abord un survol-on parle d’oiseaux- de l’action de guerriers-ornithologues anglais tels que Philby père lors de la création du royaume Saoudien, pour ensuite parcourir d’un pas alerte les zones de guerre autour de Mossoul, en y observant les oiseaux et et en découvrant l’habitat d’origine du Traquet kurde, petit oiseau découvert égaré dans le Puy de Dôme et dont le destin ressemble étrangement à celui des populations déplacées en Irak.

POINTS FORTS

C’est un beau thème que de raconter la beauté du pays d’origine des émigrés en suivant les oiseaux qui eux aussi voyagent sans toujours arriver au bon endroit.

POINTS FAIBLES

Ainsi que Jean Rolin le fait dire à l’un de ses interlocuteurs dans la région de Mossoul, sans doute nous aussi nous ne soucions « comme d’une guigne » des petits oiseaux du désert... 

En fermant le livre on imagine que Jean Rolin s’est fait plaisir en l’écrivant,  probablement sans trop se soucier de l’intérêt que le lecteur pourrait y trouver. Ainsi la première partie du récit détaillant les hécatombes et larcins ornithologiques d’officiers de l’armée Britannique est sans doute passionnante et amusante pour celui qui prépare son livre mais lassante pour le lecteur, même si le style enlevé rend souriante la litanie des dates, des noms et des références scientifiques.     

EN DEUX MOTS

Les oiseaux continuent de chanter au milieu du fracas des bombes et les populations déplacées dans des campements au milieu de champs de mines, à profiter d’un rayon de soleil pour faire la lessive. C’est comme si pour les batailles des Flandres-c’est l’année du centenaire- on résumait l’horreur de la guerre en décrivant les champs de blé jaune soleil, agrémentés de coquelicots rouges, qui ondoient sous une brise légère. Les symboles sont beaux mais on reste sur sa faim.     

UN EXTRAIT

Très représentatif du contenu du livre, page 136:

"A la pointe du jour, vers 5h30, il s’avère que l’unique fenêtre, percée dans le mur épais que le monastère présente au vide, donne sur la plaine de Ninive, au loin la ville et les faubourgs de Mossoul, et au premier plan les collines basses où situe la ligne de front. Tout cela, avant le lever du soleil, baigné d’une peu naturelle lumière orange. Cette heure-l’heure à laquelle le sharour toque à la fenêtre de l’évêque-est évidemment la plus propice à l’observation des oiseaux, pour peu que, franchissant l‘enceinte du monastère, on se dirige vers la citerne qui un peu plus haut dans la montagne recueille l’eau d’une source. De cette position, sans perdre de vue l’activité aérienne, incessante, au-dessus de Mossoul, j’observe en quelques minutes une volée de chardonnerets-dans tout le Moyen-Orient l’oiseau le plus souvent mis en cage et vendu comme chant, au point que ce trafic consisterai pour certains groupes islamistes une ressource complémentaire-, un couple de perdrix, une poignée de traquet oreillard, un faucon crécerelle en vol stationnaire, sans parler des oiseaux trop commun, ou trop urbains, pour être mentionnés, et de ceux que même avec des jumelles, je suis incapable d’identifier."       

 
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Didier Cossart pour Culture Tops

Didier Cossart est chroniqueur pour Culture Tops

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