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Pauvreté, les causes passées sous silence : la lutte contre les inégalités, nouveau royaume du politiquement correct

Toujours les mêmes poncifs, toujours plein d’hypocrisie, le domaine se partage entre ceux qui ne savent pas ce qu’ils disent et ceux qui ne disent pas ce qu’ils savent.

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Pauvreté, les causes passées sous silence : la lutte contre les inégalités, nouveau royaume du politiquement correct

Une banque d’affaires a publié récemment une note sur les inégalités, j’en profite pour pousser un petit coup de gueule car sur ce sujet est propice à toutes les clowneries et je garde le « l » pour rester poli. Toujours les mêmes poncifs, toujours plein d’hypocrisie, le domaine se partage entre ceux qui ne savent pas ce qu’ils disent et ceux qui ne disent pas ce qu’ils savent. 5 points en vitesse, oui je suis énervé (plus sans doute que ceux de la banque d’affaires en question qui, payés à 100K/mois à New York pour dire n’importe quoi sur les taux d’intérêt depuis des années, n’ont pas l’air de s’en faire) (un peu comme Larry Summers à Davos pleurant sur la montée des inégalités, il faut être zen moi je ne pourrais pas) :

1/ juste un peu de nettoyage lexical pour commencer : parlons de dispersion des revenus, car identifier une « inégalité » en français c’est déjà identifier une « injustice ».

Il faudrait distinguer inégalités justes et injustes, bon courage. Le vrai problème c’est la pauvreté, le reste se résume souvent (pas tout le temps) à de l’envie. Il existe plusieurs facteurs de dispersion, soit, mais ils doivent être définis, quantifiés, hiérarchisés, contextualisés, sinon bienvenue dans un vaste gloubi-boulga (la note en question, comme beaucoup d’autres, verse dans le méli-melo, cinq facteurs emboités, pas de dates et pas de chiffres). Il existe de vrais problèmes de mesure, par exemple avec les mesures en quintiles, déciles, centiles (qui n’ont pas les mêmes effectifs ! les ménages pauvres sont souvent et de plus en plus des cellules monoparentales, il y a plus d’unités de consommation chez les riches et rien que cela crée une énorme distorsion, jamais évoquée, dans les comparaisons de revenus),

2/ la thèse préférée des économistes est celle dite du « progrès technique biaisé » (en faveur des gens hautement qualifiés, en défaveur des gens peu qualifiés). Mais comme il n’est pas question, j’espère, de réduire le progrès technique, on sent qu’on arrive vite vers la tarte à crème de la formation. Et surtout, avec la crise, le progrès technique a déjà nettement ralenti ces dernières années, un peu partout en Occident, or on a rarement autant parlé des inégalités !! Rien n’est monétaire pour les structuralistes qui nous dirigent, et de ce point de vue Piketty est dans le consensus mou : les robots et les impôts, mais jamais la BCE et la déflation ; le cyclone Irma, mais jamais le cyclone Jean-Claude qui, en 1992 comme en 2008, a crée un millions de chômeurs,

3/ les globalisations commerciales et financières sont pointées du doigt, mais pas l’immigration. C’est le royaume du politiquement correct (même les marxistes old school parlaient des effets de l’immigration sur la constitution d’une armée industrielle de réserve au service des patrons). La dispersion des revenus est forte au sud des USA, mais qu’en serait-il au sud de la France s’il n’y avait pas une mer entre nous et l’Afrique du nord ? Je fais court sur ce sujet, moi non plus je ne veux pas avoir des problèmes. Mais on est vraiment au bal des hypocrites, un peu comme Macron qui vient donner des leçons de solidarité européenne à la Pologne alors que cette dernière vient de récupérer un million d’ukrainiens,

 
Commentaires

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  • Par Wortstein - 12/09/2017 - 07:53 - Signaler un abus Interessant

    mais mal écrit ou mal relu. Goetzman est plus pédagogue e moins allusif.

  • Par pale rider - 12/09/2017 - 08:50 - Signaler un abus le cyclone Jean Claude :-D !!

    you made my day

  • Par LordLeleu - 12/09/2017 - 09:09 - Signaler un abus Un peu simpliste

    Les arguments des 3premiers paragraphes, je peux plus ou moins y souscrire. Cependant le paragraphe 4 est un peu simpliste. Notamment concernant les divorces et la dislocation des familles : pour cela son ironie sur le capitalisme libéral est mal placée puisque c'est cela qui a entraîné la dislocation des familles avec la montée d'une part de l'accomplissement personnel par le gain d'argent (je fais vite), et d'autre part (côté libéral) par mai 68 entre autre, émancipation de la femme (soit disant) comme par hasard qui a entraîné une explosion des divorces. Donc le capitalisme libéral est bien une cause de tout cela. Et d'autres part Cest la société d'aujourd'hui qui oblige les deux parents à travailler pour vivre décemment, il y a quelque décennies un seul parent pouvaient faire vivre à peu près décemment une famille. (Je grossis le trait). Meme si je suis pour vote solution Dans le paragraphe 5, il y a d'autres axes à étudier notamment la question monétaire, car le plafonnement des bas salaires (smic) presque équivalent à une famille chômeuse sous allocation, et cela Cest l'euro monnaie unique sur évalué pour notre économie. Et cela aussi est éludé par la doxa dominante

  • Par vangog - 12/09/2017 - 09:48 - Signaler un abus Oui à la cible de PIB nominal!

    Et remarquez, Mathieu Mucheroe, que la plupart des autres mesures que vous évoquez, maîtrise de l'immigration et de la déflation salariale, maîtrise budgétaire, (je ne suis absolument favorable à une taxe sur les robots) etc...ont été pointées du doigt par le Front National

  • Par vauban - 12/09/2017 - 15:04 - Signaler un abus Je dois avouer

    Que je ne comprends pas le dernier tiers de l'article Est ce moi ou est ce confus ou les deux?

  • Par moneo - 12/09/2017 - 15:10 - Signaler un abus Moi aussi

    c'est soit confus soit au dessus de ma compréhension

  • Par ajm - 12/09/2017 - 15:59 - Signaler un abus Objectif de croissance.

    Dans la fin de son article, Mucherie propose un objectif de pnb nominal pour la banque centrale, ce qui revient à proposer un objectif de croissance, contrairement â la situation actuelle où, au moins pour la BCE, les seuls objectifs statutaires sont liés à l'inflation et à la surveillance du système bancaire. Dans son esprir, le retour d'objectifs de croissance permettrait, en assurant un niveau de vie global satisfaisant et en évitant les périodes de récession ou de stagnation déflationnistes, d'éviter la constitution de grosses poches de pauvreté et réduirait ainsi l'obsession maladive sur les inégalités. En tout cas c'est ce que je comprends.

  • Par Semper Fi - 12/09/2017 - 19:40 - Signaler un abus D'habitude j'aime bien M. Mucherie

    Cette fois-ci, je n'ai pas tout compris !

  • Par Atlantica75000 - 12/09/2017 - 19:53 - Signaler un abus Nice to meet you

    Je découvre avec satisfaction la prose de cet économiste singulièrement rafraichissante. Quid du rôle de la Banque de France et du transfert des rôles avec la banque privée qui nous fait payer des intérêts qui alourdissent singulièrement le montant monstrueux de la dette. Bref ce que dénonce, seul, le FN moqué par tous les autres !

  • Par Aldel - 12/09/2017 - 20:48 - Signaler un abus Article qui mérite quelques éclaircicements.

    Ce pourrait être un article intéressant, s'il était bien écrit. Ce n'est pas le cas. Dommage.

  • Par vangog - 12/09/2017 - 21:02 - Signaler un abus Continuez à écrire comme cela, Mathieu Mucherie

    car c'est rafraîchissant et bien envoyé. Et puis...comprenne qui pourra!

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Mathieu Mucherie

Mathieu Mucherie est économiste de marché à Paris, et s'exprime ici à titre personnel.

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