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Il n'y a pas que l'Etat Islamique : ces événements passés largement inaperçus en 2015 mais qui pourraient bien être les clés de 2016

Les exactions quotidiennes de l'Etat islamique et la lutte contre celui-ci ont occupé tout l'espace médiatique parmi les conflits dans le monde en 2015. Pourtant certains conflits aussi sanglants, voire plus comme au Mexique, ont été mis de côté alors qu'ils sont extrêmement importants pour comprendre le monde actuel. La désinformation volontaire ou involontaire doit être dénoncée et c'est pourquoi faire un point sur les différentes zones de conflit dans le monde est absolument indispensable.

Conflits dans le monde

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Il n'y a pas que l'Etat Islamique : ces événements  passés largement inaperçus en 2015 mais qui pourraient bien être les clés de 2016

Les cartels ont plus tué que l'Etat islamique et ils se sont montrés aussi barbares, voire plus. Crédit Reuters

Afghanistan, une guerre interminable

Alain Rodier : Après une longue période d’incertitudes où toutes les rumeurs ont couru, le décès par maladie du mollah Omar, le fondateur des taliban (les étudiants en religion) survenue en avril 2013 a été officiellement reconnue à l’été 2015. La direction des taliban afghans avait délibérément caché cette disparition pour préserver l’unité du mouvement. Pour aller plus loin dans l’illusion, elle était allée jusqu’à diffuser des messages émanant du soi-disant mollah Omar alors qu’il était déjà mort et enterré.

Après une période de flottement, presque tous les leaders taliban et, en particulier le frère et le fils du mollah Omar (Abdul Manan et Yacoub), ont reconnu l’autorité du nouvel émir désigné par la Choura, l’organe de commandement : le mollah Aktar Mohammad Mansour. Le temps pressait car l’Etat islamique (Daesh) tentait depuis des mois de s’établir dans ce qu’il désigne comme sa « wilayat Khorasan » située à cheval sur l’Afghanistan et le Pakistan. Depuis, les deux mouvements salafistes-djihadistes échangent des communiqués enflammés, l’EI tentant de faire basculer des taliban déçus dans son giron et les responsables de ces derniers niant le rôle de « calife » que s’est auto-attribué Abou Bakr al-Baghdadi en juin 2014.

Sur le terrain, les taliban n’attendent même pas que les forces de l’OTAN se retirent définitivement pour passer à l’offensive. Ils se sont même emparés temporairement de l’importante ville de Kunduz (nord-est) en octobre, ils ont attaqué l’aéroport de Kandahar en décembre et mené des opérations terroristes dans la capitale surprotégée, Kaboul. Les forces de sécurité afghanes ont le plus grand mal à faire face. C’est pour cette raison que le président Obama est revenu sur sa promesse de ramener les boys à la maison à la fin 2016. 9 800 seront présents jusqu’à la fin de l’année prochaine puis 5 500. Ils seront stationnés sur les bases de Bagram, Jalalabad, Kandahar en plus du complexe diplomatique de Kaboul.

Et dire que les Américains sont présents dans le pays depuis bientôt quinze ans ! Il est vrai que Washington s’est enfin convaincu que s’ils quittaient le pays, les taliban seraient plus vite à Kaboul que les différentes factions rebelles lors du retrait soviétique en 1989. Il leur avait alors fallu deux ans contre une armée régulière plus nombreuse et mieux équipée que celle d’aujourd’hui pour s’emparer de la capitale afghane. Officiellement, les soldats US ne mènent plus des missions de « combat » mais de l’antiterrorisme, de l’entraînement et du conseil… Tout est question de langage. Les taliban sont désormais principalement présents sur une ceinture qui va de l’Est en passant par le Sud puis au Nord-Ouest du pays en ajoutant la province de Kunduz. Al-Qaida « canal historique » dont l’émir, le docteur al-Zawahiri, a fait allégeance au mollah Mansour, et le réseau Haqqani sont leurs alliés.

La guerre va donc perdurer avec son cortège d’horreurs et, spécificité du pays, avec son trafic d’héroïne qui inonde l’Europe et les Etats-Unis. Pour le moment et comme ailleurs, les moudjahidines qui ont fait allégeance à Daesh vont s’opposer en premier lieu aux taliban et à Al-Qaida « canal historique ». A la différence de la Syrie, en Afghanistan, personne ne peut prétendre que l’EI est une création du pouvoir central pour affaiblir la rébellion. Cela se fait tout naturellement.

Le Yémen, théâtre de la guerre par procuration que mènent Ryad et Téhéran

Alain Rodier : La situation au Yémen est aujourd’hui catastrophique et, selon les Nations Unies, le pays connaît un véritable désastre humanitaire. Il est globalement coupé en deux entre les forces de la coalition militaire emmenée par l'Arabie saoudite (Arabie saoudite, Emirat arabes unis (EAU), Egypte, Soudan, Jordanie, Qatar, Bahreïn, Koweït et Maroc), qui soutient le président légal Mansour Hadi, et les rebelles al-Houthis alliés aux partisans de l'ancien président Ali Abdallah Saleh. Mais Al-Qaida dans la péninsule arabique (AQPA) et Daesh (Etat Islamique/EI) se sont installés entre les deux belligérants, occupant des portions des provinces d'Hadramaout, d'Al-Jawf, d'Al-Bayda et d'Aden qui sont devenues de véritables zones grises. Les partisans d'une partition Nord/Sud du Yémen du « Mouvement du Sud » (Al-Hirak) sont aussi présents dans la région d'Aden. Les combats alternent avec des négociations menées sous l’égide des Nations Unies et différents cessez-le-feu qui ne sont jamais respectés. Les rebelles tiennent tout l'ouest du pays qu'ils ont conquis début 2015 au départ de leur fief de Saada. Ils se sont emparés de la capitale Sanaa, puis de Taez, poussant jusqu'au détroit de Bab-el-Mandeb qui commande l'entrée de la mer Rouge.

A noter que l'île stratégique d'Hanish, située à l'entrée nord du détroit, a été reconquise par la coalition arabe emmenée par Riyad le 10 décembre. A l'été, cette coalition avait repris l'offensive, s'emparant du sud-ouest du pays et en particulier d'Aden en juillet 2015. Mais elle semble désormais piétiner malgré les bombardements intenses auxquels elle se livre. Selon l'ONU, ils auraient fait 6 000 tués, dont 50% de civils. Elle subit aussi des pertes notables. Les rebelles se payent même le luxe de taper en Arabie saoudite (certes pas loin de la frontière) en y lançant des missiles Scud où en y menant des raids de harcèlement. Ils ne semblent pas manquer d’armements allant du missile anti-chars au Scud. Par contre, il est étonnant de constater qu’ils n’emploient pas de missiles sol-air à courte portée. Il est possible que leurs sponsors iraniens ne leur en aient pas livrés. C’est aussi le cas en Syrie où les rebelles armés par l’Arabie saoudite ne paraissent pas en détenir non plus. Peut-être un marché donnant-donnant !

En dehors de la situation chaotique qui prévaut dans la région, l'inquiétude provient du fait qu’Al-Qaida « canal historique » et Daesh sont en concurrence pour attirer l'attention sur leur combat. Cela peut se traduire par une « course à l'attentat » où le Yémen joue un rôle de « base de départ » important même si d'autres contrées comme la Libye peuvent également remplir cette fonction. C'est une question de « prestige » qui permet ensuite de se poser en seul et unique mouvement défendant la cause des « musulmans opprimés ». Il est aussi préoccupant de voir les liens qui existent entre AQPA et Al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI). Ainsi, un message d'un responsable d'AQPA a été émis le 29 décembre pour faire l'apologie d'un responsable religieux d'AQMI tué il y a deux jours en Algérie et appeler les djihadistes à s'en prendre aux Etats-Unis et à la France avec ce passage inquiétant:" les Banu al-Asfar (les occidentaux) à New-York ou à Paris ne vivront pas en sécurité alors qu'en même temps, notre peuple en Palestine et ailleurs vit dans la peur". Le Yémen est le théâtre de la guerre par procuration que se mènent Riyad et Téhéran car l’Iran est effectivement derrière les al-Houthi. Ce n’est que le prolongement de ce qui se déroule en Syrie et, dans une moindre mesure en Irak. Comme dans ces pays, on se dirige doucement vers une partition de fait du pays principalement sur des bases ethnico-religieuses.

 
Commentaires

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  • Par Pervenche - 01/01/2016 - 11:39 - Signaler un abus Article très intéressant

    Article très intéressant

  • Par prothesor2003 - 01/01/2016 - 13:46 - Signaler un abus Merci

    Merci pour ce tour d'horizon particulièrement démoralisant. Il aurait été intéressant de développer les évolutions locales et internationales des conflits centraméricains

  • Par KuhnJ - 01/01/2016 - 13:48 - Signaler un abus Le Mexique

    Pour le Mexique, à voir l'excellent reportage qui était passé sur Arte et l'implication de la banque HSBC qui a blanchi et doit continuer à blanchir l' argent des cartels (30% est du à la traite d'êtres humains). Le fait qu'ils n'aient pas perdu leur licence aux USA en 2008 tient au fait, comme l'a expliqué Le Congrés, que la faillite d'une autre banque pendant la crise aurait eu un effet dramatique. C 'est la même chose pour l'EI et son pétrole, à qui profite le crime, qui s'enrichit derrière ?

  • Par Ganesha - 01/01/2016 - 15:42 - Signaler un abus Intervention Française

    Article effectivement passionnant : il y a de nombreux conflits, de nombreuses situations atroces partout dans le monde ! Mais, alors là, vient la question essentielle : ''Il y-a-t'il une chance, aussi microscopique qu'elle soit, pour que notre glorieuse armée française, et son glorieux et courageux commandant en chef, interviennent dans les conflits au Mexique, au Nigeria, en Chine ou ailleurs ?''. Alors, dites-moi, Bon Dieu, qu'allons nous donc foutre avec notre absence de bombinettes en Syrie et en Irak ?

  • Par vangog - 01/01/2016 - 23:48 - Signaler un abus Se recentrer sur les fonctions régaliennes de l'état

    et derrière les frontières historiques, abandonner les pratiques absurdes de gendarme du monde, avoir avec l'islam une position sans compromis...il n'y a plus à tortiller!

  • Par Liberte1776 - 02/01/2016 - 03:36 - Signaler un abus The Oil Curse

    La malediction du pétrole. L Arabie Saoudite, le Nigeria, le Mexique sont des pays dont les revenus de l or noir représentent entre 40% et 90% des revenus de l Etat. Cet argent facile n a pas incite ces pays a developper l Education, et d autres sources de revenus. Dans tous ces pays, la pauvreté, alliée a l Islam, religion retrograde ne permettant pas le développement humain (segregation hommes-femmes, absence d esprit critique, Allah a la source de tout) ont genere un déséquilibre social ahurissant. Le Mexique, lui, connait la double peine: l Etat pétrolier (35-40% du revenu) et le plus gros marche mondial de la drogue au nord de sa frontière (les Etats-Unis). L indépendance énergétique et la fermeture des frontières sont donc cruciales pour l Europe. De Gaulle l avait compris, en développant le nucléaire, qui fournit aujourd hui 80% de notre électricité. Il avait aussi compris que les colonies devaient prendre leur indépendance, sinon les Musulmans formeraient aujourd hui la majorité dans notre pays.

  • Par Gordion - 02/01/2016 - 12:45 - Signaler un abus Turquie

    Merci encore aux 2 auteurs pour leur contribution. Concernant la Turquie, je souhaite faire 2 remarques à A? Del Valle: 1. Erdoğan ESSAIE de s'imposer comme le nouveau Calife sunnite, comme en son temps Nasser. Ses positions pro-Hamas, anti-Israël, son intervention à Davos, sa stratégie oblique en Syrie, Irak. Il a un seul problème pour se faire: il est turc, et les Turcs sont honnis des Arabes, et vice-versa 2. Attitude de l'armée "kémaliste" en Turquie: à mon sens, un coup d'état est peu probable pour diverses raisons: Erdoğan a pris sa revanche sur Mustafa Kemal et le sécularisme laïque de 1923 lors de purges liées aux" complots Ergenekon et Balyoz", les têtes laïques ont été mises en retraite ou limogées, ou emprisonnées. l'AKP a noyauté cette institution via la Confrérie Fetyullah Gülen initialement, et directement après la rupture avec ce transfuge réfugié aux E-U. Enfin, la Turquie, bénéficiant des fameux flux financiers de l'UE - IPA, etc. - en tant que candidate à 'adhésion ne prendra pas le risque politique et économique de se fâcher avec l'UE - cf. aussi les fonds reçus pour le contrôle des réfugiés syriens. Reste le soutien des US...mais la Turquie n'est plus l'Egypte!

  • Par paolo manzi - 02/01/2016 - 15:13 - Signaler un abus Lao Tseu et le peigne chinois .

    Dans " La voie du Tao" , Lao Tseu nous enseigne ( entre autre chose ) que l'expérience sert de peigne pour les chauves ". Les récents gouvernements , gauche/ droite confondues , aurait été bien inspirés par cette maxime chinoise et regarder dans un passé encore récent ,les dégâts considérables occasionnés par les guerres coloniales comme l'Indochine ou encore l'Algérie : Un désastre ..! Mais il y a toujours les '' conseillers du Roi " avec Monsieur BHL pour la Libye. Un incompétent notoire . P.S. On attend d'ailleurs avec impatience ,Mr BHL en Lybie pour régler les problèmes des différentes tribus qui continueront à s'entretuer.

  • Par MONEO98 - 02/01/2016 - 18:23 - Signaler un abus ça m'a échappé

    je lis le commentaire de Gordion "Erdoğan ESSAIE de s'imposer comme le nouveau Calife sunnite, comme en son temps Nasser." hum ... http://geopolis.francetvinfo.fr/egypte-quand-nasser-se-moquait-du-voile-cetait-il-y-a-plus-de-50-ans-50845 l'un veut devenir Calife religieux et supprimer la laïcte créatrice de la Turquie moderne;l'autre était Raïs planificateur de type socialiste voulant créer le panarabisme qui par définition est ennemi du Turc..

  • Par C3H5.NO3.3 - 02/01/2016 - 21:44 - Signaler un abus @paolo manzi

    Pourquoi toujours parler de guerres coloniales, alors que ce sont des guerres de libération ? La Méditerranée a été sous domination islamique pendant 800 ans, et ce n'est qu'à partir du milieu du XVIIè siècle que l'Europe a commencé à se libérer des raids barbaresques qui ont saigné à blanc ses côtes sud. La suite n'est que le résultat de ces 800 ans de domination, lorsque l'esclave devient à son tour le maître.

  • Par Gordion - 03/01/2016 - 11:29 - Signaler un abus @MONEO98

    Le terme "Calife" est mal choisi, j voulais dire "leader" du monde sunnite..effectivement. Le leader turc ne s'imposera jamais comme leader du sunnisme, car il n'est pas arabe. Par contre, il se verrait très bien célébrer le centenaire de la République turque de 2023 dans le fauteuil du Président, comme "pied-de-nez" à Atatürk, après avoir réislamisé son héritage laïc. Ce dictateur n'a aucun scrupule.

  • Par Yves Montenay - 03/01/2016 - 15:05 - Signaler un abus Démographie ?

    Une petite réserve à cet excellent article : la démographie. La fécondité séoudienne est modérée (2,9 enfants par femme), ce qui est par ailleurs un indice de "modernisation" des jeunes générations. Quant à la Chine, sa démographie devient peu à peu un handicap, avec la diminution dénombre des jeunes adultes, et demain de la masse des actifs face à un nombre rapidement croissant de "vieux". Pour ces deux pays, les conséquences à long terme peuvent être importantes.

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Alain Rodier

Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, est directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Il est particulièrement chargé de suivre le terrorisme d’origine islamique et la criminalité organisée.

Il est l’auteur, en 2015, de Grand angle sur les mafias et de Grand angle sur le terrorisme aux éditions Uppr (uniquement en version électronique); en 2013 du livre Le crime organisé du Canada à la Terre de feuen 2012 de l'ouvrage Les triades, la menace occultée (éditions du Rocher); en 2007 de Iran : la prochaine guerre ?; et en 2006 de Al-Qaida. Les connexions mondiales du terrorisme (éditions Ellipse). Il a également participé à la rédaction de nombreux ouvrages collectifs dont le dernier, La face cachée des révolutions arabesest paru chez Ellipses en 2012. Il collabore depuis plus de dix ans à la revue RAIDS.

 

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Alexandre Del Valle

Alexandre del Valle est un géopolitologue et essayiste franco-italien. Ancien éditorialiste (France SoirIl Liberal, etc.), il intervient pour le groupe Sup de Co La Rochelle et des institutions patronales et européennes, et est chercheur associé au Cpfa (Center of Foreign and Political Affairs). Il a publié plusieurs essais en France et en Italie sur la faiblesse des démocraties, les guerres balkaniques, l'islamisme, la Turquie, la persécution des chrétiens, la Syrie et le terrorisme.

 

Il est notamment l'auteur des livres Comprendre le chaos syrien (avec Randa Kassis, L'Artilleur, 2016), Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd'hui ? : La nouvelle christianophobie (éditions Maxima), Le dilemme turc : Ou les vrais enjeux de la candidature d'Ankara (éditions des Syrtes) et Le complexe occidental, petit traité de déculpabilisation (éditions du Toucan). Son dernier ouvrage paraîtra le 26 octobre 2016 : Les vrais ennemis de l'Occident : du rejet de la Russie à l'islamisation de nos sociétés ouvertes (Editions du Toucan). 

 

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