Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Vendredi 24 Novembre 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

Parti radicalisé, passerelles avec l’extrême-droite... : les définitions traditionnelles de ce qu’est la droite (et de là où elle s’arrête) ont-elles encore un sens à l’ère de la mondialisation ?

Alors que les Républicains se choisissent un président, les inquiétudes de possibles dérives sont vives. Mais les schémas du monde d’avant peuvent-ils décrire les défis d’aujourd’hui ?

Central

Publié le

Maxime Tandonnet : Le problème de la notion d’extrême droite, c’est qu’elle a deux sens aujourd’hui. D’une part, ce terme sert à diaboliser tout ce qui ne coïncide pas avec l’idéologie dominante, fondée sur l’individu-roi, le libre arbitre individuel absolu, l’argent comme valeur suprême, le rejet de l’autorité, de la nation, des frontières. D’autre part, la notion d’extrême droite a bien une signification historique, qui reste valable : elle se fonde sur le culte du chef, la haine comme mode de fonctionnement, en jetant l’anathème sur des personnes ou des groupes de personne et en appelant à leur lynchage, la négation d’une éthique de respect d’autrui avec des comportements anomique comme la démagogie, la calomnie, le mensonge systématique, les manipulations, la trahison, etc.

Contre Laurent Wauquiez, la notion d’extrême droite est uniquement utilisée pour le diaboliser comme elle l’est très souvent dans la vie politique française. On en arrive à banaliser la notion d’extrême droite qui ne devrait s’appliquer qu’à des situations bien précises : culte du chef, discours de haine contre des personnes ou des groupes, comportements anomiques caractérisés (violence, mensonges, démagogie, calomnie, trahison, etc.) Les notions d’extrême droite et d’extrême gauche se rejoignent d’ailleurs à bien des égards… 

 

À l’inverse, privilégier un discours identitaire tout en laissant de côté les questions économiques ou les questions de gestion de la France ne fait-elle pas basculer Laurent Wauquiez vers une forme de populisme ?

Maxime Tandonnet : Il est bien évident que la maîtrise de l’immigration n‘est pas un concept d’extrême droite, en aucun cas. Sinon, quasiment tous les ministres de l’Intérieur depuis les années 1990 seraient d’extrême droite. Il faut faire en sorte que les flux migratoires soient conformes aux capacités d’accueil du pays sur le plan de l’emploi, du logement, des services sociaux,  et s’assurer que les nouveaux arrivants pourront vivre dignement tout en aidant au développement des pays d’origine. En quoi une telle politique serait-elle d’extrême droite ? Par ailleurs, les sondages (CEVIPOF 2017), montrent que 70% des Français se sentent avant tout Français, davantage Français qu’Européens ou que résidants de leur région. Tenir compte de la fierté d’être Français n’est évidemment pas non plus un concept d’extrême droite. Le problème de la droite, ou des républicains modérés, c’est de ne plus se laisser intimider par l’accusation d’extrême droite qui est une manière de vouloir les faire taire ou les obliger à se conformer à l’idéologie dominante, la pensée unique et de rentrer dans le rang. Le terme de populiste est quasiment équivalent, comme concept diabolisateur, à celui d’extrême droite, de réactionnaire ou de fasciste, ce dernier étant un peu démodé en ce moment. On en revient à une idée ancienne selon laquelle le peuple, serait une notion négative. Ainsi les adversaires du suffrage universel, en 1850, dénonçaient la « vile multitude » pour tenter de l’abolir. Pourtant, tenir compte de ce que pense le peuple, la nation, sur les grands sujets du moment, aux termes de débats où toutes les idées peuvent s’exprimer ,cela n’a rien de choquant et cela s’appelle la démocratie. Si la droite, ou plutôt, les républicains modérés devaient avoir un mot d’ordre, c’est celui de démocratie à refonder.  

 

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par ZeArno - 11/10/2017 - 10:59 - Signaler un abus Un piège vieux comme Staline

    en favorisant la montée du Front National, Mitterrand a mis en pratique la technique de Staline (parait-il) qui consiste, pour raccourcir les débats, à traiter le contradicteur de fasciste. Le temps qu'il se justifie, les débats étaient terminés. Chez LR, ils font cela depuis des dizaines d'année ce qui permet à la gauche/EM d'éviter soigneusement les débats de fond et de laisser patauger l'adversaire dans des justifications inutiles. LR a tout intérêt à se désintéresser du Front National, à ne pas en parler pour se concentrer sur la création d'une colonne vertébrale d'idées sur laquelle le parti pourra s'appuyer. Au lieux de cela, pas plus tard que ce matin, Wauquiez continue de s'embourber avec le sujet Front National. Regardez comme le PS / EM sont sereins quand ils évoquent FI, digne héritier du communisme Russe qui, comme chacun le sait, n'a pas été la période la plus démocratique et heureuse de ce peuple.

  • Par assougoudrel - 11/10/2017 - 12:09 - Signaler un abus Si dire la vérité, montrer du doigt

    les gros problèmes venant de l'immigration (terrorismes, délinquances grandissantes) et autres est être radicalisé, alors, je le suis comme beaucoup de français le sont. Comme est dit dans le commentaire de ZeAmo, Wauquiez doit tracer son sillon sans se soucier du FN. A lui de démontrer que le camp d'en face (LREM et autres Gauche) ont fumé le "Pétard de la Paix" avec les dirigeants musulmans et sont leurs complices, des collabos notoires. L'auteur de l'article parle de dérive, mais j'appelle ça bon sens. Que Wauquiez balaie tout ça d'un coup revers de main et écoute la rue.

  • Par vangog - 11/10/2017 - 13:09 - Signaler un abus Veuillez noter qu'il n'existe plus d'extrême-droite!...

    depuis que la faschosphere gauchiste a eliminé les deux seuls groupuscules d'extrême-droite existants, les jeunesses nationalistes révolutionnaires grâce à la provocation du gauchiste Clément Meric (même mode opératoire que pour Charlottesville)...Merci de remettre votre logiciel historique à jour, M. Rigoulot: en matière de fascistes, il ne reste plus que l'extrême-gauche fasciste en France...

  • Par Paul Emiste - 11/10/2017 - 13:55 - Signaler un abus Le pire?!

    Ces accusations viennent de gens qui s'allient sans problème de conscience avec l’extrême gauche marxiste et "écologique" depuis des décennies. Quand aux autres, soit disant de droite, le seul fait de dire que la famille c'est un homme une femme et des enfants et que c'est un thème central en politique fait de moi un pétainiste d’extrême droite. A vomir!!!

  • Par cloette - 11/10/2017 - 14:30 - Signaler un abus La société est prise au piege

    qu'a tendu la boboitude .

  • Par jurgio - 12/10/2017 - 00:00 - Signaler un abus En effet, un parti n'existe vraiment que si l'on en parle

    La dispersion des uns coalise l'opposition des autres. Aussi, les médias ne veulent-ils pas laisser les électeurs décider par eux-mêmes. La confusion est une carte maîtresse.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Maxime Tandonnet

Maxime Tandonnet est un haut fonctionnaire français, qui a été conseiller de Nicolas Sarkozy sur les questions relatives à l’immigration, l’intégration des populations d’origine étrangère, ainsi que les sujets relatifs au ministère de l’Intérieur.

Il commente l'actualité sur son blog personnel.


 

 

Voir la bio en entier

Pierre Rigoulot

Pierre Rigoulot est historien et directeur de la revue Histoire & liberté.

Spécialiste de l'histoire du communisme, il a participé à la rédaction de l'ouvrage Le livre noir du communisme (Robert Laffont, 1997) sur la Corée du Nord. Il est aussi l'auteur de Coucher de soleil sur La Havane (Flammarion, 2007) et de L’Antiaméricanisme – Critique d'un prêt-à-penser (Robert Laffont, 2004).

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€