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Un parti n’est jamais qu’une partie d’un tout : la France

L'oligarchie politique, plus inquiète de sa réélection et de son image médiatique que du bien commun, n'a plus de vision d'avenir et les Français espèrent qu'un jour surgiront des hommes et des femmes d'État nouveaux capables de sortir la France du déclin et de l'immobilisme. Extrait de "Oui, la France a un avenir" de Stéphane Buffetaut, aux éditions du Rocher (1/2).

Bonnes feuilles

Publié le - Mis à jour le 29 Février 2016
Un parti n’est jamais qu’une partie d’un tout : la France

Certes la France n’est ni le Royaume-Uni, dont elle n’a pas le principe d’unité qu’est la monarchie anglaise, ni l’Allemagne dont elle n’a pas la tradition de dialogue social. Mais enfin le général De Gaulle parvint quand même à faire adopter une constitution qui donnait une assise stable à la République, après des républiques qui finirent trop souvent dans le désastre national et vécurent dans l’instabilité chronique. Preuve est donc que l’on peut réussir des réformes en France.

Hélas, bien de nos hommes ou femmes politiques se retrouvent prisonniers à la fois des logiques partisanes et électorales et du désir de plaire aux médias, deux tendances qui se transforment vite en vices et qui ne prédisposent guère aux exigences de l’homme d’État, qui supposent le sacrifice de ses intérêts propres.

De surcroît le mécanisme même des partis tend à contrarier l’émergence des personnalités indépendantes et fortes dont la France aurait tant besoin.

La douteuse habitude de sacraliser les partis comme étant le moyen de l’expression de la volonté populaire, ce qui à l’évidence ne correspond guère à la réalité, ne doit pas faire oublier que tous les régimes totalitaires ont reposé ou reposent encore sur un parti : parti communiste de l’Union soviétique, chinois ou coréen, parti national socialiste ouvrier allemand, kampuchéa démocratique… Autant de sinistres exemples de partis de conquête du pouvoir puis d’élimination des libertés publiques et d’une grande partie de leurs propres peuples !

Comme le nom le dit trop bien, le parti n’est qu’une partie du tout et le tout, qui en l’occurrence est la France, ne peut se réduire au parti arrivé au pouvoir. Le propre de l’homme d’État est donc de savoir se libérer des attaches partisanes pour retrouver ces hauteurs « où l’on respire mieux » et surtout où l’on peut mieux servir la France et le peuple français.

Au demeurant, la dégénérescence de la Ve République trouve sa source dans le fait que les institutions qui avaient été conçues pour mettre fin « au régime des partis » sont devenues la proie de celui-ci. Pourtant il a existé et il existe sans doute encore des hommes de talent dans les allées du pouvoir, mais aucun n’a osé quitter la politique pour entrer dans l’histoire. La « particratie » est de retour et celle-ci tient en horreur l’homme d’État, car elle génère par nature la médiocrité, or la médiocrité ne supporte que la médiocrité. Elle ne trouve l’accord que sur le plus petit dénominateur commun et préfère assurer sa propre continuité plutôt que celle de la France. La phrase cruelle de Charles Maurras « le système gouverne mal, mais se défend bien » est redevenue d’une terrifiante actualité.

Alors, si tel est bien le cas, ce n’est pas de majorité qu’il faut changer. C’est de système ! 

Extrait de "Oui, la France a un avenir" de Stéphane Buffetaut, publié aux éditions du Rocher, 2016. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

 
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Stéphane Buffetaut

Stéphane Buffetaut est memebre du Conseil économique et social européen. Juriste en droit public et en droit européen, il a été député européen et élu local pendant près de vingt ans. Homme d'entreprise et de dialogue social, il est un fin connaisseur de l'histoire politique de la France.

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