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Le parapluie américain, c'est fini : quelles conséquences pour l'Europe si Angela Merkel avait raison (mais a-t-elle raison...) ?

La chancelière allemande a déclaré que "les temps où nous pouvions totalement nous reposer sur d’autres sont en partie révolus," visant directement les Etats-Unis de Donald Trump.

Rupture

Publié le - Mis à jour le 2 Juin 2017
Le parapluie américain, c'est fini : quelles conséquences pour l'Europe si Angela Merkel avait raison (mais a-t-elle raison...) ?

Atlantico : Alors qu'Angela Merkel avait pu laisser entendre que les Etats Unis et le Royaume Uni n'étaient plus des partenaires fiables, invoquant ainsi la nécessité pour l'Europe de "reprendre son destin en mains", le mardi 30 mai, Donald Trump déclarait dans un tweet « Nous avons un déficit commercial MASSIF avec l’Allemagne et elle paie BIEN MOINS qu’elle ne le devrait pour l’Otan et la défense. Très mauvais pour les États-Unis. Ça va changer ». Quels sont les risques réels de voir le "parapluie" américain disparaitre de l'horizon européen ?

Guillaume Lagane : Ce qu'on peut dire c'est qu'aujourd'hui des troupes américaines importantes sont stationnées en Europe. On compte 100 000 soldats américains dans l'environnement européen qui sont basés en Allemagne mais aussi en Italie au Royaume-Uni et en Espagne. On retrouve également une composante navale très importante. 

Donc ce parapluie existe et la seule question c'est de savoir s'il serait actionné en cas de menace par Donald Trump. A ce stade c'est assez flou. Il a refusé, lors de sa venue à Bruxelles le 25 mai, de se prononcer sur l'article 5 qui est celui par lequel les nations appartenant à l'Alliance Atlantique s'engagent à se défendre au cas où l'un d'eux est attaqué. Cet article est volontairement ambigu, il a était écrit de manière à ce que chaque Etat puisse déterminer le degré d'engagement qu'il mettra dans la défense des autres. Cette nuance était une volonté des Etats-Unis qui, en 1948, étaient encore un état isolationniste et n'avait jamais signé d'alliance militaire permanente. Cela ouvre une incertitude sur la position qu'adoptera Trump en cas de crise. 

Jean-Sylvestre Mongrenier : Il semble qu’il ne faille pas confondre les différents niveaux de la réalité internationale. Tout n’est pas aligné : l’économie et le commerce sont une chose, le politique dans sa dimension la plus essentielle, à savoir la conduite diplomatico-stratégique des Etats, en est une autre. En termes plus concrets, l’existence d’une alliance forte entre différentes nations, alliance fondée sur le partage des mêmes enjeux de sécurité, peut aller de pair avec des désaccords commerciaux ou autres. Si l’on regarde l’histoire de l’OTAN au fil des décennies, les crises et désaccords sont même la règle, du fait notamment que cette alliance regroupe des « démocraties de marché », soumises à des alternances politiques d’une part, en concurrence sur le plan économique d’autre part. L’OTAN n’a jamais fonctionné selon la même logique que le pacte de Varsovie : la Guerre Froide a opposé le « bloc » soviétique non pas à une entité similaire, mais à un « camp » occidental, plus souple et polycentrique.

Dans les années 1960 et 1970, le déséquilibre de la balance des paiements des Etats-Unis ainsi que la crise du dollar, avec la fin de la convertibilité en or de la monnaie américaine (le « coup d’Etat monétaire » du 15 août 1971) à la clef, ont suscité de vives tensions entre les deux rives de l’Atlantique, sans que la solidarité stratégique occidentale à l’encontre du bloc soviétique et l’existence même de l’OTAN ne soient véritablement remises en question. Pourtant, la lecture d’un ouvrage quelque peu oublié de Raymond Aron – République impériale, les Etats-Unis dans le monde, 1945-1972 (Calmann-Lévy, 1973) – donne un solide aperçu des interrogations et inquiétudes qui travaillaient alors l’Europe occidentale. A l’issue de la Guerre Froide, au cours des années 1990, on a pu croire que la géoéconomie allait se substituer à la géopolitique, la lutte tous azimuts pour la maîtrise des technologies-clefs, la conquête des marchés et l’attraction des capitaux étant censées se substituer aux conflits du type pouvoirs-territoires et faire voler en éclats l’Occident. Plus de deux décennies se sont écoulées.

Bref, on n’en finit pas d’annoncer la fin de l’Occident et la disparition de l’OTAN, mais cette alliance s’adapte aux nouvelles menaces et se transforme, tout à la fois sous l’emprise de la nécessité et de par la volonté de ses membres. Après une période expéditionnaire, période qui n’est d’ailleurs pas totalement close (voir la mission de l’OTAN en Afghanistan et un rôle peut-être accru à terme sur le théâtre syro-irakien, voire en Libye), les Alliés ont décidé de recentrer l’OTAN sur l’article 5 et la défense collective de ses membres. Dans le contexte présent, sur le plan des menaces étatiques, il s’agit de renforcer la posture de défense et de dissuasion de l’OTAN sur l’axe Baltique-mer Noire, de façon que Vladimir Poutine ne se hasarde pas à réitérer le scénario ukrainien (rattachement manu militari de le Crimée et guerre hybride en Ukraine continentale, dans le Donbass) aux dépens des Etats baltes, de la Pologne ou d’un autre allié centre-est européen. De fait, la « présence avancée » alliée a été renforcée, des troupes venues d’autres pays membres font rotation en Europe centrale et orientale, y compris celles des Etats-Unis qui ont à nouveau déployé des chars. Quant à Donald Trump, le nouveau président américain, il est revenu sur une rhétorique de campagne empreinte de démagogie (l’« OTAN obsolète »). Bref, le « parapluie » américain n’est pas refermé et l’OTAN demeure une alliance sans équivalent dans le monde. Peut-être faut-il cesser de sur-interpréter le moindre propos ou silence de Trump. Prenons garde aussi à ce que le conflit de la Maison-Blanche avec la presse américaine ne déforme notre vision de l’Administration Trump. Aussi brutales soient-elles, les récriminations de Trump quant à la faiblesse des dépenses militaires européennes ne sont pas infondées.

Dans le cas ou tel événement venait à se produire, laissant l'Europe livrée à elle-même concernant les questions de défense, quels seraient les risques susceptibles de menacer le continent ? 

Guillaume Lagane : Aujourd'hui si l'on regarde les choses de manière très globale, il y a principalement deux menaces extérieures qui pèsent sur l'Europe. La menace au sud qui est celle de l'instabilité des pays de la méditerranée et du Moyen-Orient. On pense au terrorisme d'origine islamiste. Et une seconde menace qui est constituée par la politique russe en Europe Orientale avec l'ingérence en Ukraine et l'annexion de la Crimée den 2014. C'est un risque un peu plus structurel dans la mesure où l'on pourrait imaginer que des pays européens frontaliers de la Russie soient eux aussi victimes d'une déstabilisation par Moscou. Dans ce cas si l'Europe se retrouvait seule face à cette menace sans les Etats-Unis, la plupart des pays européens seraient probablement incapables de réagir. 

 

Jean-Sylvestre Mongrenier : A bien des égards, c’est une question hypothétique, décalée avec l’état effectif des réalités politiques, diplomatiques et militaires. Le président des Etats-Unis, son vice-président, le secrétaire d’Etat ainsi que le secrétaire à la Défense ont insisté sur l’importance de l’OTAN. Il est vrai cependant que les contrecoups des guerres au Moyen-Orient, conjugués aux répercussions de la crise économique, ont ébranlé le consensus américain en politique étrangère. Les déclarations méprisantes de Trump sur les alliances américaines ont été pour le moins désinvoltes et le perpétuel retour de commentateurs sur ses propos quant à l’« obsolescence » de l’OTAN démontre l’importance des mots en politique, plus encore en politique internationale, sphère d’activité où la paix et la guerre sont en jeu. Son scepticisme sur les vertus du libre-échange va dans le même sens, quand bien même l’Amérique n’a-t-elle pas basculé dans le protectionnisme. A certains égards, la conjoncture politique américaine fait penser à ce que Raymond Aron a nommé le « syndrome de Wilson » : un fort engagement international suivi d’un brusque retrait des affaires internationales (voir l’attitude du Congrès des Etats-Unis, soutenu par l’opinion publique, qui refuse de ratifier le traité de Versailles et désavoue Woodrow Wilson, accueilli en « prophète » par les Européens).

Il est pourtant difficile d’imaginer que les Etats-Unis, en l’absence de véritables alliés, puissent maintenir leur suprématie mondiale. L’OTAN constitue tout à la fois la plus forte des alliances dans le monde et la plus ancienne. Indubitablement, l’engagement américain en Europe, au moyen de l’OTAN en tout premier lieu, est la pierre angulaire de la « grande stratégie » des Etats-Unis. Enfin, il importe de comprendre que la « main invisible » du marché et l’égoïsme national sont impuissants à établir la paix. Le cours des événements au XIXe siècle et la Grande Guerre (1914-1918), qui a démontré par le fait l’impuissance du « concert des puissances », l’ont largement mis en évidence : le libre commerce et la prospérité (la Première Guerre mondiale est déclenchée alors que le monde industriel est engagé dans la phase A d’un cycle Kondratiev) n’ont pu conjurer le pire ; il faut une structure politique internationale. Toutefois, la bonne volonté des uns et des autres ne saurait suffire à instituer un ordre politique international : c’est la question du leadership.

Un tel ordre international, nécessairement fragile et imparfait, repose sur la volonté et les capacités d’une puissance apte au rôle de « stabilisateur hégémonique » (Charles Kindleberg). Pour comprendre, il convient de se reporter à la théorie des biens publics. En l’absence d’un acteur hégémonique ayant la volonté et la capacité de mobiliser les ressources adéquates, un objectif collectif ne débouche pas toujours sur une action collective (cf. Mancur Olson, La logique de l’action collective, PUF, 1978). Après 1945, les Etats-Unis ont assumé ce rôle (voir la fondation de l’ONU, des institutions de Bretton-Woods puis, face à la menace soviétique, de l’OTAN et d’un réseau mondial d’alliances). S’ils faisaient défaut, le monde vacillerait sur ses bases. Une telle rupture stratégique concernerait l’Europe au premier chef. C’est à l’abri du bouclier américain que l’unité européenne a pu se faire, les nations du Vieux Continent dépassant par le haut des siècles de lutte pour l’hégémonie mondiale ou la survie. Il nous faut méditer la citation suivante ; « L’histoire européenne connut ses moments les plus noirs au XIVe siècle, pendant et après la guerre de Cent Ans, puis au XVIIe siècle avec la guerre de Trente Ans et, enfin, dans la première moitié du XXe. Le XXIe siècle pourrait s’avérer pire encore » (cf. Robert Cooper, La fracture des nations. Ordre et chaos au XXIe siècle, 2004). 

Suite à la réunion du sommet du G7, Angela Merkel prône une politique plus européenne, notamment dans le domaine de la défense et sur la réforme de la zone euro. Toujours dans la cadre hypothétique d'une fin de l'OTAN, quel pourrait être le rééquilibrage des pouvoirs en Europe ? La France a-t-elle les moyens de redevenir centrale dans le dispositif ?

Guillaume Lagane : La France a une position un peu ambiguë. C’est-à-dire que sur le plan budgétaire elle ne fait pas partie des Etats de l'OTAN qui atteignent les 2% de leur PIB consacré à la défense. C'est un élément de fragilité. ais en même temps elle a une armée très utilisé en Afrique avec de vraies compétences opérationnelles. Elle est à vrai dire le seul Etat européen à utiliser son armée. Cela lui donne beaucoup de légitimité auprès des Etats-Unis et auprès de l'administration Trump. Donc la France a déjà une position assez centrale au sein de l'OTAN. 

La question est de savoir si elle peut avoir un rôle équivalent dans une défense européenne. La, tout est à inventer car aujourd'hui. L'OTAN fonctionne sous le leadership américain. Ce sont les Etats-Unis qui dépensent beaucoup plus que les autres. Si demain ils ne sont plus là, il faudra que les pays européens trouvent une manière de coordonner leurs forces armées dans un cadre nouveau. Ce qui sera compliqué et impliquera un certain degré de nucléarisation ainsi qu'un effort budgétaire de chacun. Puisqu'aujourd'hui si l'Angleterre ou la Grèce dépensent les 2% du PIB, d'autres ne le font pas. Il faudra un équilibrage des dépenses publiques de chacun.  

 

Jean-Sylvestre Mongrenier : Une plus grande intégration de la zone euro relève de la seule responsabilité de ses membres, en tout premier lieu de la France et de l’Allemagne qui, ensemble, représentent la moitié du PIB de ladite zone. Il s’agit là d’une politique exclusivement européenne et le « notamment » n’est pas justifié. Quant à la Politique commune de sécurité et de défense (PCSD), conduite dans le cadre de l’Union européenne (UE), elle est effectivement complémentaire de l’OTAN. En l’état actuel des choses, l’« Europe de la défense » n’est pas la défense de l’Europe, celle-ci étant assurée par les Alliés dans un cadre transatlantique. En sus des Etats-Unis, le Canada participe également au renforcement de la « présence avancée » de l’OTAN sur l’axe Baltique-mer Noire. Cessons donc de faire comme si l’OTAN était en permanence à l’agonie. A cet égard, on peut comprendre l’irritation de certains dirigeants américains devant une forme d’infantilisme européen : la crainte perpétuelle d’un désengagement américain, doublée d’un anti-américanisme compulsif dans bien des secteurs de l’opinion publique ; une réticence à voir les dangers du monde et à faire les investissements nécessaires dans le domaine de l’armement.

L’OTAN pas plus que l’UE ne dispose de forces armées propres et, pour l’essentiel, ses « actifs » sont constitués d’états-majors (i.e. de capacités de planification), de chaînes de commandement et d’une flotte d’avions-radars (AWACS), auxquels il faut ajouter des standards communs et une formidable expérience en matière d’interopérabilité. Aussi les insuffisances militaires des Alliés européens se retrouvent-elles au sein de l’UE qui n’aurait pas les moyens de mener une opération de haute intensité dans le soutien multiforme des Etats-Unis. Le problème de l’« Europe de la défense » n’est pas tant un « chaînon manquant » dans le dispositif d’ensemble (le fameux « QG » européen : un état-major stratégique opérationnel dédié à l’UE dont il est de nouveau question) qu’un problème budgétaire et capacitaire. Ces déficits sur le plan des moyens financiers et des armements reflètent la vision du monde de la majeure partie des Européens : un long déni des menaces à l’Est comme au Sud, la préférence pour le développementalisme et la « sécurité humaine », la conviction que la guerre est un phénomène archaïque réservé à l’Afrique, au Moyen-Orient et autres zones d’anomie, loin des centres géographiques de l’économie mondiale théoriquement voués à la « pax democratica ». En résumé, le Soft Power en guise d’alibi à l’impuissance voulue et sublimée.

En opposition avec le discours qui a dominé les deux dernières décennies, marquées par une forte baisse des dépenses militaires et des moyens en Europe, en termes d’effectifs et de matériels, l’Europe est à l’intersection de deux arcs de crise : les frontières et confins de l’Est européen, placés sous la menace du révisionnisme géopolitique russe (cf. le passage aux actes en Ukraine, en 2013-2014, selon la logique de l’intervention militaire en Géorgie, cinq ans plus tôt) ; l’arc de crise qui va du Sahel-Sahara au Moyen-Orient et à la Haute Asie (voir l’Afghanistan toujours en guerre et les incertitudes pakistanaises). En toile de fond de la lutte contre le terrorisme islamique et les menées d’acteurs anomiques, mais aussi des puissances étatiques comme la Russie et l’Iran qui cherchent à détruire l’ordre international existant. Il faudrait y ajouter la Chine populaire qui, dans un monde interconnecté et globalisé, n’est pas si lointaine (ses menées ont et auront des répercussions jusqu’à l’extrémité occidentale de l’ensemble spatial euro-asiatique). Ces conflits entremêlés sont susceptibles de s’étendre aux Etats Maghrébins, bien plus fragiles qu’on ne le pense, sans parler de la Libye, voire de faire exploser le Moyen-Orient, à savoir toute la zone entre Méditerranée orientale et golfe Arabo-Persique. Par ailleurs, peut-être ne sommes-nous pas assez attentifs à la sourde effervescence des Balkans, théâtre futur de prochaines crises géopolitiques entre la Russie et l’Occident.

Dans un tel contexte et devant la convergence de différentes lignes dramaturgiques, l’urgence serait-elle donc de mettre à profit le chambardement général pour renforcer la place de la France en Europe, contre une Allemagne prétendument hégémonique, ou de souligner ce qui sépare l’Administration Trump de l’establishment européen ? Si la France doit jouer un plus grand rôle sur le continent, ce sera en étroite alliance avec l’Allemagne et pour travailler au bien commun de l’Europe, notre grande patrie. Et si Angela Merkel a raison d’insister sur le fait que les Européens doivent prendre en main leur destin et ne pas compter exclusivement sur l’Amérique du Nord (cf. ses propos du 28 mai dernier à Munich, dans un meeting de la CSU), la relation transatlantique demeure vitale pour l’ancien comme pour le nouvel Occident. La chancelière l’a d’ailleurs rappelé et il faut tenir compte de l’ensemble de ses déclarations : « La relation transatlantique est d’une importance primordiale. Ce que j’ai simplement fait, c’est de dire que compte tenu de la situation actuelle, il y a encore plus de raison pour lesquelles nous devons en Europe prendre notre destin en main» (30 mai 2017).

In fine, les questions commerciales, les spéculations quant à la position à venir de Trump sur l’accord climatique de Paris et le discours sur les « biens communs » de l’humanité (air, eau, climat et environnement) ne doivent pas occulter la gravité de la situation géopolitique présente et l’importance d’une unité occidentale maintenue dans notre nouvel âge global. En revanche, cette unité occidentale requiert une redistribution du pouvoir et des responsabilités entre les deux rives de l’Atlantique. Il revient à Paris et Berlin d’édifier un pilier continental européen à la fois autonome et solidaire du pilier nord-américain. Selon la théorie des cours et recours  (« corsi » et « recorsi ») du philosophe italien Giovan Battista Vico, auteur de La Science Nouvelle (1725), l’histoire des nations et des civilisations se déploie en de larges spirales ascendantes, avec retour sur des points fixes, d’où certaines similitudes des situations d’une époque à une autre : l’ « empire informel » que constitue  l’Occident moderne est engagé dans une phase similaire à celle de la Rome du IIIe siècle après Jésus-Christ. Pour faire face aux menaces et repousser les assauts, il avait fallu dédoubler le pourvoir, le processus conduisant au siècle suivant au partage des tâches entre un empereur d’Occident et un empereur d’Orient. 

 
Commentaires

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  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 01/06/2017 - 07:40 - Signaler un abus C'est ce qui pourrait arriver

    C'est ce qui pourrait arriver de mieux à l'Europe.... Enfin le début d'une armée Européene sur les ruines de l'Otan

  • Par Deneziere - 01/06/2017 - 08:31 - Signaler un abus Ne pas sur-interprêter les paroles de Trump

    C'est difficiles pour certains frontistes qui se promènent ici et qui mouillent leur petite culotte bleue marine chaque fois que le nom de leur champion est prononcé, mais s'ils lisaient la presse américaine de temps en temps, ils comprendraient peut être quel bouffon il est vraiment. En attendant, les Américains ont besoin de vassaux et sont encore prêts à payer pour cela. Heureusement, car la plupart des pays européens pensent qu'une armée, cela sert à faire de l'humanitaire.

  • Par tananarive - 01/06/2017 - 09:10 - Signaler un abus Achat aux Américains

    Il ne faut pas oublier que les armées Européennes achètent du matériel Américains et que si les Américains se retirent Ils perdront je l’espère ce très gros marché. Quand un matamore parle il faut attendre qu’il change d’avis, ce qui vient rapidement.

  • Par vangog - 01/06/2017 - 09:17 - Signaler un abus @Deneziere vos crachats n'atteignent pas la blanche colombe!...

    Si vous vous abreuviez un peu moins à la presse mainstream américaine, vous comprendriez un peu mieux les paroles de son Président...Car les USA ne sont pas la France, et, fort heureusement pour le monde, les médias ne décident pas pour son Président. Sa politique étrangère est très cohérente et très éloignée du droidelhommisme bêtifiant que tente d'imposer au monde la diplomatie française. Le message et clair pour ceux qui savent lire: L'Allemagne et les pays nordistes doivent payer pour leur défense! Ainsi comprendront-ils, peut-être, qu'il faut cesser de faire rentrer le cheval de Troie de l'islamisme en Europe..Ah ben, c'est sûr! c'est très différent de la mélasse immigrationniste du Washington post ou du NYT...

  • Par lémire - 01/06/2017 - 11:09 - Signaler un abus Trump et Merkel ont raison

    Les forces armées européennes (hors France et GB) sont dimensionnées pour retarder un ennemi éventuel en attendant l'arrivée de renforts américains, pas pour intervenir au secours les unes des autres. Une opération comme le Kosovo avec des moyens exclusivement européens n'est pas concevable. Et l'Europe n'a pas de comité des plans comme celui de l'OTAN capable de proposer aux gouvernements les moyens d'une autonomie européenne. D'autre part, de faibles dépenses militaires peuvent sembler contribuer à la compétitivité (ce qui n'empêche pas chacun de vouloir sa part des programmes européens d'armement, contribuant à leur inefficacité). L'UE déraisonne en ne raisonnant pas spécifiquement sur les dépenses militaires, elle fait la preuve qu'elle n'est pas capable de porter une volonté de défense, les discours sur la sécurité commune servent à occuper les diplomates et les journalistes. Et depuis l'affaire des réfugiés, personne ne fait confiance à l'Allemagne, qui de toute façon refuse que ses troupes tuent. Les plus affectés par le discours de Trump sont les Baltes et les Polonais, qui devront en passer par les conditions américaines...

  • Par ajm - 01/06/2017 - 11:57 - Signaler un abus Beaucoup de bruit pour rien.

    Toutes ces déclarations "martiales" sur la nécessité que les Européens prennent en main leur défense et leur destin sont ridicules. D'abord il n' y a pas de nation Europe au nom duquel les citoyens de ce continent sont prêts à assumer une défense totalement commune et personne se veut risquer sa vie pour l'Euro ou la BCE. Ensuite l'effort à faire tant technologique que financier pour se mettre à niveau est très considérable. Actuellement l'essentiel de la logistique, les outils de renseignements, les télécommunications, les armes nucléaires sont Américains. Beaucoup d'armées Européennes n'ont pratiquement aucune capacité opérationnelle . Les budgets officielles de défense de certains pays (Italie, Belgique, Pays-Bas.) sont dévorés par les dépenses de fonctionnement (soldes d'effectifs de type armée Mexicaine, pensions versées aux retraités et anciens combattants, état-major pléthorique . .) au détriment de investissement en nouveau matériel, du maintien de la capacité des équipements existant, de l'entraînement et de la RD. De surcroît dans la plupart des pays d'Europe ( à part la GB et certains pays de l'est ) il n'y a plus le moindre patriotisme et l'esprit binounours règne.

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 01/06/2017 - 16:24 - Signaler un abus @ajm

    Tout à fait d'accord sur l'état des lieux... Mais justement, si on se pose la question de savoir pourquoi ?.... On s'appercoit que les européens sont habitués à vivre avec l'idée du parapluie américain ce qui les exonère de toute pensée sécuritaire.... Par conséquent, toute dépense dans le domaine militaire paraît superflu au même titre que l'esprit patriotique qui ne peut s'exprimer que lorsqu'on est maître de ses moyens de défense. La vision optimiste est plutôt que la notion de patriotisme européen apparaîtra au moment ou une véritable armée européene se substituera à l'Otan.

  • Par Giulia - 01/06/2017 - 16:50 - Signaler un abus L'Allemagne doit changer

    Si économiquement, l'Allemagne va si bien c'est en partie parce qu'elle n'a pas investi dans son armée, il va falloir que mme Merkel explique aux Allemands que les pays européens sont en guerre et doivent donc avoir une armée capable de défendre les Européens, ils va falloir que l'Allemagne s'endette pour la défense ...

  • Par moneo - 02/06/2017 - 12:18 - Signaler un abus et revoilou la 4eme république

    en 56 de Gaulle s'alliant avec les communistes fit échouer la tentative de créer une armé européenne la CED. la France n'avait pas l'arme atomique , 60 ans plus tard le problème ressurgit;alors quid? additions de défense nationales avec doublons inévitables et à terme pourquoi pas réapparition de guerres nationales? ou création d'une nouvelle CED? les Etats de l'UE sont ils prêts à partager les commandements suivant quelles stratégies communes ? 2 questions majeures 1/ equipements ?devons nous désormais privilégier la recherche et le développement systématique d'armes européennes :A priori oui pourquoi dépendre des USA? l'indépendance c'est l'indépendance ça pose beaucoup de problèmes économiques et de non dits qui devront être crevés 2/quid de l'arme nucléaire :seule la France sait la fabriquer et a les moyens autonomes de s'en servir. Tous nos Présidents ont toujours dit que ce n'était pas partageable et les militaire en tête...et pourtant les modernisations sont indispensables notamment sur les vecteur marins et aériens avons nous les moyens de suivre la guerre de l'armement?qui financerait?sans contre partie

  • Par Leucate - 02/06/2017 - 16:01 - Signaler un abus Le suzerain et le vassal

    Depuis la seconde guerre mondiale, les EUA sont le suzerain et les pays d'Europe occidentale les vassaux. Le problème qui s'est créé au fil des décennies, les pays européens ont privilégié le social au détriment de la sécurité dans leurs choix budgétaires tandis que le suzerain supportait de plus en plus le cout de la sécurité collective. Aujourd'hui, il en a marre de payer la plus grosse part et demande à ses vassaux de contribuer plus. L'UE me fait penser à une autre organisation mercantile qui a existé dans le passé, la Hanse germanique, puissante économiquement mais dont la puissance militaire, y compris navale alors que les cités de la Hanse étaient maritimes était quasi nulle. La Hanse avait délégué sa sécurité à un ordre militaire, celui des chevaliers teutoniques, elle déclina puis disparut quand les teutoniques furent vaincus par le royaume de Pologne à la bataille de Grunwald. nota: l'ordre devint vassal des polonais. Au XVI° siècle, il se sécularisa quand son grand-maître adopta la réforme de Luther et devint un grand duché qui plus tard fut érigé en royaume, le royaume de Prusse.

  • Par Patrick LOUVET - 02/06/2017 - 17:05 - Signaler un abus Bravo M TRUMP ET M POUTINE

    Eux au moins défende les valeurs de leur pays avec en plus pour M. POUTINE une défense de la religion ORTHODOXe RUSSE

  • Par Marie-E - 02/06/2017 - 17:15 - Signaler un abus ce qui est curieux

    avec l'Allemagne, c'est qu'elle n'investit pas dans sa défense comptant sur le parapluie américain et la solidarité européenne, c'est un peu comme le nucléaire. Par contre en 2014 elle était 6 e exportateur d'armes avec 3,5 Mds.

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Guillaume Lagane

Guillaume Lagane est spécialiste des questions de défense.

Il est également maître de conférences à Science-Po Paris. 

Il est l'auteur de  Questions internationales en fiches (Ellipses, 2013 (deuxième édition)) et de Premiers pas en géopolitique (Ellipses, 2012). il est également l'auteur de Théories des relations internationales (Ellipses, février 2016). Il participe au blog Eurasia Prospective.

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Jean-Sylvestre Mongrenier

Jean-Sylvestre Mongrenier est docteur en géopolitique, professeur agrégé d'Histoire-Géographie, et chercheur à l'Institut français de Géopolitique (Université Paris VIII Vincennes-Saint-Denis).

Il est membre de l'Institut Thomas More.

Jean-Sylvestre Mongrenier a co-écrit, avec Françoise Thom, Géopolitique de la Russie (Puf, 2016). 

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