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Là ou l'humain reste plus efficace que les robots (y compris sur tâches plus ou moins automatisées)

Le robot peine à interagir physiquement avec le monde qui l'entoure, ce qui l'empêche encore de réaliser des taches pourtant à la portée de n'importe qui.

Les robots ne savent pas danser

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Là ou l'humain reste plus efficace que les robots (y compris sur tâches plus ou moins automatisées)

Le robot peine à interagir physiquement avec le monde qui l'entoure. Crédit Reuters

Atlantico : En avril dernier, Toyota a annoncé avoir remplacé dans l'une de ses usines des robots par des ouvriers. En l'expérience semble concluante. Quels sont les domaines où l'homme jouit encore d'une certaine supériorité sur le robot ?

Jean-Gabriel Ganascia : La comparaison des capacités intellectuelles de l’Homme et du robot n’a de sens qu’au regard de tâches particulières. En effet, les compétences en jeu ne sont pas identiques lorsque l’on joue au échec, que l’on fait des additions, que l’on écrit des poèmes, que l’on compose de la musique ou que l’on démontre des théorèmes de mathématiques. Pour certaines activités, les robots peuvent se montrer meilleurs que les hommes en général, ou que certains hommes en particulier, par exemple pour faire des multiplications ou pour jouer aux échecs les machines actuelles se révèlent plus efficaces, en revanche, pour d’autres, l’Homme se montre meilleur.

Ainsi en va-t-il encore pour l’écriture de poèmes ou pour la composition musicale. Ceci étant, rien ne dit qu’il en ira ainsi indéfiniment et que l’Homme sera toujours plus intelligent que la machine dans l’exercice de ces tâches. On ne saurait aujourd’hui dresser des limites infranchissables aux capacités des machines. En revanche, des tâches beaucoup plus élémentaires, comme débarrasser la table, faire du ski ou jouer au billard demandent des capacités de contrôle moteur qui couplent l’intelligence avec des automatismes mécaniques. Or, jusqu’ici, on a eu beaucoup de difficultés à reproduire ce couplage sur des robots. Bref, les limites actuelles de la robotique portent plus sur le comportement moteur que sur les facultés intellectuelles supérieures.

N'y a-t-il pas une forme de paradoxe dans ce malaise qu'ont les robots à interagir physiquement avec le monde qui les entoure ? Comment expliquer ce décalage entre la représentation du robot plus fort, plus rapide et plus précis et la réalité ?

Il y a bien évidemment ici un paradoxe, car, ce dont l’Homme est le plus fier, c’est de son intelligence qui le distingue des autres primates supérieurs. Pendant longtemps, on a imaginé qu’en fabriquant des êtres artificiel on reprendrait le même cheminement que celui de la nature, en reproduisant d’abord les vivants les plus primitifs puis en les perfectionnant progressivement, jusqu’à reconstruire l’être le plus abouti de la Création, l’Homme… Bizarrement, il en va tout autrement : les machines imitent relativement facilement ce qui nous est le plus cher, à savoir l’esprit, et difficilement ce qui apparaît comme le plus ordinaire dans le règne de la nature, c’est-à-dire le mouvement. En réalité, ce décalage tient à une méprise : lorsque l’on croit que l’on fabrique des machines douées d’intelligence, cela signifie que l’on reproduit des comportements analogues à ceux d’un être intelligent, mais cela ne veut pas dire que la machine possède un esprit ou qu’elle réfléchit, au sens propre, c’est-à-dire qu’elle se représente en train de penser. Cela veut dire, simplement, que les raisonnements que nous conduisons dans certaines de nos activités sont si simples que l’on peut les reproduire sur une machine.

 
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