Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Lundi 01 Septembre 2014 | Créer un compte | Connexion
Extra

Où en est le livre numérique en France ?

L'Université Paris-Dauphine organise ce mercredi deux tables rondes autour de la question "Livre numérique, chapitre 2 : une page qui se tourne pour le papier ?".

Viva la revolucion !

Publié le - Mis à jour le 16 Février 2013

Sur Internet s’est installé le mythe de la gratuité de l’accès aux contenus intellectuels : la musique et la vidéo ont déjà perdu l’un la moitié, l’autre le quart de leur marché. Comment le passage au numérique modifie-t-il le business modèle classique de l'édition ? 

Les inquiétudes concernent tout d’abord les téléchargements illégaux. Selon la dernière enquête menée par Hadopi (Ifop/SSI, octobre 2012), le livre est très faiblement concerné par les pratiques illégales, sans doute par la nature du public concerné (plus âgé, moins équipé) mais aussi par l’environnement législatif important mis en place en France.

Du point de vue économique, on imagine souvent que le passage au numérique devrait s’accompagner d’une baisse radicale du prix du livre à cause de sa dématérialisation. Aux Etats-Unis par exemple, le livre numérique est souvent 50 % moins cher que le livre papier. Or, la part liée à la fabrication ne représente que 15 % du prix total du livre. Les autres acteurs de l’édition restent bien présents. L’auteur bien entendu, qu’il faut rémunérer. L’éditeur, dont le travail éditorial de sélection, de conception et de correction reste toujours aussi fondamental, à quoi il faut ajouter les nouveaux frais liés aux technologies numériques (conversion des fichiers, stockage, protection, etc.). On aurait tort de croire que le numérique entraînera la disparition de l’éditeur. Ce serait oublier le rôle qu’il joue dans la transformation d’un texte en livre, dans sa promotion et au final dans sa « labellisation » au sein d’un marché de masse. Il ne faudrait pas oublier aussi la distribution et la vente. Celle-ci se fait certes en ligne et reste moins coûteuse qu’une distribution physique, mais elle est désormais la clé de voûte du système économique, dominée par de grands opérateurs peu enclins à rogner sur leurs marges. On peut bien entendu économiser sur chacune de ces phases, mais l’édition française a toujours veillé à protéger le droit des auteurs et des éditeurs (on se souvient sans doute des actions intentées en 2009 contre Google et son programme de numérisation massive ; en mars 2012 ont été adoptées de nouvelles dispositions du contrat d’édition pour l’adapter au contexte numérique)  et souhaite soutenir une distribution et une librairie numériques indépendantes.

Selon la Commission Lescure, le marché de l’édition électronique est loin d’avoir atteint ses objectifs. Quels seraient les moyens de l’améliorer ?  

Il y a trois enjeux fondamentaux auxquels le marché est confronté. Le premier est tout simplement celui de l’augmentation de l’offre légale. L’édition de livres numérique reste encore trop faible, même si certains secteurs comme l’édition scientifique, juridique et scolaire sont très avancés. La question de l’uniformatisation des normes et des standards est elle aussi fondamentale car elle permettra une meilleure accessibilité, quels que soient le support et le distributeur. Les constructeurs et les distributeurs ont en effet tendance à développer leurs propres formats pour s’assurer la dépendance d’un lecteur captif. Enfin la protection des droits d’auteur et de l’éditeur, ainsi que la protection du prix du livre. Le rétablissement de la TVA en janvier 2013 sur le livre à 5,5 % permettra sans doute de garantir la viabilité d’un marché instable (depuis 2008 et selon les années, la vente des livres oscille entre + 1 et -1%). On a contesté le fait que la loi du prix unique du livre, fixé par l’éditeur, puisse être appliquée au livre numérique (loi du 26 mai 2011). Elle a le mérite, dans la phase de transition que nous connaissons, de ne pas totalement déréguler le marché du livre numérique et elle suppose que les éditeurs seront pleinement conscients des nécessités nouvelles du marché.

                                                                                                                                                                                                                                                       Propos recueillis par Juliette Mickiewicz

 

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par kettle - 13/02/2013 - 15:05 - Signaler un abus Online ebook converter

    azw, epub, mob,i pdf & co http://ebook.online-convert.com

  • Par Glop Glop - 13/02/2013 - 15:20 - Signaler un abus Le plus dur a été de lire...

    ... Guerre et Paix qu'avec des 0 et des 1.

  • Par deathpurple - 13/02/2013 - 17:59 - Signaler un abus Vive les "epub"

    L'industrie du livre est en train de reproduite les erreurs de l'industrie musical. Des numérisations (epub) de mauvaise qualité, parfois plus chère que le livre de poche correspondant. Une offre indigente. Bref, tout les ingrédients pour que le lecteur se tourne vers le piratage. Le seul avantage qu'à le livre sur le CD, c'est qu'un livre demande quelques heures de travail pour le transformer en epub, alors qu'on transforme en mp3 un CD en quelques minutes.

  • Par kettle - 14/02/2013 - 02:49 - Signaler un abus 42,000 free ebooks

    @deathpurple "Une offre indigente" --- http://www.gutenberg.org

  • Par world28 - 14/02/2013 - 10:42 - Signaler un abus Une vraie farce !!

    L'analyse effectuée ici dépasse l'entendement. Cette chère dame semble méconnaitre profondément son sujet. Les éditeurs n'assurent pas correctement l'information autour des livres, c'est un grand classique. Les auteurs sont payés au lance-pierre. Bien moins que 10% en tous cas d'un livre papier. Pour un texte (sans photo) il faut 3 minutes montre en main pour créer un epub sur un mac avec un logiciel gratuit qui permet de gérer tous les aspects. Certes, il y a la relecture (minime avec les correcteurs), mais même la mise en page ne coûte rien maintenant avec les logiciels... Oui, dans le prix du livre il y a les coûs du papier, et du salaire de l'éditeur... Un livre électronique à 5 euros, avec 2 euros pour l'auteur sera toujours mieux qu'un livre papier à 15 euros, avec 1 seul pour l'auteur !!! Donc il faut savoir de quoi l'on parle. Cette chère dame parle la langue de bois !!! Personne ne l'attendra, et les éditeurs, sous la forme actuelle disparaitront comme les maisons de disque, par inutilité. C'est le marché qui fait loi, pas les monopoles. Il faut inventer un modèle économique qui ne soit pas basé sur le support matériel. Un point c'est tout !

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Hélène Védrine

Maître de conférences de littérature française et responsable du Master "Métiers de l'édition" à l’université de Paris-Sorbonne, spécialiste du livre illustré au XIXe et XXe siècles

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€