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Organisation de son parti ou réforme des institutions : les dangereuses idées de Jean-Luc Mélenchon pour la démocratie

Jean-Luc Mélenchon explique que la France insoumise est plus une organisation populaire qu'un parti politique traditionnel. Cela sous entend une stratégie de mise en avant du collectif.

Démocrature ?

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Organisation de son parti ou réforme des institutions : les dangereuses idées de Jean-Luc Mélenchon pour la démocratie

Atlantico : Dans le journal le 1, Jean-Luc Mélenchon a déclaré que le but de la France Insoumise n'étais "pas d'être démocratique, mais collective", car il s'agit d'un mouvement et donc "d'une forme organisée du peuple" à opposer au parti politique qui est selon lui contre le peuple.  Et quand on lui demande : "Qu’avez-vous prévu pour parler au peuple sans diplôme ?", le leader de LFI déclare "Moi. Vous pouvez vous identifier à moi." Si on intègre ces déclarations à la vision que porte LFI de la VIe République, ne peut-on pas considérer que cette négation du caractère représentatif de la démocratie démocratique de la Ve République suit une pente de plus en plus antidémocratique ?

Eric Deschavanne : Cela dépend ce que l'on entend par "démocratique". La culture politique de Mélenchon est celle de l'extrême-gauche révolutionnaire et anti-libérale. La démocratie représentative libérale n'est pas son modèle. En revanche, la souveraineté du peuple est le dogme qui fonde sa démarche. Il oppose à la représentation comme forme d'expression politique de cette souveraineté, une "auto-organisation" du peuple, dont les modalités ne sont par définition pas très claires puisque déterminées sur la base d'un refus des procédures. "Le mouvement n'est ni vertical, ni horizontal, dit-il, il est gazeux".

Même fumeux pourrait-on ajouter !  En matière de procédures, ce qui émerge, ce sont celles que les partisans de la démocratie directe opposent classiquement à la démocratie représentative : le tirage au sort et la révocation des élus. La révocation des élus se fonde sur la théorie du mandat impératif qui a été fort justement écartée au profit du mandat représentatif par la Révolution française : un représentant dont la volonté est placée à tout moment dans la dépendance vis-à-vis de ses électeurs ne dispose pas de l'autonomie nécessaire pour incarner l'intérêt général (il dépend, s'il est député, des intérêts particuliers qui l'ont élu) ou pour prendre, s'il exerce le pouvoir, les décisions rationnelles que la situation ou l'intérêt collectif à long terme imposent et qui peuvent éventuellement contrarier les intérêts et les passions du moment. Bref, en l'absence d'une représentation politique doté d'un minimum d'autonomie, un peuple ne peut ni se gouverner, ni même se représenter ce qu'il veut. Quant au tirage au sort, pratiqué par la démocratie  athénienne, et encore aujourd'hui pour constituer les jury de cours d'assise, il peut apparaître comme la forme de sélection la plus démocratique puisque le premier venu à sa chance. Par définition, il interdit en revanche le choix éclairé des meilleurs ou des plus aptes, ou simplement le choix de l'orientation politique que l'on souhaite privilégier. Si l'on devait tirer au sort le Président de la République, le sort pourrait désigner aussi bien Marine Le Pen, que Mélenchon, Macron ou Jean Lassale. Pas sûr que le peuple y gagnerait beaucoup en souveraineté et en "auto-organisation" !

 
Commentaires

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  • Par vangog - 20/10/2017 - 08:17 - Signaler un abus Ah! Le collectivisme marxiste...

    Cette idéologie d'avenir qui n'a jamais été tentée, pour contrecarrer le libéralisme intelligent...parti unique, comités de quartier, collectivisation des terres, refondation des goulags socialistes, mythe du leader à la blouse blanche...Oui! Pourquoi pas? Essayons puisque c'est la seule chose qui n'a jamais été tentee...Atlantico s'évertue à plonger la France dans un passé marxiste révolu, afin de faire oublier aux lecteurs-électeurs que le premier parti de France est le Front National...essaie encore, gamin!...

  • Par Deudeuche - 20/10/2017 - 08:52 - Signaler un abus Dictature du proletariat

    Vachement original camarade!

  • Par Atlante13 - 20/10/2017 - 10:57 - Signaler un abus Dictature du proletariat,

    oui, m

  • Par Atlante13 - 20/10/2017 - 11:05 - Signaler un abus Dictature du proletariat,

    oui, mais avec moi, Chavezlenchon, comme leader maximo à vie. Et puis, je dois acheter un logement de luxe à Marseille, avec vue panoramique sur le vieux port, ça coute un oeil et ça va amputer ma petite cagnotte péniblement accumulée pendant toute ma carrière d'élu à rien foutre. Viva Melenchavez, père du petit peuple, mais qui voyage en première!

  • Par jerome69 - 20/10/2017 - 11:31 - Signaler un abus Stalinenchon

    Les idées de ce type sur la démocratie sont les mêmes que celles d'Erdogan, ou que celles Stalilne; Pol-pot ou consor sur la question

  • Par 2bout - 20/10/2017 - 15:33 - Signaler un abus A tout problème, sa solution : la Miviludes

    Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires.

  • Par cloette - 21/10/2017 - 11:43 - Signaler un abus Mélenchon ?

    Mais, c'est un bourge !!!

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Eric Deschavanne

Eric Deschavanne est professeur de philosophie.

A 48 ans, il est actuellement membre du Conseil d’analyse de la société et chargé de cours à l’université Paris IV et a récemment publié Le deuxième
humanisme – Introduction à la pensée de Luc Ferry
(Germina, 2010). Il est également l’auteur, avec Pierre-Henri Tavoillot, de Philosophie des âges de la vie (Grasset, 2007).

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