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L’OCDE souligne que les PME françaises sont de plus en plus contraintes d’avoir recours à des modes de financement alternatifs

Méfiantes, les banques ont tendance à réduire leurs risques en matière de prêts en particulier à destination des PME. Celles-ci doivent donc de plus en plus rechercher des moyens de financement dits alternatifs, comme les plateformes collaboratives.

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L’OCDE souligne que les PME françaises sont de plus en plus contraintes d’avoir recours à des modes de financement alternatifs

 Crédit DAMIEN MEYER / AFP

Depuis la crise financière, les banques ont tendance à réduire leurs risques en matière de prêts en particulier à destination des PME. À défaut de pouvoir s’adresser directement aux marchés financiers, les petites et moyennes entreprises se tournent de plus en plus, au sein de l’OCDE, vers des moyens de financement dits alternatifs comme les plateformes collaboratives. Malgré tout, les crédits bancaires restent de loin leur première source de financement.

Le recours à des financements en ligne « alternatifs » est particulièrement marqué en Chine, aux États-Unis et au Royaume-Uni. Le crédit-bail, la location-vente, l’affacturage et l’escompte de factures, qui reposent sur des valeurs d’actifs plutôt que sur la cote de crédit, progressent et cela depuis deux ans.

L’OCDE a indiqué dans le cadre d’une étude publiée, le 21 février 2018, que les nouveaux prêts bancaires aux PME avaient, en 2016, diminué dans 15 des 25 pays et que le taux de croissance. Le taux d’intérêt moyen appliqué aux PME avait, en revanche, diminué en 2016 dans 30 pays sur 36. Ils n’ont augmenté qu’au Canada, en Colombie, aux États-Unis, en Israël, au Kazakhstan et au Mexique. Par ailleurs, les taux de rejet des demandes de crédit ont reculé en 2016 dans une majorité de pays.

Les  problèmes structurels d’accès aux sources externes de financement concernent, en particulier pour les jeunes entreprises, les start-ups, les microentreprises et les entités innovantes sans modèle économique éprouvé. Ces entreprises sont souvent dépourvues d’actifs facilement utilisables comme sûreté. Il n’est pas rare qu’elles disposent d’actifs incorporels, mais bien des difficultés demeurent pour utiliser ces derniers en échange de financements.

Les volumes d’affacturage ont augmenté dans près des deux tiers des pays pour lesquels des données sont disponibles. Les investissements de capital-risque ont également progressé dans une majorité de pays en 2016, même si leurs volumes sont restés en deçà des niveaux antérieurs à la crise. L’apport de fonds propres sont souvent bien adaptés aux entités innovantes en

Le financement « alternatif » en ligne qui comprend le crédit interentreprises, les apports de fonds propres participatifs et le rachat de créances en ligne enregistre une forte croissance au sein de l’ensemble des États membres de l’OCDE.  Néanmoins, de fortes disparités régionales existent en la matière ; les marchés du Royaume-Uni, des États-Unis et surtout de la Chine sont très en avance sur ceux d’Europe continentale.

En revanche, les introductions en bourse diminuent surtout pour les PME en particulier en Europe tout comme aux États-Unis. Les contraintes réglementaires et comptables constituent des freins pour l’introduction en bourse. Les entrepreneurs rechignent à l’arrivée d’actionnaires extérieurs. Les investisseurs se méfient encore des marchés après les krachs de 2008 et de 2011. L’aversion aux risques a augmenté. Enfin, les fables taux d’intérêt n’incitent pas les entrepreneurs à ouvrir leur capital, le prix à payer étant supérieur aux prix des emprunts.

 
Commentaires

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  • Par lexxis - 26/02/2018 - 09:49 - Signaler un abus GRAVE ERREUR DE CASTING

    Il y a quand même un paradoxe et aussi un abus à diriger l'épargne des particuliers vers les risques de l'actionnariat, alors qu'on laisse les professionnels du crédit se détourner abusivement des prêts qu'ils devraient accorder aux entreprises. L'excuse du risque ne tient absolument pas quand on voit que dans toutes les banques les activités de casino notamment avec les produits dérivés ont pris le dessus. Il serait temps de reposer les problèmes dans l'ordre où ils ont un sens plutôt que d'envoyer à l'abattoir de la spéculation et sans garantie particulière des assurés-vie qui cherchent simplement à sécuriser leur épargne. L'État n'a qu'à user de ses pouvoirs régaliens pour rappeler aux banques que le crédit aux entreprises fait partie de leur métier et ce n'est pas aux assurés-vie, ces "rentiers" que méprise si ouvertement le Président de la République de sauver la Nation là où ses amis les financiers se font porter pâles.

  • Par WhiteWalker - 26/02/2018 - 10:59 - Signaler un abus Ne soyons pas les finaceurs

    Si le risque est trop élevé pour les banques, il l'est aussi pour les particuliers. Veillons à ne pas nous laisser fourguer des placements risqués. On 'arrête pas d'entendre de la propagande en ce sens : fiancez les PME, les starts-ups, etc ...

  • Par ajm - 26/02/2018 - 14:44 - Signaler un abus Réglementation bancaire dissuasive.

    Le financement des start-up c'est une affaire pour les investisseurs de capital- risque qui interviennent non comme prêteurs mais comme investisseurs en fonds propres. Depuis de nombreuses années maintenant, les règles Baloises pénalisent très fortement les banques d'intervenir directement ou indirectement en fonds propres dans les entreprises. Donc , ils faut d'autres investisseurs, Assurances ( eux aussi soumis à des règles strictes , Solvency ...) fonds spécialisés, individus "Business Angels" ..)

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Philippe Crevel

Philippe Crevel est économiste, directeur du Cercle de l’Épargne et directeur associé de Lorello Ecodata, société d'études et de conseils en stratégies économiques.

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