Tous les lieux fréquentés par les femmes pouvaient être sources d’approvisionnement pour le Guide, y compris les prisons où l’on a vu une de ses gardes du corps venir faire des photos de jolies détenues. Les salons de coiffure et de beauté étaient une source privilégiée, visités assidûment par ses rabatteuses. Les fêtes de mariage en étaient une autre. Il adorait se rendre à ces festivités où les femmes revêtaient leurs plus beaux atours. S’il ne pouvait s’y rendre lui-même, il y dépêchait ses émissaires et passait un temps fou à visionner photos et vidéos prises à cette occasion.
Un photographe du centre de Tripoli me l’a confirmé, qui trouvait toujours mille prétextes pour ne pas remettre à Bab al-Azizia les copies des reportages de mariage qui lui étaient demandées. Des jeunes filles me confirmeront avoir renoncé d’elles-mêmes à se rendre à certaines de ces fêtes organisées dans de grands hôtels de Tripoli par peur d’être ainsi filmées et repérées plus tard pour le Guide ou sa clique. D’autres parents vivront dans cette angoisse, interdisant à leurs filles, déjà privées de rencontres sociales, de s’attarder aux fêtes et défilés, a fortiori lorsqu’ils avaient lieu dans l’enceinte de Bab al-Azizia.
[…]
Ses employés, chauffeurs, gardes, soldats étaient souvent sollicités pour lui faire parvenir les photos et films de leur mariage. Certains, au départ, étaient plutôt touchés de l’intérêt du Guide. Mais tous ont déchanté. Si une invitée, sœur, cousine, avait l’heur de lui plaire, ils étaient chargés de provoquer une rencontre. Et advienne que pourra. Mais si c’était la jeune mariée qui tapait dans l’œil du maître, ils ne l’apprendraient que lorsqu’il serait trop tard. Le Colonel se débrouillerait pour les éloigner de leur foyer, au prétexte d’une mission, et en profiterait pour convoquer leur épouse ou lui rendre visite. Une visite non courtoise qui, si la femme résistait, conduisait à un viol.
[...]
Infirmières, institutrices, puéricultrices étaient également ciblées. La directrice d’une crèche de Tripoli m’a notamment raconté comment l’une de ses jolies employées a reçu un jour la visite de trois amazones venues lui demander de se joindre à une équipe de jeunes femmes choisies pour accueillir à l’aéroport, avec des fleurs, une délégation d’Afrique du Sud. « Surtout, faites-vous belle ! » Quelques jours plus tard, elles passaient la chercher dans un minibus qui, soudain, quitta la route de l’aéroport et obliqua vers Bab al-Azizia.
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Kadhafi réapparut alors, et il ne souriait plus. Ses intentions étaient très claires. La fille a paniqué : « Je vous en prie, ne me touchez pas. Je suis de la montagne. Et j’ai un fiancé ! — Je te donne le choix, a répondu le Guide : ou bien je le tue, ou bien je te laisse l’épouser, je t’offre une maison et tu nous appartiendras à tous les deux. »
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Extrait de "Les proies", Grasset (12 septembre 2012)

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Et DSK il participait ou bien était il le conseillé de Kadafi ?
Avez-vous remarqué que depuis 2, 3 ans, tous les reporters envoyés par nos chaînes dans les pays arabo/musulmans, sont des femmes, le plus souvent jeunes et belles.
On se demande bien pourquoi ?
Celui qui a vécu par le sexe périra par le cul !
sur le sort de cette pauvre femme. Mais les gains récoltés par la vente de ce livre seront-ils versés pour aider cette pauvre femme qui doit encore se cacher des autres bonhommes au risque de se faire lapider ? ou bien vont-ils directement dans la poche de l'Editeur et de la journaliste ?
Memonna Hintermann raconte dans un livre comment elle a échappe de peu aux assauts de Khadaffi qu'elle était venue interviewer.