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Le nucléaire iranien : Et maintenant que Trump l’a dé-certifié, que va-t-il se passer ?

Comme attendu, Donald Trump s’est abstenu de certifier devant le Congrès américain le respect par l’Iran de ses engagements au titre de l’accord nucléaire du 14 juillet 2015.

Et après ?

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Le nucléaire iranien : Et maintenant que Trump l’a dé-certifié, que va-t-il se passer ?

En se fondant sur une litanie de remontrances à l’encontre de l’Iran, sans aucun rapport avec l’accord nucléaire proprement dit, en partant de l’affaire des otages de l’ambassade américaine de 1979 jusqu’à l’engagement de l’Iran en Iraq et en Syrie, Trump y a puisé le raisonnement opportun pour jeter l’opprobre sur l’Iran et de la sorte se donner les munitions requises dans sa construction alambiquée pour dé-certifier cet accord. Aussi bien par le langage utilisé que la sémantique employée, l’idéologie anti-iranienne de ses amis saoudiens et de l’aile droite du Likoud semblait dominer le raisonnement par lui développé.

Il a même innové en qualifiant le golfe persique de golfe arabique, signant ainsi son discours par le tropisme saoudien qui le caractérise et rejetant la qualification de « persique » retenue pour ce golfe par tous ses prédécesseurs, sans exception aucune, et par tous le historiens depuis Hérodote, 5 siècles avant notre ère !

Que va-t-il se passer maintenant que la dé-certification est intervenue ? Même si pour autant l’Amérique n’est pas encore sortie de l’accord nucléaire, le droit américain requiert en pareil cas l’ouverture d’une période de 60 jours pendant laquelle les deux chambres du Congrès, la Chambre des Représentants et le Senat, à la majorité simple, pourront de nouveau imposer les sanctions nucléaires sur l’Iran. Le Congrès pourra aussi suivre l’adage de certains sénateurs républicains, soit le fameux « fix it or nix it (réparez le ou supprimez le) et adopter une législation cherchant à améliorer l’accord. Cette dernière voix, nécessitant le consentement de 60 sénateurs n’aurait d’autres buts que celui de mettre un terme à l’accord nucléaire, tellement ses dispositions seront en conflit avec la position iranienne. En effet, les iraniens ont clairement déclaré par la bouche de leur président qu’ils ne sont pas disposés à renégocier l’accord. Il en va de même de l’ensemble des autres pays signataires de l’accord, les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU plus l’Allemagne et l’Union Européenne. Enfin, sans même l’intervention du Congrès, Trump pourra tout simplement s’abstenir de prononcer la suspension des sanctions américaines liées au nucléaire dès leur prochaine échéance.

Le sénateur de l’Arkansas, Tom Cotton, hostile à cet accord depuis toujours, a d’ores et déjà déclaré qu’il proposera prochainement une législation visant à « améliorer » l’accord. La voie pour la crise semble ouverte. L’Amérique risquerait de se retrouver dans la position embarrassante de sanctionner les entreprises de ses alliés européens qui continueraient à s’engager économiquement avec l’Iran. La Corée du Nord continuerait ses essais nucléaires, ne voyant aucun intérêt à engager des discussions avec une Amérique qui rechigne à respecter sa propre signature si peu de temps après l’implémentation de l’accord, le 16 janvier 2016. L’Union Européenne pour sa part pourra être amenée à avoir recours à son arsenal législatif et introduire les clauses dites « réglementation de blocage » interdisant aux entreprises européennes de respecter la loi extraterritoriale américaine visant à les soumettre au dispositif législatif américain allant jusqu’à les rembourser des pénalités éventuelles dont elles feraient l’objet. L’Europe pourra aussi faciliter les transactions financières et encourager les financements de projets en faisant de l’Iran un partenaire de la Banque Européenne de l’Investissement.

 
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  • Par vangog - 18/10/2017 - 08:18 - Signaler un abus Aucune confiance dans l'ONU islamophile!

    L'ONU a été colonisée par les tiers-mondistes revanchards et autres neo-trotskystes neo-colonialistes (en direction de l'Occident). L'AIEA dépend directement du Conseil de sécurité de l'ONU soumis à la doctrine mondialiste Soros-Attali. Ces instances mondiales avaient une certaine crédibilité il y a quarante ans, lorsqu'elles étaient pluralistes. Mais elles expriment aujourd'hui la haine de tiers-monde revanchard et islamophile envers l'Occident. Il ne fallait pas les laisser noyauter par les gauchistes archaïques...

  • Par Shebear88 - 18/10/2017 - 08:25 - Signaler un abus Les pressions exercées

    par les alliés des USA dans la région, à savoir l'Arabie Saoudite et Israël, à quoi s'ajoute le poids des marchands d'armes washingtoniens fournisseurs de Riad et de Tel-Aviv, jouent certainement un rôle majeur dans ce dossier. Le lobbying politique et économique est institutionnel à Washington. N'existe-t-il donc pas, aux USA mêmes, un contrepoids et un "contre-lobbying" de la part des intérêts économiques qui seraient intéressés par la reprise du business avec l'Iran, voire même avec la Syrie où la reconstruction sera très bientôt à la première page de l'agenda ?

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Ardavan Amir-Aslani

Ardavan Amir-Aslani est avocat et essayiste, spécialiste du Moyen-Orient. Il tient par ailleurs un blog www.amir-aslani.com, et alimente régulièrement son compte Twitter: @a_amir_aslani.

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