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Nouveau référendum en vue sur le Brexit : les gains pour le Royaume-Uni d’un nouveau vote “Remain” vaudraient-ils le coût politique de l’annulation du vote « Exit »?

"Nos coeurs vous sont toujours ouverts" a déclaré Donald Tusk à Strasbourg. Toutefois, peu de chance de voir un second vote arriver avant le divorce définitif entre Européens et Britanniques.

2005, le come back ?

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Si l’annulation du vote du Brexit, par quelque technique que ce soit, soulagerait les Remainers et les gouvernements européens, il faut constater que cela n’arrangerait rien au fond de la situation de crise politique et l’aggraverait bien au contraire, décuplant les critiques existantes sur le long terme. Dans le cas du référendum de 2005, les non français et néerlandais avaient été contournés avec le Traité de Lisbonne. Une pure invalidation, ne serait-ce que par un nouveau vote qui, de façon très hypothétique, produirait un petit non au Brexit, ne pourrait qu’être interprétée comme une forme de violation du cadre démocratique.

La démocratie ne consiste pas à faire revoter jusqu’à ce que le résultat souhaité prenne le dessus, car le risque est évidemment celui d’une manipulation systématique et de grande ampleur de l’opinion à cette fin.

Donald Tusk s’est, en particulier par rapport à ses homologues de la Commission, souvent montré beaucoup plus réaliste au sujet de la crise politique européenne. On peut ainsi penser que sa position sur l’inversion du Brexit constitue un réflexe dans ce type de poste plus qu’elle ne traduit son approche personnelle. Son invocation de la question de la démocratie vise, en vain, à retourner l’argument sur le respect nécessaire du référendum. Cependant, un chef d’Etat en régime de démocratie libérale n’est pas un photographe qui mitraillerait de flashs photographiques la population jusqu’à en obtenir le plus sublime des clichés à même de satisfaire sa vision des choses. Que l’on soit pour ou contre le Brexit, là n’est même pas la question du point de vue du respect des principes démocratiques et libéraux.

Qui sont ceux qui défendent réellement une telle solution, aussi bien au Royaume Uni que dans le reste de l'UE ? Quel est le risque de voir à nouveau se cristalliser une nouvelle fois une opposition entre "peuple" et "élites" ? Cette opposition binaire se vérifie-t-elle en l'espèce ? A-t-elle au moins un sens ?

Au Royaume-Uni, de nombreux Remainers respectent le vote populaire. C’est d’ailleurs le cas de Theresa May qui avait voté non au Brexit et qui, en vertu de son mandat, négocie pour satisfaire le vote démocratique en faveur d’une sortie de l’Union européenne. Une autre catégorie de Remainers souhaite inverser le vote. On peut comprendre les motivations de ceux pour qui le refus du Brexit touchent à des sentiments sincères d’attachement à l’Europe. Les motivations de ceux qui vont jusqu’à invoquer la parole de Tony Blair est, à l’opposé, assez dérangeante. L’ex-premier ministre avait perdu son crédit politique en particulier de par ses mensonges lourds de conséquences et de pertes de vies humaines au moment de la guerre d’Irak, mais la cause du Brexit apparait primordiale au point de remettre en scène le personnage, qui n’a rien perdu de son énergie.

 
Commentaires

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  • Par Deudeuche - 17/01/2018 - 09:55 - Signaler un abus J’aime nos libéraux sociaux

    On ne peut pas revenir sur un acquis societal se serait du déni de conservateur attardé, par contre ignorer le vote de 2016 la pas de problème!

  • Par Michel Baubet - 17/01/2018 - 10:26 - Signaler un abus Prévision :

    De toute façon, comme l'a très bien dit Jean Louis Bourlange "Avant ils avaient un pied dedans et un pied dehors, après ce sera le contraire "...

  • Par vangog - 17/01/2018 - 10:43 - Signaler un abus Un second vote?????

    2005, vote des Français contre l'UE méprisé! et Brexit de juin 2016, appelé à être revoté. Comme dans les anciennes dictatures socialistes d'avant-mur, lorsque l'européen vote mal, la dictature europeiste en marche trouve une solution de repli!

  • Par J'accuse - 17/01/2018 - 11:03 - Signaler un abus Un lobby anti-Brexit à Atlantico ?

    Nous sommes régulièrement abreuvés d'articles où l'on affirme que le Brexit sera annulé. Ces contributeurs sont presque aussi acharnés que les journalistes pro-Macron, pour nous "informer": ce sont souvent les mêmes, d'ailleurs, comme M. Sylvestre. C'est une obsession pathologique, ou ils ont des intérêts à défendre ?

  • Par Anguerrand - 17/01/2018 - 16:57 - Signaler un abus Comme le FN l’avait préconiser

    Le Franxit selon ce parti était une solution révolutionnaire et pourrait faire de la France un monde de prospérité avec de plus le retour au franc. Imaginons que MLP ait été élue. Depuis que les anglais ont compris les conséquences, car comme le FN on leur a menti. Ils en ont pris conscience et voteraient actuellement contre le Brexit en ayant compris les conséquences économiques catastrophiques de ce Brexit. Le FN n’en parle plus, comme c’est bizarre !

  • Par Anguerrand - 17/01/2018 - 17:00 - Signaler un abus A vangog 10:43

    Il serait préférable que vous utilisiez, comme les médias, les 2 textes ; celui du référendum et le texte adopté

  • Par kelenborn - 17/01/2018 - 22:11 - Signaler un abus Non mais

    on est en GB , pays démocratique!!! pas en République populaire de Macroleonie ni au Frenchbaboué !!!

  • Par Anouman - 17/01/2018 - 22:31 - Signaler un abus Référendum

    Il est certain que l'on peut faire des référendums jusqu'à ce que la réponse attendue soit choisie (comme au Danemark pour Maastricht, un an après). Tout dépend de l'idée que l'on a du vote populaire.

  • Par Citoyen-libre - 18/01/2018 - 09:22 - Signaler un abus Un peuple

    Les anglais, c'est un peuple avec une identité forte. Ils sont capables de marché tous ensemble pour relever des défis. Il y a fort à parier, qu'ils seront à la tête de l'Europe (un pied dehors ou un pied dedans) dans les 10 ans à venir. La donne a changé, et les français auraient peut-être intérêt à jouer la carte des anglais, plutôt que celle des allemands, qui nous ont toujours roulé dans la farine...et un peu plus. Les anglais ne sont pas des naïfs.

  • Par Ajar - 18/01/2018 - 09:36 - Signaler un abus Atlantico

    Arrêter votre intoxication pro europe .....

  • Par cloette - 18/01/2018 - 11:34 - Signaler un abus une question

    A quand le Frexit ?

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Rémi Bourgeot

Rémi Bourgeot est économiste, chercheur associé à l’IRIS et spécialiste des marchés de capitaux. Il a poursuivi une double carrière de stratégiste de marché dans le secteur financier et d’expert économique sur la zone euro et les marchés émergents pour divers think tanks.

Sur la zone euro, ses études traitent des divergences économiques, de la BCE, du jeu politique européen, de l’Allemagne et des questions industrielles.

Parallèlement à ses travaux, il enseigne l’économie de l’Union européenne dans le cadre de l’IRIS-Sup. Il est diplômé de l’Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace (SupAéro) et de l’Ecole d’économie de Toulouse.

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