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Non, le rêve américain n'est pas mort (mais ce n'est pas grâce à Kim Kardashian et Kanye West)

Barack Obama a déclaré dans une récente interview que l'exposition médiatique de certaines célébrités avait contribué à changer la culture américaine et les marqueurs de succès. Le rêve américain se résume-t-il désormais au bling-bling ?

Le déclin de l'empire ?

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Non, le rêve américain n'est pas mort (mais ce n'est pas grâce à Kim Kardashian et Kanye West)

Aux Etats-Unis, les inégalités entre les plus riches et les plus pauvres ne cessent de se creuser. Crédit Reuters

Atlantico : Alors que les inégalités entre les plus riches et les plus pauvres ne cessent de se creuser outre-Atlantique, au mois de juillet, un article du New York Times estimait que la ville de Détroit était une synecdoque des États-Unis (lire ici). Selon cet article, Détroit représenterait la ville dans laquelle une économie égalitaire était née. Économie désormais morte et enterrée. En est-il de même pour le rêve américain ?

François Durpaire : Le rêve américain n’est pas forcément une réalité et il ne l’a jamais été. Le rêve américain est une projection vers un avenir meilleur.

Il est détaché d’une analyse objective de la réalité. Le rêve américain existe depuis la création des États-Unis. Dans le musée de l'immigration d’Ellis Island à New York, on peut lire une citation d’un migrant qui disait rêver d'un pays aux rues pavées d'or. Bien souvent, elles n'étaient pas pavées du tout et c'est aux migrants que l'on demandait de le faire. Cela nous montre que l’on parle bien d'un "rêve" et qu'il n’a jamais été question d’une réalité objective.

Les États-Unis traversent actuellement une crise économique, il n’empêche que les demandes de visas continuent d’augmenter. Cet indicateur témoigne du fait que ce pays continue de faire rêver les citoyens du monde. Cela ne signifie pas que l’on rêve de la société américaine en tant que telle mais plutôt de notre possibilité de réussir dans cette société.

28% des jeunes diplômés français choisissent de s’installer à l’étranger en raison des obstacles qu’ils peuvent rencontrer en France. Nombreux sont ceux qui s’expatrient outre-Atlantique. Cela ne signifie pas qu’ils idéalisent la société américaine. Simplement, ils estiment qu’il leur sera plus facile de réussir là-bas.

Dans une récente interview relayée par le site d’information Business Insider (lire ici), Barack Obama a déclaré que le rêve américain était auparavant plus accessible. "Les enfants n’étaient pas quotidiennement informés des tenues vestimentaires de Kim Kardashian ou de la destination des vacances de Kanye West. Les enfants pensent qu’il s’agit désormais d’un marqueur de succès". Les signes extérieurs de réussite ont-ils changé ?

Ces déclarations d’Obama s’inscrivent dans un parcours long. On constate chez lui un côté "père la morale". On se rappelle notamment des déclarations qu’il a faites le jour de la fête des père appelant les pères américains à être plus présents.

Les déclarations auxquelles vous faites référence sont des propos que le président américain tenait déjà lorsqu’il était professeur de droit à l’université de Chicago dans les années 1990. Il répétait à ses étudiants que la réussite ne se résumait pas au fait d’avoir un salaire élevé, que seuls comptent réellement les idéaux.  Pour lui l'essentiel est "d’orienter sa vie autour d’une vraie ambition". Ambition qui ne peut se résumer à la réussite matérielle. Cette conception s’inscrit en fait dans la tradition du rêve américain. Le rêve américain ne revêt pas uniquement un aspect matériel mais bel et bien un aspect plus spirituel qui peut être décrit comme une "recherche du bonheur". En effet, dans la Déclaration d'indépendance, Thomas Jefferson, grand admirateur de John Locke, choisit néanmoins de remplacer le "droit à la propriété" du philosophe britannique par celui de la "recherche du bonheur". Et ce qu’a rappelé Obama dans cette interview, c’est que le rêve américain ne peut se résumer à un concept matérialiste.

Quelle est notre conception, nous Européens, de ce rêve américain ?

L’Europe et les Etats-Unis sont en quelque sorte des sœurs jumelles et rivales. Et à chaque fois que l’on parle des Etats-Unis, avant d'en évoquer les aspects positifs, il est presque nécessaire d'en énumérer les dysfonctionnements. Sinon, il nous est difficile en tant qu'Européens, d'en reconnaître les avantages et les bienfaits.

Je prends d’ailleurs le pari que les Internautes d’atlantico, dans leurs commentaires, ne manqueront pas d’épingler mes propos, m’invitant à regarder les problèmes qui traversent la société américaine !

 
Commentaires

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  • Par Karamba - 10/08/2013 - 13:18 - Signaler un abus Mieux vaut

    courir après un rêve américain qui n'existe pas que subir le cauchemar français socialiste qui lui est une réalité.

  • Par gwennkabell - 10/08/2013 - 14:09 - Signaler un abus Le rêve américain existe

    Mais il n'est pas fait pour les branleurs, Ça c'est le rêve Français. J'ai fais carrière aux États Unis, Je ne dis pas que cela à été facile, mais grâce à mon travail j'ai mené une vie dont je n'aurais jamais rêvé en France. C'est bien joli de dire que ce n'est pas du matérialisme et que le rêve américain doit revêtir un aspect plus spirituel.Dans ce cas pas besoin d’aller en Amérique n'importe quel anachorète vivrait l'équivalent du rêve Américain. Le rêve américain c'est de gagner suffisamment sa vie pour se payer ce que l'on veut. C'est possible à condition de bosser car contrairement à la France, aux États Unis si tu gagne de l'argent, même énormément d'argent en travaillant tu n'est pas considéré comme un "salaud" et on ne te vole pas plus de la moitié de ce que tu gagne

  • Par Franco française - 10/08/2013 - 16:25 - Signaler un abus Notre Nabila

    est autrement plus intelligente :) Sinon rappelez moi c'est quoi le rêve français ?????

  • Par vangog - 11/08/2013 - 02:23 - Signaler un abus Pas très riche, le rêve de Durpaire!

    Normal, car il arrive après le dessert! Le rêve Américain est essentiellement lié à son histoire, unissant une poignée de plus en plus grandes d'hommes vers un idéal commun, situé arbitrairement entre la Liberté et le Pouvoir ( au sens large: possession, puissance, richesse etc...) Ne pas parler de cet idéal, c'est passer complètement à côté du rêve Américain, quelque peu émoussé, car la Liberté s'est tarie, et le pouvoir a été dénaturé par l'esprit socialiste qui a traversé l'Atlantique, avec son lot de corruptions et de compromissions ethniques, affaiblissant l'idéal des pères fondateurs qui se voulait universel et libre de toute idéologie. Abreuvé d'ethnicité et déstructuré par l'égalitarisme bêtifiant à la mode dans les mauvais médias, Durpaire ne peut pas voir ce Rêve Américain, et ses efforts actuels pour lutter contre la globalisation et la corruption égalitariste ...

  • Par Beaumanoir - 11/08/2013 - 05:12 - Signaler un abus Je vis aux US depuis pas mal de temps

    reve ou pas, voila deux petites histoires qui sont typiques. Je prends un taxi a San Francisco, le chauffeur s' interesse a ma venue dans cette ville, et puis branche la discussion sur lui meme, il avait cree un "business" qui venait de faire faillite, ca le fait rigoler parce qu' il m' explique ses plans pour son prochain business qui va marcher bien mieux... En revenant a la maison j' en parle a ma femme de menage qui m' explique que bien sur son business devait se planter, et elle me donne une carte de visite du business qu' elle est en train de monter. Ce que je vois d' extremement important c' est que des gens, aussi bas dans la societe qu' ils puissent etre, quels que soient les echecs qu' ils aient pu eprouver, ils se battent. Ce qui compte pour eux ce n' est pas de rever, c' est d' agir dans la direction du reve. Ce qui m' attriste c' est qu' en France s' il y a des reveurs, les politiques gouvernementales les empechent d' agir.

  • Par Lennart - 11/08/2013 - 06:13 - Signaler un abus ou cauchemard

    tout dépend de son interprétation personnelle de ce que doit être sa vie.

  • Par Greg1 - 11/08/2013 - 08:32 - Signaler un abus C'est l'hôptial qui se fout de la charité.

    Le rêve américain c'est aussi de pouvoir jouir de cette liberté qu'offre l'Amérique, une liberté qui est attaquée par la politique interventionniste d'Obama. Le rêve d'Obama c'est celui de son père et ce rêve est tout sauf américain. Ensuite Obama à beau critiquer le matérialisme c'est tout de même lui qui passe son temps aux côtés des stars de cinéma et de la musique et qui envoie des textos à Jay Z. Oui c'est Obama qui fait la couverture des magazines people avec Lady Gaga et Beyoncé qui chante à son investiture. Obama cultive le bling-bling et crache sur les valeurs de la vraie Amérique qui elles sont défendues par des hommes comme le Dr Ben Carson, Rand Paul et Rick Santorum ou encore Rick Perry et Allen West.

  • Par Greg1 - 11/08/2013 - 10:07 - Signaler un abus @gwennkabell

    ---aux États Unis si tu gagne de l'argent, même énormément d'argent en travaillant tu n'est pas considéré comme un "salaud"-- Vous n'avez sans doute pas vu le dernier film de Matt Damon ("Elysium") ou entendu les discours d'Obama dans lesquels il pousse les "races" mais aussi les classes sociales à se diviser. L'expression "Eat the rich" ne vous dit rien? Occupy Wall Street encensé par l'administration Obama et les MSM qui sont à la botte d'Obama n'est que le sommet de l'iceberg. La lutte des "99%" contre les "1%" n'est pas fini, l'Amérique décline et l'élection d'Obama en est la preuve.

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François Durpaire

François Durpaire est historien et écrivain, spécialisé dans les questions relatives à la diversité culturelle aux Etats-Unis et en France. Il est également maître de conférences à l'université de Cergy-Pontoise.

Il est président du mouvement pluricitoyen : "Nous sommes la France" et s'occupe du blog Durpaire.com

Il est également l'auteur de Nous sommes tous la France : essai sur la nouvelle identité française (Editions Philippe Rey, 2012) et de Les Etats-Unis pour les nuls aux côtés de Thomas Snégaroff (First, 2012)

 


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