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Non, les réformes de l’éducation et l’encouragement à poursuivre des études toujours plus longues n’ont pas amélioré la mobilité sociale

L'ascenseur social semble bloqué : les jeunes aujourd'hui connaissent une mobilité sociale moins importante que celle de leurs parents et même que celle de leurs grands-parents, pourtant les étudiants vont chercher leurs diplômes au bout de parcours universitaires toujours plus longs ; on assiste à une saturation de notre enseignement supérieur qui peut être néfaste.

Idée reçue

Publié le

Globalement tout ce système fonctionne du fait de l’importance accordée en France aux diplômes, qui génère certes un marché propre aux études supérieures dans lequel le diplôme devient un critère de sélection. Et les jeunes ne contestent pas ce fonctionnement, loin de là. Et comme tout le monde y croit, cela marche. 

Comme on est dans un pays riche, on peut se féliciter de ne pas avoir à envoyer les jeunes sur le marché du travail à vingt ans. Cette période considérée comme agréable par l’étudiant est généralement prolongée, et c’est compréhensible. 

Depuis une trentaine d'années, on part du principe que toute année d'études supplémentaires correspond à un niveau de salaire supérieur par la suite.

Cette logique n'est-elle pas en train de montrer ses limites ? Quelles sont-elles ?

J’ai publié il y a quelques années un ouvrage qui s’intitulait L’inflation scolaire. J’y défendais la thèse, très contestée qu’il y a des effets de saturation, effet que connaissent tous les économistes. C’est la même chose qu’avec la consommation d’eau : pas assez d’eau, c’est dangereux, mais trop d’eau, cela l’est aussi. Les études de la DARES montrent très bien cela. Il y a une frange d’emplois très qualifiés qui se développe, certes, et qui correspond à l’inflation de diplômes. Mais il y a d’autres emplois qui existent toujours et qui demande une compétence humaine, et généralement moins des années universitaires. Cette idée que je défends depuis dix ans est tout à fait à l’opposé de l’opinion sur la question, et va contre les syndicats étudiants qui défendent le droit aux études, contre l’OCDE qui encourage aussi l’allongement de ces études. Tous les économistes considèrent tous qu’il faut plus d’études. Le débat est important. 

Mais dans les faits on a pu observer qu’un titulaire du baccalauréat il y a cinquante ans devenait cadre, et qu’un titulaire d’un bac+5 aujourd’hui peut devenir simple ouvrier !

 

 

 
Commentaires

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  • Par pasdesp - 16/03/2016 - 11:35 - Signaler un abus Pourquoi Atlantico publie ce genre d'article?

    Ce discours inepte directement issu de l'idéologie ambiante et ayant plus qu'inspiré la reforme Vallaud Belkacem

  • Par Semper Fi - 16/03/2016 - 19:59 - Signaler un abus @pasdesp

    ... êtes-vous allés au bout de l'article ? C'est bien la théorie inverse qui est démontrée pour une simple raison : ce n'est pas parce que le nombre de diplômés de l'enseignement supérieur augmente que le nombre d'emplois de cadres augmente en proportion.

  • Par Deudeuche - 17/03/2016 - 14:42 - Signaler un abus doctorat=rétablissement du service national

    moins de chômeurs dans les statistiques socialo-Solferino-le Monde-nouvel Obs

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Marie Duru-Bellat

Marie Duru-Bellat est sociologue spécialiste des questions d’éducation, professeur à l’IEP de Paris et chercheur à l’Observatoire Sociologique du Changement et à l’Institut de Recherche en Education (IREDU). Elle travaille sur les politiques éducatives et les inégalités sociales et sexuées dans le système scolaire.

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