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Non ! Marisol Touraine n’a pas vaincu le déficit structurel de la sécurité sociale !

Y a-t-il ou non un déficit structurel de la sécurité sociale qui la rend insoutenable pour les Français ? Le gouvernement précédent s'est employé à faire croire le contraire. La Cour des Comptes vient d'en montrer l'étendue et la profondeur.

Le trou de la sécu

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Non ! Marisol Touraine n’a pas vaincu le déficit structurel de la sécurité sociale !

Non, contrairement à la légende propagée par Marisol Touraine en son temps, le déficit structurel de la sécurité sociale n'a pas disparu. Bien au contraire! et le mérite revient à la Cour des Comptes de le montrer avec brio dans son dernier rapport sur l'application des lois de financement. 

La légende d'un déficit dû à la crise

Depuis plusieurs années, ceux qu'Emmanuel Macron a baptisés maladroitement les "fainéants" font courir la rumeur selon laquelle, s'il n'y avait pas de crise financière, la sécurité sociale française ne serait pas en déficit.

La Cour des Comptes vient de quantifier ce mensonge. Sur les 220 milliards€ de déficit accumulés par la sécurité sociale depuis 2002, seuls 50 milliards€ sont dus à la crise. 170 milliards€ sont donc d'origine structurelle, soit une écrasante majorité!

Le graphique ci-contre montre, selon la Commission Européenne et selon le gouvernement français, l'impact de la conjoncture sur les comptes de la sécurité sociale. Jusqu'en 2008, celle-ci a apporté quelques milliards annuels de recettes qui n'ont d'ailleurs pas suffi à rétablir les comptes des régimes (déficitaires depuis 2001 sans discontinuer). À partir de 2009, le déficit dû à une baisse des cotisations dans la foulée de la crise, a coûté entre 5 et 10 milliards€ par an aux régimes. Sur une quinzaine d'années, ce volume global ne suffit donc pas à expliquer l'essentiel du déficit cumulé de la sécurité sociale. 

Si la Cour relève que la baisse des déficits structurels explique l'essentiel de l'amélioration faciale des comptes, ils restent présents dans le fonctionnement même de la sécurité sociale.

Le déficit structurel a baissé grâce à une hausse des cotisations

Plus inquiétant, la Cour des Comptes montre que la réduction du déficit structurel s'est essentiellement opérée par une augmentation des recettes (donc de la pression fiscale) sans réforme structurelle sur les dépenses. Entre 2000 et 2016, c'est un cumul de 37 milliards€ de recettes nouvelles qui sont venues abonder les recettes de la sécurité sociale. Cette somme a permis de maquiller une partie du déficit structurel qui plombait les comptes. 

On notera que la pression a particulièrement augmenté à partir de 2013. De 2013 à 2015, le surplus de recettes dû à une augmentation de la pression socio-fiscale atteint 14 milliards€. Le quinquennat Hollande a bien été celui de l'augmentation massive de la fiscalité pour "boucher les trous" d'une dépense publique excessive. 

Une surcompensation des allègements de charges

Autre légende tenace: la sécurité sociale serait en déficit à cause des allègements de charges. 

La Cour des Comptes là encore ne se contente pas de rappeler la compensation effective de ces allègements par l'État. Elle montre que l'État surcompense en apportant l'argent du contribuable en plus des obligations de compensation. Ainsi, ce seraient près de 4 milliards€ que la sécurité sociale perçoit au-delà des simples obligations du contribuable. À ces transferts illégaux s'ajoutent les transferts entre régimes qui consistent, dans la pratique, à "taper" dans les caisses de la branche famille et de la branche accident du travail pour financer la maladie et la vieillesse. 

 
Commentaires

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  • Par lexxis - 22/09/2017 - 14:31 - Signaler un abus TOURAINE ET LES AUTRES: UN SÉRIEUX DÉFICIT DE CRÉDIBILITÉ

    À prendre acte de toutes les critiques de la Cour des Comptes, nous pouvons légitimement regretter qu'il n'y ait pas un Nobel de la fraude en présentation des comptes publics. Le prix serait sans nul doute français, mais le jury aurait bien du mal à choisir parmi les immenses mérites de nos très nombreux prétendants. D'ailleurs les Français le savent qui s'approchent de la vérité à chaque fois qu'ils prennent l'exacte contre-pied de leurs assertions mensongères.

  • Par vangog - 22/09/2017 - 22:15 - Signaler un abus L'oligarchie synergiste mondiale gagne!

    Les financiers de Macron, Soros, Rothschild et Goldmann-Sachs se régalent de tant de dettes et tant de naïveté française. Car la SS ne disparaîtra pas, Verhaegue! Les Français tiennent trop à cet acquis social défloré par le gauchisme. Et nos impôts, taxes et charges continueront à enrichir les banquiers de connivence avec Macron...Miam, Miam!

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Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

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