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Non à la cagnotte, oui au désendettement : pourquoi la fermeté de Bruno Le Maire masque mal la continuation des vieilles habitudes françaises

Malgré les déclarations de Bruno Le Maire sur la dette comme poison de l'économie française, force est de constater que le quinquennat Macron s'annonce être dans la continuité vis-à-vis de l'action des gouvernements précédents plutôt que dans la rupture.

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Non à la cagnotte, oui au désendettement : pourquoi la fermeté de Bruno Le Maire masque mal la continuation des vieilles habitudes françaises

Atlantico : Ce 15 février, lors de son échange avec Christine Lagarde, Bruno Le Maire a pu déclarer :"C’est parce que la France prend des décisions courageuses (baisse des emplois aidés, suppression de l’ISF, baisse de l’IS, prélèvement forfaitaire unique ...) pour se transformer qu’elle est écoutée et respectée par ses partenaires européens! ", avant d'ajouter "La dette est un poison pour l’économie française !  L’augmentation des taux d’intérêt pèsera sur la charge de la dette.  Or un point de taux d’intérêt en plus ... c’est 3 milliards d’euros jetés par les fenêtres !" Au-delà de la rhétorique employée, notamment sur la question du "poison de la dette", quel bilan dresser de l'action du gouvernement ?

Est-on réellement dans une phase nouvelle d'approche de la question ou faut-il plus parler de continuité avec les gouvernements précédents ? 

Philippe Crevel : Rupture avec les gestions précédentes, certainement pas, continuité républicaine, probablement oui ! En matière budgétaire, entre les mots, les promesses et les faits, les écarts sont en France légion et cela depuis plus de trente ans. Le retour en-dessous de la barre des 3 % voire du retour à l’équilibre des comptes publics est une promesse qui n’engage pas ceux qui l’émettent. Elle vise à rassurer Bruxelles et accessoirement l’opinion publique. Depuis trente ans, la réduction des déficits est avant tout le résultat de facteurs extérieurs, la croissance, les taux d’intérêt. Le seul facteur interne utilisé est la hausse des impôts. Ce fut pratiqué tant en 2010 qu’en 2012 pour réduire un déficit qui dépassait alors 8 % du PIB. En revanche, au niveau des dépenses, les gouvernements savent simplement réduire la hausse dite naturelle. Pour 2017, nous pouvons nous réjouir que le déficit public ait été ramené à 2,8 % du PIB contre 3,4 % en 2016. Mais, selon le Ministère de l’Économie, le solde général d’exécution du budget, à fin décembre 2017, est de -67,8 milliards d’euros contre -69,1 milliards d’euros fin décembre 2016, soit juste une petite amélioration de 1,3 milliard d’euros et cela malgré une croissance de près de 2 %. Par ailleurs, les dépenses en France (budget général et prélèvements sur recettes) ont atteint fin 2017 386,9 milliards d’euros contre 379,8 milliards d’euros au 31 décembre 2016. Le niveau des dépenses publiques reste fixé à 56 % du PIB en France contre 44 % en Allemagne. Pour les prélèvements obligatoires, le taux est selon Eurostat de de 47,6 % du PIB en France contre 40,4 % du PIB en Allemagne. La France détient le record pour les prélèvements obligatoires au sein de l’OCDE. Enfin, au niveau de la dette, le taux est de 97 % du PIB contre 66 % en Allemagne.

Le budget 2018 n’a pas montré de réels changements par rapport aux pratiques précédentes. Il faut l’avouer que toute réduction de dépenses, toute remise en cause de niches fiscales provoquent des réactions virulentes qui ébranlent bien souvent le pouvoir en place. Ainsi, la réduction de 5 euros des APL a été vivement contestée. Des économies, tout le monde est favorable à la condition qu’elles ne touchent personne.

 
Commentaires

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  • Par J'accuse - 16/02/2018 - 10:26 - Signaler un abus Les aristocrates à la lanterne !

    Ce sur quoi tout le monde est d'accord, c'est que nos politiciens et hauts fonctionnaires sont archi-nuls depuis des décennies: le mal français, c'est eux. Les désaccords portent sur les solutions, mais à partir de ce constat unanime, il faudrait commencer par purger les élites. Si Macron peut servir à quelque chose, ça doit être à ça, mais c'est plutôt mal parti.

  • Par Piwai - 16/02/2018 - 10:39 - Signaler un abus ce que je ne comprends pas...

    C'est que tous les economistes credibles convergent vers les mêmes conclusions et mêmes solutions sans jamais qu'aucun parti politique ne tente la pedagogie du réel: sommes nous vraiment en democratie? J'en doute... l'Enarquie maintient ce simulacre par le maillage des interets corporatistes, rendant toutes reformes impossibles puisque nécessitant de passer par eux-mêmes...

  • Par Ganesha - 16/02/2018 - 11:35 - Signaler un abus Psychose

    Il y a moins un piège dans lequel cet article évite de tomber : parmi les solutions qu'il propose, il ne mentionne pas l'idée géniale de conclure un accord avec le gouvernement polonais, et de rouvrir, chez eux, le camp d'extermination qui permettrait de passer 500.000 fonctionnaires par des chambres à gaz ! Mais je suppose qu'il va rapidement y avoir, parmi les abonnés d'Atlantico, une crapule qui va nous ressortir cette ''pochette surprise'' ! J'ai l'habitude de me mettre en colère, de beaucoup m’énerver, en constatant que vous avez tous voté François Fillon au premier tour de la présidentielle, et que sa disparition vous laisse inconsolables. J'ai décidé d'appeler cela le ''Syndrome Anthony Perkins'' ! Cet acteur tient le rôle principal dans le chef d’œuvre de Hitchcock ''Psychose''. A la fin du film, on découvre que sa mère, dans son rocking-chair, est morte depuis longtemps. Tout comme dans ce film, vous, vous vivez avec le cadavre momifié du curé de Sablé-sur-Sarthe, ce sinistre escroc, caché dans un coin de votre esprit. Si vous regardiez plus de séries policières, vous sauriez qu'un corps humain en décomposition, répand une puanteur épouvantable !

  • Par vangog - 16/02/2018 - 13:19 - Signaler un abus Quelle cagnotte? La SNCF pilotée par les trotskystes, c’est 10

    milliards par an. Que Philippe-Macron s’attaquent à cette cagnotte du gauchisme...on verra après qu’ils se soient affrontés au Staline des Cheminots....

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Philippe Crevel

Philippe Crevel est économiste, directeur du Cercle de l’Épargne et directeur associé de Lorello Ecodata, société d'études et de conseils en stratégies économiques.

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