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Ne sommes nous pas allés trop loin sur la route de l'endettement mondial ?

L’endettement massif pratiqué par les acteurs économiques depuis une vingtaine d’années pourrait bien avoir trouvé plusieurs limites, et rares sont les Etats qui sont en capacité de payer les intérêts de leur dette.

Spectre d’une nouvelle crise

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Ne sommes nous pas allés trop loin sur la route de l'endettement mondial ?

L’endettement massif concerne tous les pays et tous les acteurs, États, entreprises et ménages. A moins de supposer qu’une opération d’effacement soit engagée à un moment ou un autre, les dettes sont supposées être remboursées. L’absence d’inflation limite les capacités d’érosion du capital des emprunts.

Pour contenir l’endettement, les pouvoirs publics n’ont d’autres solutions que d’imposer aux épargnants, aux investisseurs, une « répression financière » (la répression financière, est une décision d’orienter l’épargne vers les collectivités publiques tout en veillant à réduire le coût de l’endettement notamment à travers une faible rémunération).

Les épargnants acceptent de jouer le jeu car leur aversion aux risques s’est accrue depuis la crise de 2008. 

L’endettement massif pratiqué par les acteurs économiques depuis une vingtaine d’années a-t-il une limite ou plutôt des limites ? En fixant un seuil de dettes publiques à 60 % du PIB, le traité de Maastricht avait comme objectif d’éviter que des États impécunieux mettre en danger les autres membres de la zone euro. Ce ratio avait été rapidement fixé afin de convenir au plus grand nombre des États membres, ses fondements économiques étant assez relatifs. Des économistes placent le seuil de danger pour la dette à 80 ou à 100 % du PIB. Ces seuils sont purement indicatifs. Pour apprécier la dangerosité d’une dette, il faut prendre en compte les taux d’intérêt, le taux de croissance actuel et projeté et le taux d’inflation. Une dette qui génère une croissance permettant son remboursement ne peut pas être comparée à celle qui débouche sur une stagnation économique.

Sommes-nous aujourd’hui dans un système de pyramide à la Ponzi, c’est-à-dire sur un système de fraude généralisée et publiquement organisée ou sommes-nous dans un système financièrement viable ?

La victoire de Ponzi ou l’ardente obligation des taux bas

Charles Ponzi s’est fait connaître en promettant pour les placements qu’il proposait des rendements importants, 50 % en 45 jours. Ces promesses de gains attiraient un nombre croissant d’épargnants, les flux d’argent lui permettant à de les rémunérer. Les États en finançant la dette par la dette ne sont-ils pas en train de pratiquer du Ponzi sans le savoir ou plutôt l’avouer ?

Rares sont les Etats qui sont en capacité de payer les intérêts de leur dette, d’en rembourser le capital venant à échéant tout en étant en excédent budgétaire. Même l’Allemagne n’est pas dans cette situation. Dans ce cas seulement, la dette peut diminuer en valeur absolue. Certains pays dégagent des excédents primaires permettant de couvrir le service de la dette ; d’autres comme la France enregistrent des déficits supérieurs à leur service de la dette qui par nature n’offrent pas la possibilité de rembourser le capital des emprunts. La France est condamnée à emprunter pour rembourser sa dette. Elle émettra, cette année, 185 milliards d'euros de dette à moyen et long termes en 2017 (nets des rachats) tant pour compenser le déficit que pour rembourser le capital. Pour contenir le niveau de la dette en fonction du PIB, les États doivent prendre en compte la croissance et le taux d’intérêt. Dans les faits, il faut que le déficit public exprimé en PIB soit inférieur  au (taux de croissance – taux d’intérêt) multiplié par le ratio (dette publique/PIB). Pour 2016, la maîtrise de la dette aurait supposé un déficit inférieur à 1,4 %, or il a été supérieur à 3,5 %. Toute remontée des taux d’intérêt provoquerait une augmentation du déficit (selon l’économiste Vivien Lévy-Garboua), une hausse d’un point des taux d’intérêt aboutit à une hausse d’un pour cent du déficit budgétaire).

 
Commentaires

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  • Par patafanari - 05/09/2017 - 11:19 - Signaler un abus Les cigales ont vaincu les fourmis

    Et à la fin tous le monde meurt.

  • Par vangog - 05/09/2017 - 21:34 - Signaler un abus Seule une petite partie de l'endettement

    sert à financer la croissance . Le reste sert à financer l'électoralisme, principalement le tertiaire non productif, et les banquiers, qui favorisent cet électoralisme pour leurs propres intérêts. En prenant le contrôle de l'économie et du vote des Nations (via les médias gauchistes les plus manipulables), ces banquiers commettent une double faute. Ils amputent l'économie de son influx créatif, en l'orientant artificiellement selon des critères non objectifs (mondialisme, salaires bas liés au dilutionnisme, écologisme ringard...). Et ils amputent l'identité des peuples en les soumettant à l'escavafe de la pensée unique. Tentation Orwellienne des banquiers? Orwell évoque un monde de soumission qui a réussi. Mais la tentation Orwellienne des banquiers ampute deux des grands idéaux universels: l'amour et la liberté. Et ça, les hommes ne l'ont jamais supporté bien longtemps...

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Philippe Crevel

Philippe Crevel est économiste, directeur du Cercle de l’Épargne et directeur associé de Lorello Ecodata, société d'études et de conseils en stratégies économiques.

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