Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mardi 13 Novembre 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

NDDL : un exemple à suivre pour Fessenheim et les éoliennes de mer en baie de Saint-Brieuc

Si la population des régions concernées par Notre-Dame-Des-Landes avait été unanimement enthousiaste pour la construction de l'aéroport, celle-ci aurait eu lieu et on n’aurait pas attendu plus de quarante ans pour fermer le projet. Une leçon à méditer.

Nouvelles ZAD

Publié le
NDDL : un exemple à suivre pour Fessenheim et les éoliennes de mer en baie de Saint-Brieuc

Bien sur la peur des zadistes a joué dans les années d’atermoiements du pouvoir à l’égard de l’aéroport du « Grand Ouest », mais il est clair aussi que si la population des régions concernées avait été unanimement enthousiaste pour la construction, celle-ci aurait eu lieu et on n’aurait pas attendu plus de quarante ans pour fermer le projet.

Cette leçon doit être méditée à propos d’autres décisions qui tardent à sortir d’une certaine léthargie, j’en prends deux qui sont assez symboliques, la fermeture annoncée et toujours retardée de la centrale nucléaire de Fessenheim et l’aménagement du parc éoliennes en mer de la baie de Saint-Brieuc ou si l’on préfère près du cap Fréhel.

Dans les deux cas la population locale est insatisfaite et espère que l’on trouvera un moyen de faire marche arrière et on lui rétorque que le point de non-retour a été atteint.

Originaire de Bretagne et y vivant une grande partie de l’année, je n’ai jamais pris parti dans cette histoire d’aéroport. Il faut dire qu’historiquement mon Trégor est en pays breton bretonnant, et donc solidaire de l’Ouest de la péninsule, et que le Nord a toujours été éloigné du Sud par les difficultés de communication, bref, cet aéroport était une affaire plutôt lointaine, une sorte de serpent de mer. Je ne fais donc ici que constater qu’après avoir « décidé », l’Etat a fini par revenir sur sa décision et que notre Gouvernement est donc persuadé qu’il a fini par prendre le chemin le « moins pire ».

La procédure a été de nommer trois experts, de lire leur rapport, de discuter avec tout le monde, et de finir par reprendre une décision déjà prise en sens inverse…

Je propose qu’il en soit fait de même pour Fessenheim et le cap Fréhel.

En ce qui concerne la centrale nucléaire alsacienne elle a subi l’attaque des écologistes depuis quarante ans, elle est la « plus vieille » (malheur aux vieux !) et elle est devenue le symbole de la nécessité d’abandonner la fourniture d’électricité nucléaire. Je pense que l’on pourrait demander aux experts de savoir si la France va abandonner rapidement ses installations nucléaires. La réponse sera non, compte tenu de notre potentiel actuel qui conduit à plus de 75% de notre électricité. L’abandon de la filière n’est pas pour demain, que cela plaise ou non. La deuxième question serait de savoir, dans le cas où une centrale devrait être fermée de savoir par laquelle il faudrait commencer. La réponse s’appuierait là sur l’avis de l’Agence de Sureté Nucléaire, organisme indépendant à qui on a confié la mission de vérifier si les centrales doivent être fermées ou non. Mon hypothèse c’est que les experts ne désigneraient pas en premier Fessenheim. C’est-à-dire, que comme à Notre dame des Landes ils désigneraient une alternative plus efficace. Il resterait alors au Gouvernement de prendre une fois de plus l’orientation la « moins pire ». Mais dire pour fermer Fessenheim qu’il va falloir mettre au point « un projet ambitieux de développement des énergies renouvelables sur ce secteur, qui créera de la richesse, de la fiscalité et quelques emplois » ne résistera pas à l’étude scrupuleuse de trois experts sauf si l’on choisit des incompétents notoires. Les renouvelables sont intermittentes par nature, l’électricité pour l’instant se stocke difficilement, et l’alternative à la centrale nucléaire, c’est la centrale à gaz ( ou à charbon comme on vient de le voir en Allemagne depuis dix ans !).

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 20/01/2018 - 14:38 - Signaler un abus Après ce que la justice lui a

    Après ce que la justice lui a fait, sa démarche est assez logique. Il ne faut cependant pas généraliser la politique du pantalon baissé, elle débouche toujours sur un régime autoritaire !

  • Par moneo - 20/01/2018 - 16:02 - Signaler un abus hum

    Les bretons n'ont passez d'électricité , désolé ,bien fait pour eux ,ils ont bien manifesté pour obtenir de Mitterrand l'interdiction d'une centrale nucléaire dont les travaux pouvaient démarrer rapidement... faut assumer Quant à Macron il a appliqué orwell ,la lâcheté s'appelle le courage. on va" rigoler" quand les nouveaux anarchistes noirs verts rouges vont vouloir nous faire une démonstration de propriété collective sur le site .Le gouvernement dit qu'il allait évacuer le site NDDL (enfin partiellement);on va voir .si jamais il ya des blessés graves , il aura eu en plus le déshonneur

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Loïk Le Floch-Prigent

Loïk Le Floch-Prigent est ancien dirigeant de Elf Aquitaine et Gaz de France, et spécialiste des questions d'énergie.

Ingénieur à l'Institut polytechnique de Grenoble, puis directeur de cabinet du ministre de l'Industrie Pierre Dreyfus (1981-1982), il devient successivement PDG de Rhône-Poulenc (1982-1986), de Elf Aquitaine (1989-1993), de Gaz de France (1993-1996), puis de la SNCF avant de se reconvertir en consultant international spécialisé dans les questions d'énergie (1997-2003).

Dernière publication : Il ne faut pas se tromper, aux Editions Elytel.

Son nom est apparu dans l'affaire Elf en 2003. Il est l'auteur de La bataille de l'industrie aux éditions Jacques-Marie Laffont.

En 2017, il a publié Carnets de route d'un africain.

 

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€