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Pourquoi les prochains virus informatiques pourraient bien s’attaquer à votre corps ?

Un chercheur a volontairement injecté un virus informatique dans une puce qu'il avait implantée dans sa main lui permettant ainsi de corrompre des systèmes informatiques. Une initiative qui relance le débat de la dangerosité des nanotechnologies.

Virus humain

Publié le - Mis à jour le 26 Juin 2013
Pourquoi les prochains virus informatiques pourraient bien s’attaquer à votre corps ?

Un chercheur anglais s'est volontairement injecté un virus informatique chargé de corrompre une puce qu'il avait déjà implantée dans la main et qui lui permettait d'accéder aux bâtiments de son université et d'utiliser son téléphone. Crédit Reuters

Atlantico : Un chercheur anglais s'est volontairement injecté un virus informatique chargé de corrompre une puce qu'il avait déjà implantée dans la main et qui lui permettait d'accéder aux bâtiments de son université et d'utiliser son téléphone. Il pouvait ainsi "contaminer" appareils électriques, et systèmes de sécurité grâce à sa main. Cette démonstration est-elle exceptionnelle et peu reproductible, ou est-il crédible que des hommes puissent être porteurs de virus informatiques qu'ils feraient circuler à des fins malveillantes ?

Michel Van Den Berghe : Si la démonstration est exceptionnelle, sa facilité d’exécution reste déconcertante. Elle démontre une nouvelle fois que la sécurité est totalement absente lors des développements de nouvelles technologies  et cela  quel qu’en soit le domaine. Dans votre exemple on parle de contaminer des serveurs de contrôle d’accès aux bâtiments mais imaginons la même démonstration sur des serveurs robotiques d’ une chaine de montage, de ceux chargés de réguler les débits d’une centrale EDF ou de lancer des missiles.

Un hacker américain avait déjà réussi auparavant à prendre le contrôle de plusieurs pacemakers programmés informatiquement, ce qui lui aurait permis, selon lui, de tuer les porteurs de ces appareils s'il le souhaitait. Malgré les évidents progrès qu'apportent les nanotechnologies, ne risquent-elles pas de faire apparaître une nouvelle criminalité contre les personnes ? Le développement des techniques, notamment dans le domaine médical, s'accompagne-t-il des sécurités nécessaires ?

Michel Van Den Berghe : La série américaine Homeland a repris ce scenario pour assassiner le président américain qui portait un pacemaker.

Avant il fallait une intervention physique du praticien pour reprogrammer un pacemaker. Désormais, cela se fait à distance. L’apport de la connectivité sans fil aux appareils médicaux est un véritable progrès mais aussi une véritable brèche en termes de sécurité.

Au-delà des engins implantables, ce sont tous les équipements hospitaliers qui sont désormais connectés aux réseaux et administrables à distance et, malgré les recommandations des agences de sécurité sanitaire, peu de moyens sont mis en œuvre par les constructeurs pour lutter contre les vulnérabilités de leurs nouveaux appareillages. Je serais curieux de connaitre la part consacrée à la sécurité dans les investissements colossaux actuels .

Bertrand Duperrin : Aujourd’hui, le risque sur les appareils médicaux implantés dans le corps est présent mais de façon marginale dans la mesure où tous ces appareils ne sont pas encore connectés. Demain, probablement beaucoup plus dans la mesure où ils vont l' être davantage afin de pouvoir transmettre en temps réel des données sur les constantes médicales des patients voire être paramétrables à distance par les médecins. Le risque est donc évident.

En réalité, les instruments médicaux connectés ne sont ni plus ni moins vulnérables aux attaques que n’importe quel appareil connecté :  ce qui est aujourd’hui une exception va devenir une norme. Ça n’est donc en rien une découverte mais c’est le domaine concerné qui rend le sujet sensible : un stimulateur cardiaque, par exemple, est un sujet beaucoup plus sensible que le piratage d’un frigo ou d’une cafetière.

Quels sont les appareils vulnérables? Est-ce une menace davantage pour les particuliers ou les hôpitaux ?  

Bertrand Duperrin :Tous les appareils le sont à partir du moment où ils sont connectés. Potentiellement tous dans un futur plus ou moins proche. Le risque vital est avant tout pour le patient bien sûr. Pour les hôpitaux c’est davantage un risque juridique et en terme d’image qui va être lié au piratage des appareils qu’ils installeront. N’oublions pas non plus les fabricants de tels appareils à qui on va demander un niveau de sécurité accru et qui au final se retrouveront responsables – au moins devant l’opinion publique – si des failles venaient à être constatées.

Comment l'attaque se manifesterait-elle concrètement ? Avec quelles conséquences ? 

Bertrand Duperrin : Comme pour tout appareil connecté la première chose qui vient à l’esprit est la prise de contrôle à distance de l’appareil pour nuire à son porteur ou le menacer. Ce que l’on croit relever d’une fiction ou sorti de l’imagination d’un scénariste un peu trop créatif (les amateurs de séries TV verront ce cas mis en scène dans la saison 2 de Homeland…) est en fait une réalité très plausible. Mais il y a également le risque plus pernicieux lié à la confidentialité des données médicales qu’ils peuvent transmettre. On pourra ainsi obtenir illégalement des données sur la santé de telle ou telle personne et certainement pas pour un usage spécialement moral.

On peut même aller plus loin et, sans parler même de piratage, imaginer la légalisation de ce type de pratiques. Les compagnies d’assurances en seraient surement friandes pour adapter leurs primes au risque réel voire résilier ipso facto un client dont les "chiffres" traduiraient soudain un risque nouveau. Au delà du coup fatal que cela porterait au sacro-saint principe du mutualisation du risque c’est le "Big Brother" d’Orwell qui va rentrer dans la vie des gens. On ne parle plus là d’un risque vital mais d’un risque davantage lié à nos valeurs et de ce qu’on est prêt ou non à sacrifier  en échange d’un service.

 
Commentaires

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  • Par Ravidelacreche - 25/06/2013 - 16:32 - Signaler un abus Les nanotechnologies

    Qu'ont elles à voir avec des puces implantables? Quand au chien de Fafa ne lui dite pas qu'il a une puce sinon il va se gratter.

  • Par Laurent_B - 25/06/2013 - 21:55 - Signaler un abus Je cherche les nanotechnologies là dedans ...

    Globalement, cet article parle de la sécurité des smart devices qui interfacent monde physique et espaces virtuels. Si les nanotechs cherchent, entre autres choses, à améliorer ce type de dispositifs, tout les exemples cités ici ne sont que le fruit de technologies aujourd'hui grand public (RFID, technologies sans fil, microélectrodes ...). Je ne sais pas si les nanotech seront nocives à la société. Ce qui est sûr, c'est que ce type de papier est nocif à la compréhension de ce qu'elles sont par le grand public. Au passage, il n'existe pas encore de "nanopuces" disposant d'OS embarqué. Je vous invite à consulter l'IUPAC pour avoir une définition du mot nanotechnologie dont, visiblement, vous ignorer entièrement le sens. (ça me rappelle Frédéric Lefebvre et le web 2.0).

  • Par gueux et preux - 26/06/2013 - 00:50 - Signaler un abus Aucun rapport (quoique)

    ...mais saviez-vous qu'un des plus grands auteurs de science-fiction vient de décéder? Jack Vance ( car c'est de lui qu'il s'agit) c'était l'Oecumène et l'Au-delà,les Princes-Démons,les maîtres des dragons,la Planète géante,Cugel l'astucieux...Bref,il vous dépaysait. Et ces tapis dont le prix s'élevait au nombre de vies successives nécessaire à leur achèvement,sur je ne sais plus quelle planète?

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Michel Van Den Berghe et Bertrand Duperrin

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