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SOS croissance perdue : et si le mystère de la chute de la productivité dans les pays occidentaux était en passe d’être résolu

Au cours de ces dernières années, la chute de la croissance de la productivité dans les économies occidentales a été une source majeure de préoccupation pour l’avenir de ces pays. Si les causes de ce ralentissement restaient jusque là obscures, le puzzle de la productivité commence à prendre forme.

Au boulot !

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SOS croissance perdue : et si le mystère de la chute de la productivité dans les pays occidentaux était en passe d’être résolu

 Crédit AFP

Atlantico : Depuis plusieurs années, les économies occidentales doivent faire face à un ralentissement de leur productivité, une situation décrite comme alarmante et qui a pu alimenter l'idée d'une "nouvelle norme" d'une croissance faible. Quelles sont les causes de cette situation ? 

Nicolas Goetzmann : Il peut déjà être utile de rappeler ce qu’est la productivité, parce que le débat public lui préfère curieusement le concept de « compétitivité ». Or, ce qui compte pour la croissance, et particulièrement pour ce qui intéresse le plus grand nombre, c’est-à-dire le niveau de vie, c’est la productivité.

C’est le facteur essentiel.

La productivité croît sous l’influence de plusieurs facteurs ; ce que l’on appelle le capital physique (une entreprise achète un ordinateur pour un employé), la capital humain (le niveau de formation de l’employé) et enfin les avancées technologiques. Et les causes du ralentissement de la productivité concernent ces 3 facteurs. 

La grande récession débutée en 2008 a été la cause du ralentissement de l’investissement des entreprises, ce qui a produit un effet négatif concernant le capital physique (on cesse d’investir dans des robots par exemple), mais également pour l’innovation puisque les dépenses en termes de recherche et développement ont baissé de la même façon. Puis, concernant le capital humain, on a pu constater que les emplois créés par la reprise économique ont concerné beaucoup de secteurs ne nécessitant pas des niveaux de formation élevés, comme la restauration, ou les agents de sécurité. En intégrant une plus large part de ces emplois dans l’économie, le niveau moyen de productivité a pu ralentir. (Ce que rappelle l’OCDE).

De nombreuses études ont été publiées à ce sujet, et effectivement le « puzzle » commence à se reconstruire. La cause principale facteur de cette baisse de la productivité a été la grande crise de 2008. Ce qui a été trop longtemps ignoré, c’est que le choc négatif de demande qui a eu lieu (le plus important depuis 1929) pouvait avoir un impact massif sur une notion –la productivité - que beaucoup considéraient ne pouvoir relever que de l’offre. C’est ce qu’indique par exemple le cabinet de conseil Mc Kinsey. Le rapport Mc Kinsey montre bien comment des entreprises confrontées à une chute de leurs ventes, et qui sont donc confrontées à une capacité de production supérieure à la demande, ne se trouvent plus contraintes d’investir ou d’innover pour satisfaire à cette faible demande. Et c’est ainsi que tout au long de cette décennie, ce sont les contrôles des coûts qui ont dominé, d’où cette surreprésentation du terme de compétitivité dans le débat. 

Pourtant, la compétition entre Etats ou entre entreprises qui s’est reposée sur cette notion de compétitivité – « comment faire pour être les moins chers »- est une approche très différente de celle qui met la productivité au centre –« comment faire pour être les meilleurs ». Et cette obsession des coûts a également permis d’observer un phénomène déjà vu lors de la déflation japonaise des années 90 et 2000. Dans un tel moment, les fonctions managériales sont davantage confiées à des profils de « coupeurs de coûts » (les fameux cost killers), ce qui a une influence finalement néfaste sur l’ensemble des organisations. Parce que dans une période de plein emploi retrouvé, ce que l’on observe aux Etats-Unis ou au Royaume Uni, ces profils sont inadaptés pour relancer l’investissement, favoriser l’innovation, ou pour donner plus d’autonomie aux salariés. Une poule face à un couteau. Ce que l’on constate ainsi après une décennie de crise, c’est que la mentalité dominante n’est pas adaptée à un monde qui repose cette fois-ci sur une concurrence basée sur la productivité, qui suppose prise de risque et audace. On le voit bien par exemple au travers de ce que certains considèrent comme des innovations majeures, comme les plateformes de la « gig economy » qui ne font que proposer des baisser des coûts et les salaires. Mais il ne s’agit pas d’innovation à proprement parler, c’est un rêve de « coupeur de coûts », ce qui n’a rien à voir avec de la création.

Rémi Bourgeot : La chute de la croissance potentielle et de la productivité à des niveaux historiquement bas interpelle les observateurs depuis la crise mondiale. En effet la reprise mondiale s’est traduite par une résorption progressive du chômage, mais avec une croissance seulement très modérée de la productivité, dans les pays développés, indiquant un régime de croissance qui reste affaiblie de façon plus structurelle. Malgré la focalisation, légitime, sur cette question depuis la crise mondiale, il convient d’observer qu’il s’agit là d’un phénomène historique de plus long terme. Les pays développés ont connu des gains de productivité élevés tout au long de l’après-guerre. Les pays d’Europe de l’Ouest en particulier connaissaient alors des gains de productivité annuels oscillant autour de 6% par an, à comparer avec des niveaux actuels proches de 1%. Les gains de productivité suivent une tendance de baisse très nette depuis la fin des années 1970.

La révolution informatique des années 1990 s’est traduite par une croissance marquée de la productivité qui a pu à nouveau dépasser les 3% aux Etats-Unis pendant la deuxième moitié de la décennie, tandis que l’Europe est plutôt restée à la traîne de cette tendance, du fait notamment d’une intégration moins rapide des outils informatiques dans les chaînes de valeurs durant cette période.

Les années 1990 ont à la fois donné lieu à des gains de productivité substantielles sur le front technologique et à une phase décisive dans l’éclatement des chaînes de production à l’échelle mondiale. Les déséquilibres commerciaux permanents qui s’ont alors apparus ont nourri la vague de déséquilibres financiers entre grandes zones mondiales, qui allait véritablement trouver son aboutissement quelques années plus tard dans la crise mondiale de 2008.

Si cette destructuration a pu être compensée en partie par le soutien des banques centrales après l’éclatement des bulles financières, les économistes redécouvrent les aspects plus souterrains qui mènent à un régime de croissance plus ou moins fort, aussi bien en ce qui concerne le rôle de la demande finale dans la modernisation de l’appareil de production que la question de l’intégration de la conception et de la production dans le contexte de chaînes de production mondiales.

Une nouvelle réflexion émerge ainsi sur la complexité des mécanismes qui font croître l’économie sur le long terme, en particulier sur le plan de la productivité sans la réduire à une pure question d’offre. On reprend notamment conscience du rôle de la demande agrégée dans les décisions d’investissement des entreprises. La crise mondiale s’est traduite par une surcapacité générale de production du fait de l’effondrement de la demande, situation dans laquelle les entreprises avaient peu de raison d’investir dans la modernisation de leurs outils de production.

Au cours de la reprise, la croissance de la production s’est faite, sur le plan de l’offre, en augmentant l’emploi dans le contexte d’un marché de l’emploi déprimé et de faibles revendications salariales. On peut, sur la base de l’amélioration de la situation sur le front de l’emploi, imaginer un cercle vertueux qui impliquerait notamment une modernisation des moyens de production, dans l’industrie comme dans les services. On voit par exemple l’industrie automobile s’engager de plus en plus résolument sur la voie des véhicules autonomes à divers degrés et de l’électrique, après une décennie marquée par certain immobilisme technologique, ou encore la digitalisation d’un certain nombre de secteurs comme la vente.

Quels sont les moyens dont disposent les pouvoirs publics, notamment en Europe, pour inverser la tendance ? 

Nicolas Goetzmann : Du point de vue macroéconomique, l’essentiel, c’est de porter l’économie à son plein régime. Pour cela, les Banques centrales doivent soutenir l’économie le plus fortement et le plus longuement possible, jusqu’à ce que la demande touche le point de rupture, c’est-à-dire que toutes les capacités de productions soient utilisées, que toutes les personnes qui souhaitent un emploi en aient un. Cela est une condition nécessaire. Et si cette condition est remplie, les entreprises vont devoir s’adapter parce que la concurrence se fera sur autre chose que sur la simple maitrise des coûts. Il faudra investir davantage pour donner aux salariés de meilleurs outils, robotiser, diffuser les innovations disponibles sur le marché, et il faudra également dépenser pour former ses salariés, pour renforcer le capital humain au sein des entreprises. Un cercle vertueux.

Il faudra également mettre le paquet sur la recherche et le développement, pour favoriser le progrès technologique qui a le potentiel le plus important pour faire progresser la productivité. Cela est vrai pour les entreprises, qui devront faire plus confiance à leurs ingénieurs par exemple, mais cela est également vrai pour les Etats. Lorsque l’on constate que les dépenses d’investissement de l’Etat sont au plus bas en % de PIB depuis les années 50 en France, alors que des créations comme internet sont le fruit de dépenses publiques, on peut s’interroger. L’investissement public est un moteur essentiel de l’investissement privé, et même si le progrès technologique est imprévisible, on a quand même plus de chances de trouver quand on finance la recherche. 

Rémi Bourgeot : La stratégie de sortie de crise en Europe a surtout consisté à comprimer les coûts, notamment salariaux. On a vu l’investissement s’effondrer dans tous les pays touchés par la crise de l’euro en particulier. En Allemagne, c’est l’investissement public surtout qui a décliné dans le contexte de la stratégie de désendettement et d’excédents budgétaires du gouvernement.

Le retard d’environ sept ans dans la réponse de la zone euro à la crise mondiale a eu des conséquences importantes pour le continent. Dans le contexte de l’instabilité des systèmes économiques, qui s’est aggravée au cours des trois dernières décennies, la qualité de la politique monétaire est devenue primordiale pour contrebalancer les dérèglements macroéconomiques, comme l’effondrement du crédit et de la demande agrégée dans une crise mondiale. Il ne s’agit pas simplement de gestion de la conjoncture ou du taux d’inflation mois après mois mais, bien plus profondément, de la préservation de mécanismes de croissance de long terme, notamment, comme on l’a vu, sur le plan de l’investissement et de la productivité.

Sur le plan technologique, l’Europe a généralement pris du retard sur la révolution en cours dans le monde, qui se concentre sur l’intelligence artificielle, la robotique et l’impression 3D. La stratégie de gestion de crise a nui aux mécanismes de modernisation. D’un point de vue quantitatif, cela est passé par la compression de l’investissement, mais il faut appréhender ce phénomène de façon plus large. La stratégie de compression des coûts peut être nécessaire dans divers contextes, mais elle est devenue en Europe l’alpha et l’omegades décisions économiques, au détriment souvent de la modernisation technologique. Il convient également de voir l’aspect générationnel du phénomène, la génération étant à même de porter cette évolution souffrant d’un problème de relégation économique en France et dans tout le sud de l’Europe.

Se pose un véritable problème d’inclusion des individus porteurs de compétences dans nos systèmes économiques.LesEtats européens, focalisés sur les questions institutionnelles et budgétaires, n’ont plus véritablement les compétences humaines pour développer une vision technologique mais conservent, en France et dans le sud de l’Europe, un poids politique et sociologique démesurée dans les entreprises industrielles, qui jouent un rôle essentiel dans les tendances de productivité de long terme.

Au regard de ce qui est actuellement mis en place dans le cadre européen, et des politiques poursuivies en France, comment peut-on anticiper l'avenir économique du point de vue de la productivité ? 

Nicolas Goetzmann : Pas terrible. Du point macroéconomique, Mario Draghi est trop isolé et sera sur le départ à la fin de l’année 2019. Il a permis d’éviter que la zone euro ne retourne à l’âge de pierre, une reprise a bien lieu, mais nous sommes encore loin des résultats de l’économie américaine et même britannique, il suffit de  comparer les niveaux de chômage. Et pour ces économies qui ont retrouvé le plein emploi, ce n’est que maintenant que la productivité va pouvoir recommencer à progresser, parce qu’elles se trouvent à un tournant. Ce n’est que maintenant que les entreprises vont se retrouver contraintes de dépenser plus en termes d’investissement et de capital humain pour être plus attractives que leurs concurrentes.

Et si l’on prend le cas de la France, et si on observe les réformes menées, on voit plutôt la poursuite de la logique de la compétitivité, des mécanismes qui permettent de mettre plus de pression sur les salaires, et des coupes dans les investissements publics par exemple. Avec Emmanuel Macron, c’est plutôt le sacre de la mentalité de crise que la révolution culturelle en faveur de la productivité. A partir de là, il est difficile de parier sur le retour de la productivité en France, au mieux, le pays pourra bénéficier des innovations réalisées ailleurs. 

Rémi Bourgeot : Les politiques européennes ont tendance à faire l’impasse sur la question de la productivité, et donc dans le fond du régime de croissance. L’absence de réponse à la crise en termes de gestion macroéconomique a enclenché une séquence de compression tous azimuts qui a permis une croissance des exportations à l’échelle du continent mais en faisant l’impasse sur la question de la montée en gamme. On voit des responsables politiques mal à l’aise avec les questions technologiques annoncer certains chiffres d’investissement par-ci par-là. Les grandes phases d’avancée technique ont reposé sur une véritable planification technologique à l’échelle des pays, centrée sur les acteurs du secteur privé en lien avec les agences publiques. Les investissements, qu’ils soient publics ou privés, ont une efficacité très variable. L’approche par la stricte planification budgétaire apparaît comme une impasse.

L’Europe, et la France en particulier, doivent revenir à une réflexion sur les moyens humains et technologiques d’un nouveau régime de développement économique. Le rapport Villani sur l’intelligence artificielle était extrêmement intéressant à cet égard et aurait pu servir à engager une politique technologique ambitieuse. Il a néanmoins été interprété à travers le prisme de la planification financière publique, avec l’annonce d’un montant d’investissement par ailleurs insuffisant.

Les Etats-Unis souffrent de déséquilibres importants mais, par-delà leurs pérégrinations politico-économiques des dernières décennies, le pays a conservé une capacité à gérer les compétences individuelles et collectives qui lui permet encore d’amorcer les grandes évolutions technologiques. La Chine de son côté fait un pari résolument centré sur le développement généralisé de ses capacités de conception technologique, au-delà désormais de la simple question des transferts de technologie. On peut craindre que la tendance suivie par la France et l’Europe du sud ne conduise à des divergences de plus en plus importantes et au risque d’une relégation technologique qui nous ferait manquer la prochaine phase d’accroissement de la productivité.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 08/07/2018 - 10:44 - Signaler un abus L’Union europeiste, encore loin des résultats de l’économie amér

    encore loin des résultats de l’économie américaine et même britannique »...ah ben alors! et le Brexit qui aurait d’un rendre la GB exsangue?...les pronostiqueurs des journaux subventionnés par la gauche (avec notre argent...) se seraient encore plantés, sur ce coup-ci?...

  • Par moneo - 08/07/2018 - 11:02 - Signaler un abus HUM

    la productivité c'est pas la compétitivité..il suffit de changer la compréhension d'un mot et tout devient possible... La réalité est tenace une entreprise doit vendre ( à fortiori sur le plan extérieur...) pour exister .. les choses sont simples soit le produit est technologiquement supérieur ou considéré comme supérieur (Apple) et donc peut imposer ses prix ,soit c e n'est pas le cas et donc il subit la conséquence de la concurrence interne ou externe dans ce second cas ( non supérioirité techno )les politiques macroéconomiques sociales et idéologiques créent des coûts comparatifs sur les prix entre les pays et si nous perdons des parts de marché c'est la faute de notre vision du monde incarnée par les politiques que nous élisons . si notre balance commerciale est déficitaire ce n'est pas la faute de l 'Allemagne c'est notre faute... mr Goetzmann nous vend ,si j'ai bien compris ,une super PAC ou un pouvoir d'achat distribué par des impressions monétaires sans limites ferait remonter la demande et donc permettrait et l'innovation et la nouvelle définition de la Productivité.. j'ai peur que le but poursuivi par l'auteur soit Bisounoursland

  • Par guy bernard - 08/07/2018 - 11:13 - Signaler un abus la punition des pays de l'OCDE

    ou nous sommes aveugles ou nous le faisons exprès : dans les années 70/80 nous avons distribue des gains de productivité fictifs qui avec l'inflation a ruine nos entreprises. la solution a été l'appel à la bourse et la mondialisation qui ont mené au démembrement des entreprises avec les BSC. les Etats ont alors adopté une économie redistributive négligeant la productivité (chez nous, la FP empoche les gains du prive). dans cette situation, les gains de productivité se font ailleurs et sont partages en dividendes, prix et amélioration du PA et des conditions de travail, laissant nos dirigeants sur le carreau. c'est la punition des pays de l'OCDE inconséquents avec l’économie et qui ont froidement ruiné leurs entreprises.

  • Par Ganesha - 08/07/2018 - 11:25 - Signaler un abus Certains commentateurs vont y perdre des plumes !

    Voici un article qui fait ''froid dans le dos'' ! Et encore, il ne dit pas tout ! Il est désormais unanimement reconnu que, lors de la crise de 2008, l'attitude de tous les gouvernements a été, en priorité, de sauvegarder les avoirs de l'oligarchie des milliardaires. Le remède employé, l'Assouplissement Quantitatif, a même permis à ces privilégiés de multiplier le montant de leur fortune par dix ou plus... tandis que 90% des populations occidentales ont vu ses revenus diminuer. Les différences de taux de chômage entre les différents pays n'ont qu'une signification anecdotique, le fait est là : partout, la pauvreté à augmenté, et la demande a dramatiquement diminué ! La question qui se pose aujourd'hui, c'est : comment va-t-on réagir, lors de l'explosion de la prochaine bulle financière, qui sera encore infiniment plus énorme que celle de 2008, afin, cette fois-ci, de donner la priorité à la majorité de la population ? Sachant que quelques riches abonnés d'Atlantico vont, eux, y ''perdre des plumes'' !

  • Par moneo - 08/07/2018 - 11:42 - Signaler un abus Pour le moment

    la fonction publique n'a guère perdu de plumes....le privé si ..pourquoi,? cette définition de la "Crise" ( depuis le premier choc pétrolier et les effets du fameux Grenelle de 68) permet une fuite en avant jusqu' ou? that is the question...

  • Par Ganesha - 08/07/2018 - 12:27 - Signaler un abus Bouchés à l’émeri !

    Il y encore sur ce site quelques inénarrables fillonistes ! Des ''bouchés à l’émeri'', qui n'y comprendront jamais rien ! Voici un article qui nous explique que le principal problème, c'est la baisse de la demande, due à l'appauvrissement généralisé. Et voilà qu'un riche vieillard nous propose de créer un million de chômeurs supplémentaires !

  • Par Yves3531 - 08/07/2018 - 12:41 - Signaler un abus Keynes doit se retourner dans sa tombe...

    quand il voit des pseudos économistes distordre à ce point ses théories. Et je ne parle pas du demeuré ci-dessus égaré ici qui étale sa conneries et son insignifiance à force de commentaires plus débiles les uns que les autres...

  • Par cloette - 08/07/2018 - 15:17 - Signaler un abus N'est ce pas un problème d'offre et de demande ?

    Au début l'offre supérieure à la demande fait baisser les coûts ,et le système s'écroule, puis la demande est plus forte que l'offre, etc ...

  • Par ajm - 08/07/2018 - 15:46 - Signaler un abus Sujet central.

    Le crétin de service qui ne comprend rien à ce que signifie la notion de productivité ( wikipedia est quelque peu dépassée par l'ampleur historique et conceptuel du concept ) la ramène une fois de plus avec ses obsessions maladives. Ce sujet, central et passionnant, mérite plus .

  • Par ajm - 08/07/2018 - 16:22 - Signaler un abus Sur ce sujet majeur, on est

    Sur ce sujet majeur, on est obligé de faire quelques rappels historiques simples pour illustrer quelques étapes dans la progression de la productivité du travail des hommes. Par exemple, au XVII siècle en Hollande ( pays des diamantaires à Amsterdam ) les progrès de l'optique ( fabrication des premières lunettes) ont permis d'allonger considerablement la durée de vie professionnelle de beaucoup d'artisans hautement qualifiés.La révolution agricole a démarré à cette époque dans l'Europe du nord grâce à l'utilisation rationnelle des sols et des premiers engrais naturels. Un siècle plus tard, la machine à vapeur a enclenché un mouvement gigantesque, mettant au service des hommes la mise en oeuvre de moyens mécaniques considérables par l'utilisation optimum de la combustion de matières premières comme . Au XX siècle la révolution de l'électricité et du pétrole ont consolidé cette révolution. Dans cette lignée de la révolution de l'Energie, la domestication de l'atome et des révolutions " silencieuses" ( forages horizontaux pour le pétrole, gaz de shiste etc..) ont prolongé ce mouvement séculaire qui a été, depuis une génération, contrecarre par un retour en arrière incroyable.

  • Par ajm - 08/07/2018 - 16:39 - Signaler un abus La fiction écologique.

    Le retour en arrière c'est d'abord la mode écologique . Faire de l'agriculture comme on en faisait il y a trois cent ans, c'est réduire la productivité agricole par un facteur 2 ou 3 minimum, sans nécessairement avoir de la qualité. L'industrialisation a permis non seulement de réduire considérablement les coûts et d'augmenter en conséquence la taille de la demande, mais a permis aussi d'améliorer ; en la standardisant, la qualité et la fiabilité "Moyennes ". On a , en effet, tendance à idéaliser la qualité des produits d'autrefois alors; qu'en dehors d'un artisanat de luxe, destiné à une très petite partie de la population et dont des exemplaires perdurent jusqu'à notre époque, la production courante était de qualité très inégale et , souvent, dangereuse. Cette mode écologique remet en cause aussi totalement la mise en oeuvre de l'énergie mécanique en remplaçant des sources puissantes et facilement mobilisables par des sources intermittentes et pauvres en capacité . L'effet sur la productivité d'ensemble de l'economie ne peut être que fortement négative.

  • Par Ganesha - 08/07/2018 - 16:55 - Signaler un abus Cloette

    Vous avez parfaitement compris ! Le problème, contrairement à ce qu'affirment certains, en prenant un air très doctoral, c'est que les vrais gouvernants : Juncker-Merkel ont tellement persévéré dans l'erreur, qu'ils ont complètement brisé la machine économique, et, maintenant, ils ne savent plus comment la faire redémarrer !

  • Par ajm - 08/07/2018 - 16:57 - Signaler un abus Effets de la révolution digitale.

    La revolution digitale peut être questionnée sur ses effets réels sur l'economie. Si on considère le phénomène Amazon que voit-on ? Une entreprise , gouvernée par des algorithmes permettant de gérer une masse immense de commandes de produits " made in China" pour l'essentiel, se traduisant "in fine" par le remplacement de magasins en dur avec des caissières et des employés responsables de rayonnages par de gigantesques entrepôts ( plutôt mecanisables avec des robots ) et par une myriade de petits véhicules de livraison bruyants et polluants. Le gain de productivité est une addition de ressourcement de la production vers la Chine, de robotisation des grands entrepôts et du différentiel de coût entre le salaire ( avec charges socailes) de caissier de grande surface et de conducteur livreur des produits. Rien de comparable, en tout cas, avec le bouleversement de la révolution

  • Par moneo - 08/07/2018 - 18:34 - Signaler un abus @ajm

    En ce qui concerne le bio il faut distinguer les "couillons" à qui on vend des produits plus chers en les abrutissant quotidiennement de fake news. la santé de nos couillons est l'argument suprême et la peur le moteur du système nos couillons sont les victimes du système mis en place par les manipulateurs ,ardents défenseurs du capitalisme de connivence. Lla manip a réussi quand les victimes deviennent les gardiens du temple Avec des Ganesha , manipulés, qui comprennent tout à l'envers c'est en train de réussir / ( je n'ose le croire manipulateur -:)))

  • Par zelectron - 08/07/2018 - 19:10 - Signaler un abus l'état et les vases non communiquants

    Remède En prélevant l'impôt pour nourrir d'abord et avant tout ses hordes de fonctionnaires et d'élus, l'état commet une félonie vis à vis des autres citoyens et en particulier des entreprises surtout manufacturière, se donnant le droit (de quel droit?) d'avoir toute latitude de juger des domaines dont il ignore les mécanismes et pourtant se payant grassement pour ses avis ineptes sans avoir l'idée que ces mêmes PME/PMI ainsi que ETI pourraient excellemment répartir directement après étude cette fois ci fondée les sommes prélevées par le fisc sans qu'elles aient transité et se soit évaporées dans les services ignares (?) de l'état.

  • Par kelenborn - 08/07/2018 - 20:20 - Signaler un abus Et merde, commentaire

    effacé avant mise en ligne! c'est pas la productivité ni l'efficacité qui doit étouffer Atlantico . La production a augmenté en France en 1950 et 70 parce qu'on a passage en masse d'une population agricole dans l'industrie où la productivité est plus élevée. La même chose s'est passée en Chine! La cause de la faible croissance de la productivité est liée au développement de l'emploi tertiaire où , sauf exception, la productivité croit faiblement! Dans le tertiaire non marchand ce n'est pas la productivité qui détermine l'emploi mais l'inverse! Croyez vous que la productivité des professions intellectuelles a augmenté?

  • Par kelenborn - 08/07/2018 - 20:25 - Signaler un abus BON C EST LA SEULE MANIERE

    de ne pas voir son commentaire effacé! !!! En clair, je ne vois guère le rapport avec la crise de 2008 car...la productivité augmentait déjà faiblement avant! D'accord avec AJM pour souligner que la multiplication des normes et la dictature écologique y sont pour quelque chose: l'obstacle n°1 à l'élévation de la productivité c'est le principe de précaution inscrit dans la constitution par Chirac! un dangereux gaucho socialiste!!! Ras le bol qu'atlantico se foute de la gueule de ses cons d'abonnés en employant des gogols!

  • Par theodorum - 08/07/2018 - 21:19 - Signaler un abus Keynes et le libre-échange mondialisé

    Toutes les politiques menées au sein de la zone euro depuis 2011 et qui visent à rééquilibrer les budgets à coups de hausses d'impôts ou de coupes dans les dépenses aboutissent à un résultat prévu et annoncé mois après mois par les économistes keynésiens : l'anéantissement de toute perspective de croissance, et avec pour corollaire le maintien des déficits publics. Les économistes keynésiens avaient raison, mais jusqu'à quel point ? Ont-ils pensé à l'effet désastreux du libre échange mondialisé condamné par Maurice Allais ? Oui, voir article Perplexité Lu, ce jour,20 juillet 2014, dans «  La Théorie générale » de J.M. Keynes, chapitre 23, fin du paragraphe IV : « Il nous souvient du complexe d'irritation et de perplexité que ressentait Bonar Law ( 1er Ministre Anglais ) devant les économistes ( partisans du libre échange ) négateurs d'évidence. Il était profondément troublé de ne pouvoir s'expliquer leur attitude. L'empire de l'école classique fait irrésistiblement songer à celui de certaines religions, car il faut à une idée plus de pouvoir pour vaincre l'évidence que pour introduire le mystère dans les notions habituelles des hommes. »

  • Par theodorum - 08/07/2018 - 21:21 - Signaler un abus Persplexité !

    En fait l'évidence en question fait penser aux idées reçues comme celle qu' Ambroise Paré eut à vaincre quand il inventa la ligature des plaies en remplacement de la cautérisation : «  Ce n'est pas parce qu'on se trompe depuis 2000 ans qu'on est obligé de continuer ! » Il en va de même avec les cotisations sur salaires qui pénalisent l'emploi officiel et favorisent les concurrences que lui font travail au noir, bricolage, robotisation et délocalisations, véritable spirale ( on dit cercle vicieux d'habitude, ce qui convient moins, car ici on ne tourne pas en rond mais on s'enfonce) du fait qu'on doit les augmenter dans la mesure où leur base diminue...constamment ! Comme Law et Keynes je suis perplexe devant l'inertie générale face au règne des concurrences déloyales faites à l'emploi, pour ne pas dire plus ! Comme un mur de Berlin ou une citadelle qui resterait à démolir... intellectuellement !

  • Par theodorum - 08/07/2018 - 21:26 - Signaler un abus Remplacer les cotisations par la TVA

    Pour les retraites, actuellement les robots ne cotisent pas, tout en faisant extrêmement tort à l'emploi car ils ne se reposent guère, donc ils détruisent des cotisations, donc contribuent à diminuer le montant des retraites. C'est stupide, ils produisent plus tout en contribuant à diminuer la demande, comme l'a bien vu Francis Mer , PDG de Sacilor, dans une interview à Ouest-France le 29 Avril 1999 : « La machine à produire de la richesse est en train de s'emballer positivement. Elle pose, par contre, la question de savoir comment répartir cette richesse. » Même chose pour la santé : les cotisations entrent dans les prix et diminuent la compétitivité du travail déclaré . En cas de maladie longue et coûteuse on rembourse le moindre centime à des gens riches ! Avec un financement par l'impôt sous forme de taxe sur la valeur ajoutée, donc sur la consommation, on pourrait leur demander plus, et la Sécu ne serait plus en déficit ! En cas de financement par la valeur ajoutée les robots paieraient pour les fraises, leur prix baisserait d'autant . plus, et l'emploi s'en porterait très bien.

  • Par Yves Montenay - 08/07/2018 - 21:31 - Signaler un abus Il faut multiplier ce genre d'article !

    Que productivité et niveau de vie soit des notions identiques n'est pas connu du grand public, ce qui est une catastrophe. Il faut donc multiplier ce genre d'article ! Combien de fois ai-je entendu dire que la productivité c'était la pression pour travailler plus vite, ou la perte des emplois par des machines ou des ordinateurs et de toute façon un dérangement insupportable des bonnes habitudes ! Ce qui n'empêche pas les mêmes personnes de demander des augmentations de salaire, sans se rendre compte qu'elles font tout pour les rendre impossibles !

  • Par theodorum - 08/07/2018 - 22:07 - Signaler un abus Mais une TVA redistribuée forfaitairement !

    L'idée d'une flat-tax fait son chemin actuellement mais favorise encore les riches en oubliant les pauvres. Ce n'est pas comme ça que c'est juste. Par contre en redistribuant à tous une partie de la taxe tout lre monde reçoit la même somme et paie le même prix, la différence se faisant par le niveau des revenus, par incidence. La même solution peut s'appliquer à la TIPP sur les carburants. Chacun paie selon les revenus. Actuellement le Transport aérien ne paie aube taxe sur le Kérozène qui pollue beaucoup. Les gros se protègent et 80 Kmh sur les routes secondaires. Récemment un Professeur d'économie a intitulé son article : "les premiers de cordée ont coupé la corde !" . Le problème est qu'on ne s'en sortira pas si les riches - qui nous enfoncent : où est la solidarité humaine ? - ne donnent pas lexemple :

  • Par kelenborn - 08/07/2018 - 22:27 - Signaler un abus OUI

    C'est pourtant une des rares choses qui ne soit pas discutable en économie: l'augmentation de la productivité permet la hausse des revenus et du pouvoir d'achat, (sinon on augmente ses revenus au dépens des autres) la baisse des prix ( voir la chute des prix du hardware) la baisse du temps de travail, la multiplication d'emplois qui n'auraient pas été concevables dans un monde à productivité faible ( chez Cromagnon pas d'instits car il faut aller à la chasse)... Ceux qui estiment pouvoir distribuer sans augmentation de la productivité sont des charlots (Hamon ) ou des criminels( les écolos et autres décroissants)

  • Par guzy1971 - 09/07/2018 - 12:35 - Signaler un abus @kelenborn OUI (mais)

    Si les revenus doivent stagner du fait de gains de pté de plus en plus faible, cela vaut aussi pour les plus riches. Ps ce qu'on constate actuellement.

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Nicolas Goetzmann

Nicolas Goetzmann est responsable du pôle Economie pour Atlantico.fr.
 
Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage :

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Rémi Bourgeot

Rémi Bourgeot est économiste, chercheur associé à l’IRIS et spécialiste des marchés de capitaux. Il a poursuivi une double carrière de stratégiste de marché dans le secteur financier et d’expert économique sur la zone euro et les marchés émergents pour divers think tanks.

Sur la zone euro, ses études traitent des divergences économiques, de la BCE, du jeu politique européen, de l’Allemagne et des questions industrielles.

Parallèlement à ses travaux, il enseigne l’économie de l’Union européenne dans le cadre de l’IRIS-Sup. Il est diplômé de l’Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace (SupAéro) et de l’Ecole d’économie de Toulouse.

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