Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mardi 24 Mai 2016 | Créer un compte | Connexion
Extra

Municipales : les villes où tout est déjà joué et celles où tout peut encore bouger

Le deuxième tour des élections municipales se tient dans des contextes locaux très différents. Entre les villes où les surprises semblent impossibles, celles où la tendance pourrait se retourner, et celle où seul le verdict des urnes pourra dissiper l'incertitude, tour d'horizon des principaux scrutins à surveiller.

Bientôt le verdict !

Publié le
Municipales : les villes où tout est déjà joué et celles où tout peut encore bouger

Atlantico : De nombreux maires (principalement de droite ou du centre) ont déjà été élus au premier tour dans les grandes villes (Alain Juppé à Bordeaux, François Baroin à Troyes, Jérôme Baloge à Niort, Xavier Bertrand à Saint-Quentin...) Pour d'autres, le second tour ne devrait être qu'une formalité. Quelles sont les villes où tout est déjà joué ?

Bruno Cautrès : Prédire les élections municipales n’est pas simple. De nombreux facteurs peuvent jouer dans le cas des élections municipales : nombre de listes présentes au second tour, configurations de celui-ci, divisions dans un camp, désistement, « front républicain », entre autres.

On peut dégager quelques scénarios, mais ce ne sont que des tendances et aucunement une prédiction parfaite. Cela va pour les analyses suivantes.

Si l’on ne peut jamais dire, en politique, que tout est joué d’avance, il semble néanmoins que les trois principales villes françaises ne vont pas changer de bord politique : Anne Hidalgo (Paris), Gérard Collomb (Lyon) et Jean-Claude Gaudin (Marseille) devraient l’emporter. Il semble également que Béziers ne pourra échapper à Robert Menard, soutenu par le FN. Un nombre, possiblement élevé de villes vont basculer à droite : de l’ordre d’une centaine de villes de plus de 10 000 habitants d’après les estimations basées sur les résultats du premier tour.

A l'inverse, certains scrutins de ce soir s'annoncent serrés et imprévisibles. Dans quelles villes l'incertitude est-elle la plus forte ? Qu'est-ce qui pourrait finalement faire pencher la balance ?

Certains arrondissements à Paris et à Marseille devraient faire l’objet d’un combat politique plus incertain que le résultat d’ensemble sur ces deux villes : par exemple, dans le 7e secteur de Marseille le résultat devrait être très serré avec une triangulaire qui est très représentative de ces élections municipales à Marseille et au plan national. Dans ce secteur, le maire socialiste sortant (G. Hovsepian) est arrivé troisième (avec 21.65% des exprimés), derrière le candidat du UMP (27.88% des exprimés) et surtout loin derrière le candidat du FN, Stéphane Ravier (32.88% des exprimés).  Dans ce secteur de Marseille, il n’y a pas eu de « front républicain ». Toulouse est également un cas de figure très incertain avec un duel gauche/droite au second tour, le FN n’étant pas parvenu à se qualifier pour le second tour avec 8,15% des exprimés. Cela va se jouer à peu de choses entre le maire socialiste sortant, Pierre Cohen (32.26% des exprimés au premier tour), et son challenger de droite Jean-Luc Moudenc (arrivé en tête du premier tour avec 38.19% des exprimés) : les réserves de voix sont, a priori, un peu plus importantes à gauche qu’à droite sur cette ville où les listes des écologistes, des divers gauche, du Front de gauche et de l’extrême gauche ont totalisé un peu plus de 16% des exprimés.  Mais que vont faire les électeurs du FN au second tour ? S’ils se reportent significativement sur le candidat de droite, cela sera très serré pour le résultat final. Un autre cas de grande ville fera l’objet d’une compétition très serrée : Strasbourg. Il y avait un fort émiettement au premier tour avec 10 listes ; au second tour c’est encore une fois une triangulaire, la liste du FN s’étant qualifiée de justesse pour le second tour (Liste Schaffhauser avec 10.94% des exprimés). Les réserves de voix pour la liste de gauche (Roland Ries, qui avait obtenu 31.24% des exprimés au premier tour) et la liste de droite conduite par l’ancienne maire Fabienne Keller (arrivée en tête du premier tour avec 32.92% des exprimés) sont presque égales. Tout va dépendre donc de la mobilisation des deux camps et du comportement d’une partie des électeurs du FN.

 
Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Bruno Cautrès

Bruno Cautrès est chercheur CNRS et a rejoint le CEVIPOF en janvier 2006. Ses recherches portent sur l’analyse des comportements et des attitudes politiques. Au cours des années récentes, il a participé à différentes recherches françaises ou européennes portant sur la participation politique, le vote et les élections (Panel électoral français de 2002 et Panel électoral français de 2007, Baromètre politique français). Il a développé d’autres directions de recherche mettant en évidence les clivages sociaux et politiques liés à l’Europe et à l’intégration européenne dans les électorats et les opinions publiques.  En 2014 il a publié Les européens aiment-ils (toujours) l'Europe ? aux éditions de La Documentation Française.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€