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Les moyens toujours plus effrayants utilisés par Facebook, Google, et consorts pour établir le profil de leurs utilisateurs

Avec les technologies d'analyse des données provenant des différents appareils connectés -smartphone, tablette, ordinateur-, les géants du web ont considérablement enrichi le profil de leurs utilisateurs. Un moyen utilisé ensuite par les publicitaires, mais aussi à la merci des mauvaises intentions.

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Les moyens toujours plus effrayants utilisés par Facebook, Google, et consorts pour établir le profil de leurs utilisateurs

Atlantico : Technologies de "cross device", émergence des objets connectés, "determinist tracking"... En quoi consistent ces technologies récentes, et comment sont-elles utilisées par les publicitaires en ligne pour mieux connaître leurs clients ?

Bruno Walther : Lorsque nous allons sur Internet ou utilisons des objets connectés nous laissons des traces numériques. Ici le site que nous visitons, là l’endroit où je me trouve ou le message que je poste sur SnapChat.

L’ensemble de ces traces sont récupérées par des technologies qui permettent aux annonceurs de vous proposer des publicités ou des services qui correspondent à vos besoins.

L’enjeu des annonceurs est double. D’un côté, optimiser leurs dépenses publicitaires pour concentrer la pression publicitaire sur les consommateurs qui sont potentiellement réceptifs à leurs messages. De l’autre détecter de nouveaux comportements de consommation pour inventer de nouveaux produits et services.

Ce qui était au début une démarche légitime des annonceurs devient aujourd’hui problématique en terme d’expérience. Il suffit que vous passiez sur un site de vente de poussettes ou que vous fassiez une recherche pour un billet d’avion pour que vous soyez “pollués” par des centaines de messages tous plus intrusifs les uns que les autres. C’est n’est ni plus ni moins qu’une forme numérique de goujaterie.

Et surtout elle illustre le risque d’une société digitalisée où nous laissons, malgré-nous, à chacune de nos actions une trace numérique ineffaçable.

Vente de profils, hacking... Ces nouvelles technologies font-elles émerger de nouveaux risques pour les utilisateurs ? En quoi le fait de regrouper les informations de navigation sur différents appareils en un seul profil peut-il être dangereux ? Pouvez-vous donner des exemples de scénarios auxquels les internautes "profilés" peuvent être confrontés ?

Avant la société numérique personne ne pouvait savoir où vous étiez il y a 3 mois, où vous passiez vos après-midi, quel journal vous lisiez le matin, ce que vous aviez en tête et quelle passion vous cultivez. Ce monde n’est plus.

Avec une société où tout est digitalisé. Je peux savoir, grâce à votre téléphone mobile où étiez-vous tel jour. Via votre navigateur web ce que vous consultez chaque matin. Via Google ce que vous recherchez sur Internet. Via le BonCoin ce que vous collectionnez. Via vos réseaux sociaux la liste de vos amis, etc.

L’anonymat, les identités multiples, le mensonge sont des concepts qui ne survivront pas à la synchronisation de l’ensemble des données que vous laissez dans le monde numérique.

Et le risque ne vient pas des annonceurs ou des gros acteurs de l’Internet. Ce sont des acteurs économiques côtés en Bourse... ils craignent le consommateur. Il y a là une forme de double pouvoir. S’ils vont trop loin, le consommateur a le pouvoir de les sanctionner en n’achetant plus leurs produits.

 
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Bruno Walther

Bruno Walther est un entrepreneur et un spécialiste de l'Internet français. En janvier 2010 il abandonne la présidence d'OgilvyOne pour créer avec Gilles Babinet une start-up, CaptainDash focalisée sur la Big Data et la génération de cockpit marketing à destination des directions marketing. En 2012, il obtient, à New York, avec Gilles Babinet le prix "Global Entrepreneur Public Award" pour le travail qu'ils réalisent avec Captain Dash pour rendre la planête plus intelligente.

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