Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Lundi 20 Novembre 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

La mort subite du diplomate russe, cette étrange “épidémie” qui a frappé 7 fois en moins d’un an

Depuis l'assassinat de l'ambassadeur de Russie en décembre dernier, c'est plus d'une dizaine de hauts dignitaires russes qui sont morts dans des conditions parfois clairement suspectes, même si les déclarations officielles se veulent rassurantes.

Tout va bien...

Publié le

Le 5 novembre 2015, l’ancien conseiller de Poutine, Mikhail Lesinne, l’ex-régulateur de la presse russe et fondateur du media controversé Russia Today, décède dans sa chambre d’hôtel à New York d’une intoxication à l’éthanol (surdose d’alcool) et d’un traumatisme crânien. Il porte de nombreux hématomes attribués à de multiples chutes dues à son état d’ébriété avancé. La presse américaine s’empare de l’affaire pour désigner le coupable qu’elle exècre : le président Poutine et ses services. Il est vrai qu’il y a de nombreuses étrangetés dans ce cas mais jamais des services performants n’auraient procédé de la sorte pour une opération Homo.

C’est trop visible et même les autorités policières, judiciaires et politiques américaines (ni la communauté de renseignement US) - qui ne laissent rien passer à la Russie - n’ont mis en avant l’hypothèse d’un crime. Et pourtant, l’occasion était belle de nuire au maître du Kremlin !

Les affaires qui ont le plus marqué les autorités occidentales ainsi que les médias restent en 2006 l’empoisonnement au Polonium d’Alexandre Litvinenko, un ancien Officier traitant (OT) russe devenu un farouche opposant à Vladimir Poutine, la mort en 2012 à l’issue d’un footing d’Alexander Perepilichny, un lanceur d’alerte ayant migré en Grande Bretagne en 2010 sans compter celle de Boris Berezovsky en 2013 décédé par strangulation dans la salle de bain de son domicile du Berkshire. La Grande Bretagne qui se fait une joie d’accueillir tous les opposants au pouvoir en place au Kremlin ne semble pas être un endroit très sûr pour leur santé. Si Londres a retenu la thèse de l’assassinat dans le cas Litvinenko, elle ne l’a pas fait dans les deux autres affaires et pourtant les Britanniques se font un devoir d’accuser Moscou de tous les maux possibles et imaginables. Si la justice avait recueilli des éléments recevables, elle ne se serait donc pas privée de lancer des mises en accusation.

Cela dit, en dehors de l’alcoolisme évoqué précédemment comme une des causes possible de certaines morts prématurées, il y a un deuxième facteur très important en Russie : le crime organisé (les "mafias rouges" aussi appelées Bratva). Il a toujours été omniprésent - même du temps de l’URSS - et ses relations avec la société civile sont bien connues. En effet, le crime organisé a profondément pénétré tous les rouages de l’économie russe pour vivre à ses crochets afin de faire fructifier ses affaires déjà très lucratives. Une de ses caractéristiques est d’être extrêmement violente, les Vory v Zakone (voleurs dans la loi) ne faisant pas dans la dentelle quand ils ne se massacrent pas entre eux. De nombreux anciens des services y trouvent leur compte car ils sont appréciés pour leurs « qualifications techniques » qui sont monnayées fort cher. A partir de là, tous les fantasmes sont possibles, en particulier sur les liens qu’entretiendrait le Kremlin avec le crime organisé qui, de toutes façons, est incontournable car il est partout. Nombre d'oligarques entretiennent des relations plus que douteuses.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par moneo - 28/08/2017 - 10:50 - Signaler un abus hum

    beaucoup de rappels historiques mais bien peu de certitudes A propos , un spécialiste, comme vous ,doit pouvoir nous dire quelles hypothèses autres qu"un malheureux accident pourraient t expliquer la présence d'un chasse neige sur l'aéroport de Moscou ,un jour sans neige, ayant causé le décès du PDG de Total

  • Par cloette - 28/08/2017 - 11:06 - Signaler un abus Poutine

    Le territoire russe son pays abrite beaucoup d'amis qui ne lui veulent pas du bien ....

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Alain Rodier

Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, est directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Il est particulièrement chargé de suivre le terrorisme d’origine islamique et la criminalité organisée.

Il est l’auteur, en 2017 de Grand angle sur l'espionnage russe chez Uppr et de Proche-Orient : coup de projecteur pour comprendre chez Balland, en 2015, de Grand angle sur les mafias et de Grand angle sur le terrorisme aux éditions Uppr ; en 2013 du livre Le crime organisé du Canada à la Terre de feuen 2012 de l'ouvrage Les triades, la menace occultée (éditions du Rocher); en 2007 de Iran : la prochaine guerre ?; et en 2006 de Al-Qaida. Les connexions mondiales du terrorisme (éditions Ellipse). Il a également participé à la rédaction de nombreux ouvrages collectifs dont le dernier, La face cachée des révolutions arabesest paru chez Ellipses en 2012. Il collabore depuis plus de dix ans à la revue RAIDS. 

 

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€